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 Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou !

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MessageSujet: Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou ! Lun 1 Jan - 14:24


→ Narumi Ichigo ←


→ Nom : Narumi
→ Prénom : Ichigo
→ Âge : 17 ans
→ Guilde : Fearītēru
→ Magie utilisée : Yōkai
→ Origine de votre avatar : Hyperdimension Neptunia / Uzume Tennouboshi
→ Code :




→ Physique ←


Ichigo Narumi
Pour commencer, je suis rousse. Enfin, mes cheveux sont rouges écarlates plus précisément et ils sont longs. Assez longs pour arriver sous mes fesses en étant tressés. Ils rebiquent facilement alors pour palier à ce défaut, je mets deux pinces plates sur le côté gauche de mes franges qui sont les plus dissidentes. Il est rare que je laisse mes cheveux à l'air libre, mais quand cela se fait, ils m'arrivent non pas sous les fesses mais bien plus bas, derrière mes genoux. Ensuite, mes yeux sont de couleur orange sanguine, ce rouge-orangé est si pétillant qu'il met du soleil directement sur mon visage et fait sourire beaucoup de monde. J'ai une tête ovale, des traits fins, un teint clair et une peau toute douce. Mon emblème de guilde se cache sous ma cravate juste en dessous de mon nombril. Il est assez petit et de couleur violette.

Mes vêtements sont eux, assez particuliers. Il est essentiel de le notifier : je crois que j'ai dévalisé la boutique qui vendait cet ensemble dans ses coloris différents. Enfin, façon de parler quoi ! En effet, je porte presque tout le temps le même type d'ensemble. Il est rare que je porte autre chose donc je suis facile à reconnaître dans la rue. Il s'agit d'une brassière sur laquelle je peux clipser deux manches longues. Par dessus je porte une chemise à manches courtes à revers, et dont le bas se finit en zig zag. Cette chemise que je ne ferme que rarement est accompagnée d'un mini short plissé qui ne se ferme malheureusement pas et qui peut laisser apparaître ma culotte si je ne fais pas attention, mais bien souvent elle est cachée par ma cravate. Eh oui, je porte des cravates même si cela me fait un effet garçon manqué que j'apprécie plutôt en fait. J'aimerai revenir une seconde sur le shorty plissé que je fais maintenir sur moi grâce à des bretelles cachées par ma chemise, car je le perd facilement si mes bretelles se cassent. Ensuite, j'ai des longs bas rayés, des petites guêtres par dessus et mes baskets. Je mets des mitaines et j'ai une montre lacryma qui certes est un peu moche mais au moins elle affiche la date et l'heure.
Fuyumi Narumi
Comment ça je fais deux descriptions de moi-même ? Vous vous méprenez je crois. Deux choses à retenir sur cette Fuyumi que voici, est que premièrement c'est ma sœur jumelle et qu'ensuite même si je vous la décris, je doute que vous puissiez la voir. Elle est décédée aujourd'hui et elle n'est plus qu'un spectre attaché à moi grâce à ma magie.

Ses cheveux sont aussi longs que les miens, elle les tresse de la même façon que moi mais contrairement à moi, ses cheveux sont de couleur indigo. Elle en revanche, ne met qu'une seule pince plate sur ses mèches rebelles, il faut dire qu'elle se moque pas mal de si ses cheveux rebiquent ou pas, étant donné que je suis la seule à la voir. Elle et moi nous ressemblons comme deux gouttes d'eau, c'est normal nous sommes jumelles. Nous n'avons hélas pas de tâche de naissance ni autre et la seule chose qui puisse nous différencier sont nos couleurs d'yeux, de cheveux et de vêtements. D'ailleurs ses yeux à elle sont un mélange de violet très prononcé avec du rose fuchsia dedans, je les trouve magnifiques et hypnotisant. Contrairement à moi Fuyumi a moins le sourire aux lèvres, elle est beaucoup plus sérieuse et forte que moi cela ne fait aucun doute. Comment ? Si elle possède un emblème de guilde ? Bah... Non en fait, c'est ça le truc. Elle ne possède ni magie, ni emblème, mais j'y reviendrais après lorsque je vous raconterais notre histoire.

Elle se vêtit à l'identique de moi dans des couleurs différentes, mais là en revanche, ses vêtements ne changent jamais et sont aussi translucides qu'elle... Tiens, je viens juste de remarquer qu'elle mettait un débardeur des collants noirs. Cela me fait repenser au fait qu'elle se plaint tout le temps d'avoir froid, contrairement à moi qui ai toujours chaud la journée.


→ Caractère ←


Ichigo Narumi
Aux premiers abords, on pourrait me considérer comme une fille assez étrange qui parle parfois seule, quelque soit le lieu. Même si en vérité, c'est au spectre de ma sœur que je parle, ce que peu de gens savent car je suis assez renfermée à ce sujet. Je n'en parlerai qu'aux gens qui me sont vraiment proches et que je sais de source sûre, qu'ils sont fiables. J'ai également mon jardin secret, il y a certaines choses que je préfère garder pour moi. Ensuite, je suis une fille assez timide et plus que méfiante de nature par rapport à une mauvaise expérience vécue à Shirotsume. Avant je pouvais utiliser ma magie comme je le voulais sans me soucier de quoique ce soit, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui... Enfin à peu de choses près. Je me fais plus discrète à ce sujet, le fait est que ma magie rend les gens complètement fous lorsqu'ils croient tous que je peux les soigner... Enfin, vous en saurez plus lorsque je vous raconterai mon histoire. Je peux dire qu'avant, je pensais suivre tel un mouton les désirs de ma sœur, mais en vérité c'est plutôt elle qui me guidait sur mes véritables désirs sans même que je ne m'en rende compte.

Personnellement, j'ai toujours su que j'étais un peu une garce de nature, en tout cas, j'ai toujours remarqué que j'étais rebelle et que j'avais un franc parlé tout le contraire de délicat, mais également que j'étais loin d'être naïve. En effet, la diplomatie et moi ne sommes pas vraiment amis et je ne suis gentille que lorsque j'y vois mon intérêt. "Que feras-tu pour moi ?" Est une phrase qui sort souvent de ma bouche lorsque l'on me demande n'importe quel type de service. En effet, je ne connais pas le bénévolat ni le volontariat et je n'ai pas envie de les connaître. Tout travail se doit de mériter salaire. De quoi ? Si j'ai besoin d'argent ? Oui et non... Enfin plutôt non que oui, mais ce n'est pas le principe même d'en avoir besoin qui dirige ma vie. De même, je ne me gêne pas de dire la vérité même si elle est blessante et puis les vulgarités font partie intégrante de mon langage. Ah oui, j'ai aussi tendance à ne rien prendre au pied de la lettre, au premier degré et surtout ne rien prendre au sérieux lorsque je sens que cela ne me concerne pas. En effet, je me désintéresse de pas mal de choses en général et je me détache facilement des gens ou des choses qui me saoulent grave. Je suis une adolescente, il ne faut pas l'oublier. Ah par contre, j'ai des principes qui sont tels que s'il me prend la fantaisie de faire des leçons de morale aux gens, je ne me gêne absolument pas.
Fuyumi Narumi
Bon alors déjà, Fuyumi n'est pas ma double personnalité, elle n'est pas un ami imaginaire non plus. Si je le précise, c'est que justement, beaucoup de gens -pour le peu de gens qui savent qu'elle existe- la considèrent ainsi. Mais le truc, c'est qu'elle n'est pas moi et je ne serais jamais elle, nous sommes vraiment deux personnes distinctes même en étant des jumelles. Ensuite, même si je vous décris Fuyumi, il est assez rare que d'autres mages puissent avoir le loisir de la voir ou même de l'entendre. Et non je ne suis pas folle. Mais bref. Fuyumi est à la fois le spectre d'une enfant de cinq ans qui n'a jamais évolué mentalement, et à la fois beaucoup plus mature, omnisciente et sérieuse que moi en certains points. Je sais pas, c'est comme si elle était savait tout à mon sujet. Qu'elle savait exactement tous mes désirs et ce pourquoi je fais telle ou telle chose. En revanche, elle est comme moi, c'est à dire qu'elle garde énormément de choses pour elle, son jardin secret doit être gigantesque comparé au mien.

La demoiselle est beaucoup plus gentille et consciencieuse que moi, déjà parce qu'elle n'est ni matérialiste, ni intéressée par quoique ce soit de vivant qu'elle ne peut plus atteindre. En effet, elle agit vraiment par désintérêt. Il lui arrive de s'inquiéter pour d'autres personnes que moi comme il lui arrive de tout faire pour me protéger et me préserver. Et pourtant, elle le sait que je suis parfois une garce, mais il semble qu'elle s'en foute littéralement. Je pense qu'elle sait que tout n'est ni noir ni blanc et la demoiselle agit selon ses envies et son cœur. Par contre je la sais extrêmement seule, mélancolique et jalouse en énormément de choses. Après tout, elle s'accroche à la vie et continue de vivre en tant que spectre, je dirais que si elle n'avait pas des envies et des regrets, elle n'arriverait pas à rester accrochée à moi. Elle agit un peu comme ma conscience, parfois c'est elle qui me fait la morale. En tant que spectre, la demoiselle se sent partout chez elle et elle discute énormément avec d'autres esprits errants qu'elle me présente parfois. C'est assez rare mais bon. Ah oui, j'allais oublier : si, il y a bien une personne qu'elle désire n'avoir que pour elle : le chat bleu de Fairy Tail qui se nomme Happy.


→ Histoire ←

Voir les posts suivants (ça rentrait vraiment pas, même en deux posts... xD)


→ Hors - RP ←
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→ Mangas préférés : Si tu veux je te donne ma playliste.
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Dernière édition par Ichigo Narumi le Ven 12 Jan - 14:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou ! Ven 12 Jan - 2:33

→ Histoire ←

x771 : Mon histoire se commence le 8 avril lorsque Junnosuke Narumi, le directeur réputé de l'hôpital magique à Shirotsume, rencontra une jeune femme du nom de Shizuka Tao. Elle était une nouvelle infirmière qui venait de se faire engager. Charmé, il lui fit aussitôt la cour de façon délicate et appréciable. Tous deux semblaient avoir le même âge, entre la vingtaine et la trentaine. Jusqu'au 21 Juillet, sa relation fleurissante avec la magnifique Shizuka se concrétisa par une nouvelle qui ravissait l'homme : elle lui annonçait au petit matin en prenant son service, qu'elle était enceinte de lui. L'homme, si heureux était-il qu'il prit sa journée afin d'aller faire quelques emplettes en ville. Cela pouvait paraître étrange sur l'instant mais il avait une petite idée romantique en tête. Le lendemain, lorsque Shizuka et lui se rencontraient de nouveau, il prit le temps de s'agenouiller tel un gentleman, lui offrant un énorme bouquet de roses rouges et il demanda sa main à Shizuka. La jeune femme rougit, accepta et ils se marièrent deux mois plus tard.


x772 : Le 27 Janvier fut je crois le plus beau jour de ces deux jeunes gens. Le jour de ma naissance, mais je n'étais pas la seule à venir au monde. Il y avait dans mon berceau une charmante demoiselle qui me ressemblait comme deux gouttes d'eau. Je ne l'ai vu que quelques jours après car nos yeux ne s'ouvraient pas encore, mais je l'avais senti tout près de moi. Sa chaleur, sa respiration, son doux parfum, sa mignonne petite voix, nous étions synchrones dans nos désirs et nos pleurs. Mais nous n'étions pas de vraies jumelles très exactement. En effet, j'avais la particularité d'avoir les cheveux et les yeux de couleurs différentes de ma sœur. Nous n'étions pas différentes à l'intérieur, je n'en doutais pas une seule seconde. Mais nous avions chacune les couleurs de nos deux parents. Je possédais les yeux de maman et les cheveux de papa ; quant à ma sœur, elle possédait les yeux de papa et les cheveux de maman. C'est étrange comme la science fait des mélanges magnifiques parfois.

Nous avons vécu une enfance merveilleuse, sans embûche particulière. Papa était toujours directeur de l'hôpital et maman était ravie de continuer à être une infirmière. Fuyumi et moi, nous vivions dans un grand manoir à Shirotsume. Bien sûr, nous n'étions pas seules à la maison. Nous avions une nourrice du nom de Roza Lucis. Cette jeune femme était aussi fraîche que la rosée du matin, toujours souriante, légère, douce, toujours attentive et aussi particulièrement amusante. Elle nous apprenait bien sûr tout un tas de choses excepté la magie. Nous allions faire les courses ensemble, nous nous baladions à droite à gauche et parfois on allait voir nos parents qui, il fallait l'admettre, travaillaient énormément. Le fait est que les mages se battent fréquemment. Il n'y a pas une seule seconde où c'est paisible à Fiore. Et quoi de mieux de les remettre sur pied qu'un hôpital capable de soigner toute sorte de maladies, malédictions et blessures les plus folles qu'on puisse imaginer ? C'est pour cela que nos parents ne quittaient quasiment pas l'hôpital.

Un jour, alors que Roza parlait à nos parents, Fuyumi et moi sommes parties pour courir et nous balader dans l'hôpital. Ce jour-là, nous avons rencontré l'un des plus talentueux des chercheurs dans son laboratoire. L'homme se nommait Koki Serizawa, il devait avoir environ le même âge que papa. D'ailleurs à ce qu'il disait, il était son ami. Bref, ce fut une rencontre assez amusante ce jour-là, mais nous étions turbulentes, curieuses et nous sommes passées à autre chose, rencontrant d'autres personnes par-ci par-là. Monsieur Serizawa ne nous avait pas plus marqué que cela mais tout de même, ce qu'il nous avait dit sur ses recherches nous avait un peu inquiété sur l'instant : il avait dit qu'elles étaient très coûteuses. Chez les Narumi, en fait, on ne manquait pas d'argent et avec Fuyumi on se demandait un peu comment l'hôpital pouvait coûter aussi cher alors que tout le monde travaillait autant d'arrache-pied dedans. Puis bon, on est vite passée à autre chose. Oubliant ce détail au fil du temps.

Nous n'allions pas trop à l'école, il faut dire que Roza nous apprenait les bases essentielles dont nous avions besoin pour plus tard ; et que papa et maman le faisaient également lorsqu'ils avaient l'opportunité de rentrer tôt à la maison. Enfin, on avait quand même des amis et amies. Surtout lorsque nous allions faire la fête chez le Duc Everlue qui est l'un des hommes les plus riches de Shirotsume. Il possédait un grand manoir ou un château tout en haut de la ville, sur la colline. C'était l'homme le plus respecté mais aussi le plus grand radin que l'on connaisse à ce jour. Pourquoi je dis ça ? Mais parce que tout simplement la vérité sort de la bouche des enfants. Everlue était un grand ami de papa, mais jamais il ne prêtait le moindre centime à papa pour l'hôpital. Même à monsieur Serizawa il ne prêtait pas un pec, et pourtant ce dernier en avait bien besoin pour ses recherches. Enfin, ce sont des choses qui ne regardent que les grands. De notre côté avec Fuyumi, on jouait souvent dans le grand jardin de Everlue. Émilie, Von, Flare, Gladio, et Zara sont les noms de tous nos amis, ils étaient les enfants des amis de nos parents. Je me souviens que l'on faisait le colamayar et la balle aux prisonniers, même si on était peu ce n'était pas grave dès l'instant que l'on rigolait tous ensemble. Je me souviens que l'on jouait à cache-cache aussi, oui enfin, des jeux d'enfants quoi. Mais il y a surtout un jeu que Fuyumi et moi adorions particulièrement : un quizz sur la personnalité qui englobait également les adultes. À chaque fois, Zara était la grande gagnante, elle devinait très facilement qui était le plus "ceci" et la plus "cela". Haha, le Duc Everlue n'en revenait pas que cela soit tombé sur lui à chaque fois lorsque l'on parlait de radin. C'était vraiment drôle quand il s'énervait ! Il devenait tout rouge !

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Dernière édition par Ichigo Narumi le Ven 12 Jan - 2:43, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou ! Ven 12 Jan - 2:33

x777 : L'hôpital de papa a commencé à aller très mal après notre cinquième anniversaire. Parler d'argent chez les Narumi, c'est comme prévoir l'apocalypse à la météo, cela n'arrive jamais. Cela a l'air stupide comme comparaison, mais c'est vrai. Si la météorologue vous prédit la fin du monde, vous n'allez pas la croire. C'est pareil avec cette situation : Ce soir-là du 13 Mars, papa et maman avaient réussi à se libérer du travail pour passer un peu de temps avec nous. Ils avaient donné un soir de congé à Roza afin qu'elle aussi se repose alors nous étions en famille. Ce qui est assez rare. Mais c'était assez tendu contrairement à d'habitude où l'ambiance était en tout temps joyeuse. En effet, lors du dîner, papa était tellement furieux à table que cela nous avait troublé, nous n'osions pas parler ni rigoler Fuyumi et moi, on restait silencieuse à écouter même si cela ne nous concernait pas. Il était à la fois absorbé par ses pensées et à la fois rouge vif de colère. Il parlait, parlait et ne faisait même pas attention à son assiette. Mais pourtant, il l'adorait ce plat ! Parfois, il s'emportait et frappait du poing sur la table, de quoi bien m'effrayer même si je n'étais ni en tord, ni concernée par sa colère. Je commençais à avoir les larmes aux yeux jusqu'à ce que je comprenne qu'il en avait après monsieur Serizawa. Son ami ? Mais qu'avait-il bien fait pour mettre papa dans un tel état ? Je savais qu'ils étaient proches alors cela me paraissait étrange. En revanche je comprenais à peine pourquoi il parlait constamment d'argent, d'extorsion de fonds, de pots-de-vins et évidemment, je ne connaissais pas tous ces termes compliqués. J'avais fini par demander à papa et il avait fini par me les expliquer. Ensuite je suis retournée à mon dessert, perdant ainsi le fil de la conversation. Mais il me semble tout de même que papa avait prononcé ces mots exacts, sans vraiment que j'y fasse attention sur le moment : "Je vais le virer ! Dès que j'ai des preuves, je fais licencier Serizawa !" Moi personnellement, je ne faisais attention qu'à mon énorme part de fraisier. Évidemment, tous les desserts aux fraises s'accaparent facilement de mon attention la plus totale, me faisant ainsi perdre tout fil de conversation. Cela faisait d'ailleurs bien rire Fuyumi qui préférait la tarte aux pruneaux.

Et puis quelques jours après, papa a pu rentrer le sourire aux lèvres en étant soulagé. Il disait l'avoir fait, qu'il était heureux. Que son hôpital allait pouvoir fonctionner de nouveau sans crainte de couler sous les dettes. Je n'avais pas compris du tout et puis je m'en fichais à vrai dire. Tout ce qui m'importait, c'est que j'étais contente de voir papa heureux.

Ce n'est qu'un matin de Juillet que j'ai remarqué quelque chose de bizarre. Mais alors c'est étrange, je n'ai plus la date exacte en tête. Fuyumi et moi on avait l'habitude de dormir ensemble dans le même lit, en général c'est ce que font à peu près toutes les paires de jumeaux. Mais ce matin-là, lorsque je me suis réveillée, il n'y avait pas Fuyumi avec moi. Il y avait un bout de papier sur l'oreiller et la fenêtre était grande ouverte. Sur le moment, j'ai pensé qu'elle était descendue plus tôt que moi déjeuner, ou qu'elle était partie prendre l'air sur le balcon. Je suis alors descendue comme toute petite fille sortant du coaltar. Maman m'a regardé d'un air bête, me disant sur le coup "Ah tiens, tu n'es pas avec Fuyumi ce matin ? Elle a décidé de faire la grasse matinée ?" Euh... Hein ?! Maman qui buvait son café à la cuisine n'avait pas l'air de savoir non plus où était ma jumelle et je suis sortie voir papa dans le jardin. La curiosité se lisait sur mon visage quand je suis arrivée dans le jardin, papa arrosait les fleurs. Il était seul, c'est là que j'ai commencé à chercher Fuyumi. Puis de fil en aiguille, les parents et moi on a commencé à s'inquiéter, elle était nulle part !! Les heures ont passé, on l'a cherché dans toute la résidence, la rue autour de la maison, les boutiques que Fuyumi adorait et même la boulangerie. On a ensuite été voir jusqu'au manoir du Duc. Rien. Fuyumi n'était nulle part et n'avait été croisée de personne dans la ville, puis la journée où on l'a cherché partout en vain, s'est finie dans l'inquiétude et les larmes. Maman m'a mise au lit après le bain et c'est à ce moment-là que je me suis souvenue du papier sur l'oreiller. Comme dit, je n'y avais pas touché, je n'avais fais que l'apercevoir au matin, sans trop y faire attention.

Maman avait trouvé le mot. "Shizuka, Junnosuke. Je suis désolé d'en arriver-là mais je n'ai pas le choix, je prend Fuyumi avec moi pour quelques temps. Si vous faites tout ce que je vous dis, elle reviendra saine et sauve à la maison. Je vous enverrai une lettre demain. Ne faites rien de stupide que vous pourriez regretter, sinon tout se reportera sur elle. Signé Koki Serizawa." Lisait ma mère en tremblant au dessus de moi, au lieu de me raconter une histoire pour m'endormir. Elle s'est soudainement précipitée hors de ma chambre en hurlant "Junnooooo !" Les parents ont durant longtemps discuté dans la panique tandis que je m'étais relevée et au final, papa a écrit une requête pour le bar de mages le plus proche. Il y en avait un à Shirotsume, nommé "Le Bouchon". Papa s'y est immédiatement rendu, je l'ai vu du coin de ma fenêtre de chambre. Mais j'ignorais sur le moment qui avait accepté sa requête urgente. J'avais bien compris que ma sœur venait de se faire enlever, cela tournait au ralenti dans ma tête, mais j'étais très inquiète. J'étais de plus en plus effrayée et je n'arrivais pas à rester couchée. Alors je restais sur mon balcon en priant pour ma sœur, à regarder les étoiles impatiemment, cette nuit-là fut la plus longue de toute ma vie. Mais pourquoi papa n'avait pas été chez son ami directement ? C'est cela que je ne comprenais pas, il connaissait son adresse. Il y avait quelque chose de bizarre et papa était directement passé aux choses sérieuses en appelant au renfort des mages. J'avoue que je ne comprend pas.

La chose que je ne comprenais pas et que je ne savais pas sur l'instant, c'est que Serizawa n'était pas venu de lui-même dans ma chambre, il avait demandé à des mages de kidnapper ma sœur. Cela avait dû être des ninja parce que j'aurai peut-être pu entendre des bruits ou les voir, ou même les sentir, mais rien du tout. C'est comme si des voleurs invisibles s'étaient introduits chez moi. Et comment avaient-ils fait pour que Fuyumi ne se réveille même pas dans le mouvement ? C'est impressionnant et effrayant à la fois. Mais je vais abréger parce que l'histoire commence à se faire longue. Une semaine, deux semaines. Toujours aucune nouvelle de Fuyumi. En vrai, je désespérais et parfois je ressentais des douleurs vraiment atroces en moi. Les jumeaux ont la particularité de parfois ressentir ce que l'autre ressent, mais j'avais l'impression de me faire des films et que c'était le stress et la séparation avec Fuyumi qui me faisaient cela. Ce que je ne savais pas, c'est que Koki torturait réellement ma sœur dans l'attente des réponses de mes parents. Il demandait de l'argent, apparemment il était endetté jusqu'au cou. Il avait déjà volé une partie de l'argent de l'hôpital et il en avait encore plus besoin, mais c'était un gouffre sans fond en fait, cet homme. Il voulait trop de choses que les parents n'étaient pas capables de lui offrir. Et je ne sais pas pourquoi les mages que mon père avait engagé pour sauver ma sœur, mettaient autant de temps. Peut-être était-ce délicat ou bien s'en foutaient-ils ? Non, en vrai ils travaillaient d'arrache-pied, ils se démenaient comme des lions pour la sauver même si nous ne savions pas ce qui se tramait dans notre dos... Hélas ils n'ont jamais réussi à vaincre les mages que Serizawa avait, lui aussi, engagé.

Kasugano Ryu et Ryo. C'était les deux frères mages du bar qui avaient été engagés par papa. Ils sont revenus un jour avec une triste nouvelle à la maison, ils étaient dans un piteux état et ils ont énervé papa. Moi en descendant l'escalier, je m'attendais à revoir ma sœur... Mais quand j'ai entendu crier, j'ai tout de suite perdu mon sourire. "Où est ma fille bordel ?! Vous deviez la lui reprendre ! C'est pas si compliqué ! S'il a réussi à la kidnapper sans se fouler, vous pouvez bien tout défoncer sur votre passage pour la lui reprendre !" ... Le silence régna. L'un des deux frères avait les larmes aux yeux et ils étaient jeunes, je dirais qu'ils venaient d'atteindre leur majorité. "Votre fille..." Il plongea son visage noyé par les larmes dans ses mains en hurlant qu'il s'excusait. Qu'il n'avait pas pu la sauver... Qu'ils l'avaient trouvé mais... À cet instant je suis tombée dans les pommes, sous le choc. Lorsque je me suis réveillée ils étaient tous partis. Papa était parti se calmer ailleurs, maman pleurait en me tenant fort dans ses bras et les deux autres devaient être rentrés chez eux, à mon avis. En fait Fuyumi était décédée, j'ignorais quand exactement.

Mon deuil fut des plus étranges qui soit, je n'arrivais pas à concevoir d'être seule à présent. Mon sosie, ma deuxième moitié, mon âme sœur s'était volatilisée. Je crois que j'ai inquiété quasiment tous ceux que je croisais et particulièrement mes parents. J'étais pâle comme une morte, je ne buvais, mangeais, parlais plus, je ne dormais plus que sur une oreille méfiante, chaque jour, après avoir vidé des litres de larmes... Je marchais bizarrement dans la rue et surtout Roza se plaignait que je ne l'écoutais plus. Je ne lui obéissais plus, je n'étais plus du tout attentive à ce qu'elle me racontait. C'était comme si j'étais dans un autre monde, absente du monde réel, que j'étais partie m'évader ailleurs. Moi-même je ne l'avais pas senti en fait, mais j'ai commencé à voir des choses autour de moi sans même y faire attention. Des présences, des ombres, des tâches un peu partout. Toutes ces bizarreries traînaient ici et là sans qu'elles ne remarquent d'être perceptibles à mes yeux, on aurait dit qu'elles étaient là depuis toujours et qu'elles n'attendaient rien de personne. Sauf que moi-même je ne les remarquais pas vraiment, je ne sais pas si c'était fait exprès ou pas que je n'y fasse pas attention.

Cela faisait plusieurs mois déjà que j'en avais marre de tout, que je ne parlais plus à personne mais tout de même, j'avais fini par reprendre mon appétit et retrouver mon sommeil par nécessité, disons. Je mangeais sans avoir faim, je dormais à n'importe quelle heure. Bref. Par rage, j'ai fini par me rendre un jour chez monsieur Serizawa. Je voulais discuter seule avec lui. Lui qui était assit sur un tabouret en bois, picolait directement au goulot d'une bouteille. Il était entouré de nombreuses bouteilles vides et il était surprit de me voir. "Qu'est-ce que t'as petite merde ?! ... Tu veux la même chose que ta sœur ?! C'est ça ?!" Il ricanait, cela m'a choqué sur le moment. Je ne l'ai pas vu arriver, il s'est levé d'une traite et il m'a mit une énorme claque qui m'a fait décoller du sol, ma tête allait se cogner contre le bas mur et je me foulais le poignet. Mais pourquoi je suis allée le voir, en fait ?! Papa m'avait pourtant formellement interdit de l'approcher et je ne respectais plus ses paroles. Dans la colère, je n'avais pas su quoi répondre puis mes larmes ont coulé et enfin, je retrouvais l'usage de la parole. Je crois que j'avais besoin de tourner la page, je voulais des explications, j'en avais besoin. "Pourquoi t'as fais ça à Fuyumi ?! Pourquoi tu l'as tué ?!" La rage s'emparait de moi au fil de ses rires plus intenses.

J'étais hélas trop jeune pour réellement posséder une magie mais je pouvais au moins sentir ce qui m'entourait. C'était comme si tous mes sens se réveillaient et s'accentuaient. La rage et la colère se sentaient ici, mais il y avait aussi autre chose autour de moi, ces ombres indéfinissables auxquelles je ne faisais pas vraiment attention comme si elles n'étaient que des meubles. La pièce était dans une ambiance assez chargée en émotions de tout genre. La peur, la panique, le désespoir, le désir de vengeance. Si j'étais capable de sentir tout cela, c'est parce qu'une personne me chuchotait des choses. Je ne l'avais pas entendu au début. L'homme ivre profitait que je restais au sol pour jeter sa bouteille qu'il venait de finir, contre un mur. Plus mes larmes coulaient, plus je haïssais Koki et plus quelque chose m'entourait. Mais où était donc passé ce charmant médecin que j'avais connu autrefois ? Sa douceur et sa gentille avaient totalement disparu, il était méconnaissable. Et j'entendais de plus en plus fort ces chuchotis incompréhensibles qui se transformaient en voix rapides. "Venge moi ! Venge moi ! Venge moi ! Venge moi ! Venge moi ! Venge moi ! ICHIGO ! VENGE MOI !" Là ! Je l'ai clairement entendu. Ces voix sont soudain devenus des hurlements et m'ont déclenché une telle frayeur quand je les ai reconnu que j'en ai vu apparaître sous mes yeux Fuyumi. Mais oui, c'était sa voix à elle !!! Je savais bien que cela m'était familier.

C'était... incroyable, indéfinissable, je ne savais pas si c'était moi ou pas qui avais fais cela, mais j'avais le spectre à moitié visible de ma sœur face à moi, elle frappait mes épaules sans pouvoir me toucher, elle essayait de tirer mes nattes sans succès, elle essayait de me pincer, de me mordre en vain. En fait, elle essayait d'attirer mon attention en hurlant et compagnie. Quand j'ai réalisé que je la voyais et que je l'entendais, elle et moi on a comprit qu'on ne rêvait pas. On réalisait tout le mal qui nous avait été fait, notre séparation brutale et qu'elle était bien morte. "Tu me vois enfin ! Tu m'entends enfin... Sœurette ! Je t'en prie, torture le autant qu'il m'a torturé, il ne doit pas s'en tirer comme ça ! S'il te plait, fais ça pour moi, bute le, t'es capable de le frapper de toutes tes forces, moi je ne le peux pas... Venge moi, Ichigo... Je t'en supplie." Mais nous n'avions que cinq ans, comment voulait-elle que je fasse le poids contre cet homme musclé qui venait de m'envoyer valser dans un mur rien qu'avec le revers de sa main ? Si elle n'avait pas réussi à faire le poids, comment voulait-elle que j'y arrive, moi ? Je réalisais que j'étais impuissante et qu'en même temps, j'avais envie de céder à ma colère, sa colère, j'avais envie d'obéir à ma sœur et de céder à son caprice... Ce sentiment partagé et réciproque était si puissant et fusionnel qu'il me donnait la sensation qu'une magie naissait en moi, mais à vrai dire j'ignorais quoi, si je n'hallucinais pas et je ne savais pas non plus si j'étais capable de réellement blesser Koki. "Fuyumi... je sais pas si j'y arriverais. Comment une petite fille de cinq ans peut réussir à blesser un homme de la trentaine ?! C'est impossible ! Je n'y arriverais jamais..." C'est comme si je faisais pipi dans un violon, ce que je disais ne l'atteignait pas. Je lui disais que je n'avais pas confiance en moi et j'avais l'impression qu'elle ne captait pas ou ne recevait pas mes messages, qu'elle s'en foutait et pourtant elle m'entendait bien... C'est juste qu'elle était rongée par ses sentiments et qu'elle voulait à tout prix que je la venge. Sa colère faisait écho avec la mienne et je n'ai pas pu me retenir de me lever. Je serrais le poing, je réfléchissais... Regardant avec attention les meubles.

On est passé en un éclair d'une discussion importante afin de mettre un terme à ce deuil, à un danger imminent malgré que ce n'était pas mon but initial. Juste entre deux, de l'autre côté de la ville, papa et maman me cherchaient partout. Ils étaient inquiets et ont appelé de nouveau les Kasugano afin de les aider à me chercher. Mais cela, je ne m'en suis doutée que bien plus tard.

Serizawa devenait bizarre face à moi, il ricanait, il prenait des seringues bizarres dans ses tiroirs de buffet. Il grommelait, il marmonnait des choses : "Je vais te faire subir le même sort que ta sœur. Tu vas pouvoir la rejoindre en enfer. Tu vas crever... crever... je vais te buter ! Et ensuite je buterai tes parents ! Vous allez tous clamser les Narumi ! Hahahahaha !" Sans la moindre hésitation et par peur, j'ai commencé par jeter un vase, mais cela ne satisfaisait pas Fuyumi. Le vase avait éclaté à côté de lui sans le toucher. Bon j'ai enchaîné ensuite, prenant tout ce qui me passait par la main. Je lui ai tout jeté en visant de mieux en mieux son visage. Mais Fuyumi répétait sans cesse : "Venge moi ! Venge moi !" C'est comme si ce n'était pas elle, je ne la reconnaissais pas, elle qui de nature n'aurait jamais voulu vengeance, était étrange avec moi. En plus de son vivant, elle ne me donnait jamais d'ordre. Mais si, c'était bien elle, je le sentais clairement, ça ne pouvait être qu'elle et personne d'autre. Tout était comme si elle n'avait jamais quitté ce monde, à la différence près que je ne réalisais pas vraiment ce qu'elle avait pu subir, je ne me l'imaginais pas... Je ne pouvais pas venir à ce genre de conclusion, le fait est que la vérité m'effrayait. La seule chose que je voulais savoir était pourquoi il en était arrivé là, pourquoi il lui avait fait ça à elle et personne d'autre. J'étais juste bête pour ne pas pouvoir l'admettre mais à ce moment-là, Fuyumi était beaucoup plus forte que je ne l'étais. Au moment où j'ai arrêté de jeter tout et n'importe quoi sur l'homme qui riait à s'en fendre les côtes, elle s'est montrée furieuse et sous un autre visage. J'ai hurlé de terreur en la voyant face à moi dévisagée, pleine de plaies, décomposée, ses cheveux arrachés, elle était ensanglantée. "Continues ! Continues ! Venge moi sœurette ! Je veux que tu le tortures ! Il doit souffrir autant qu'il m'a fait souffrir ! Ne t'arrêtes pas !"

Mais l'homme a profité de la situation que je m'arrête, il a dégagé tous les obstacles devant lui d'un coup de pied et il m'a bondi dessus... La situation s'envenimait lorsqu'il me plantait une seringue étrange dans le cou. J'ai vite été paralysée mais je n'étais pas vraiment endormie, je ne pouvais juste plus bouger et mon corps me brûlait de l'intérieur. Fuyumi hurlait, désespérée, impuissante, elle tentait de me faire réagir mais je n'y arrivais pas. Koki me traînait par les cheveux au sol et m'emmenait dans une autre pièce. Là elle est apparue face à lui, rageuse comme jamais en hurlant qu'il fallait qu'il me lâche. L'homme s'est remit à rigoler. En fait, je ne pourrais pas décrire l'émotion qu'il ressentait vraiment, mais il semblait complètement fou : "Toi ?! Qu'est-ce que... Non non non non non ! TU N'ES PAS RÉELLE ! Tu n'as plus rien à foutre ici ! Je t'ai tué ! Tu es MORTE !" Mais heureusement le calvaire cessait enfin lorsque les Kasugano défonçaient la porte en hurlant "SERIZAWA ! On va t'crever pourriture !" ; "Lâche là ordure ou j'te plante !" Bref... Cela s'est terminé en combat entre Ryo et cet abominable homme bourré. Au bout de quelques minutes, comme il n'était pas mage, Koki a enfin perdu ce combat. Papa a pu me récupérer saine et sauve, j'étais juste paralysée et je comprenais à présent comment Fuyumi s'était faite avoir aussi facilement, je comprenais maintenant pourquoi elle m'avait dit que je pouvais le frapper alors qu'elle ne pouvait pas le faire. C'est parce qu'il avait sans doute dû l'immobiliser qu'elle n'avait pas pu se défendre. Quant à maman et Ryu, ils ont pu retrouver le corps souillé et méconnaissable de ma sœur à la cave. D'ailleurs c'était étrange. Son spectre, qui reprenait une forme normale et sans aucune blessure, ne disparaissait pas de ma vue. En fait... Plus personne ne la voyait excepté moi, elle avait fini par se calmer mais son esprit ne voulait pas quitter ce monde. Cela devait peut-être être grâce à la magie ou bien parce qu'elle ne pouvait pas reposer en paix... Je ne l'ai su que bien plus tard mais c'était effectivement la magie. Une magie que j'ai au fil du temps, acquéri et appris petit à petit, d'instinct.

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Dernière édition par Ichigo Narumi le Ven 12 Jan - 2:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou ! Ven 12 Jan - 2:34

x787 : Mes entraînements étaient rigoureux. Entre le footing le matin, l'escalade et la magie l'après-midi jusque parfois en pleine nuit. Et tous les mardis, j'allais chez un professeur karaté dans le quartier, monsieur Taicho Sawamura avait accepté de me prendre pour disciple afin que je puisse apprendre à me défendre. Je vivais toujours avec ces sentiments douloureux de n'être plus qu'une fille unique mais je n'étais pas seule réellement. Côté paranormal et magie, j'étais toujours la jumelle de celle qui grandissait à mes côtés comme elle voulait. En effet, Fuyumi elle se montrait tel mon miroir sous sa forme adolescente et elle s'habillait dans le même style que moi, bien sûr ce fut des vêtements immatériels tout comme elle. Elle voulait continuer à vivre à mes côtés, ne pouvant pas me laisser seule parce qu'elle sentait que j'avais définitivement besoin d'elle. J'étais la plus fragile mentalement des deux. J'étais la plus dépendante, mais elle avait plus de regrets et de choses qu'elle voulait accomplir que je n'en avais moi-même. C'est comme si nous continuions de nous compléter. Quelque part, elle était jalouse que je puisse avoir une magie et il faut dire qu'elle n'a pas eu la chance d'en posséder une de son vivant. Et puis mentalement, elle n'évolue pas forcément, pourquoi en aurait-elle besoin ? Personne ne lui demande rien. Elle vit libre comme l'air, insouciante de tout. J'aime qu'elle puisse rester ce qu'on a toujours été. Cela dit, elle était également jalouse que je cherche une guilde, elle était jalouse que je puisse encore parler aux gens et qu'ils me répondent. J'étais triste pour elle mais je pouvais parfois la narguer pour donner une ambiance que seulement nous deux pouvions comprendre. La fusion des jumelles était impossible, mais on pouvait toujours communiquer, alors pourquoi pas continuer à rester dans la bonne ambiance, me disais-je.

Cela dit, elle pouvait avoir des amis spectres aussi, elle pouvait les voir comme moi et les entendre. "Regarde Ichigo ! Y en a un là ! Tu le vois ?!" Me disait-elle alors que j'escaladais une paroi rocheuse afin d'atteindre un haut arbre fruitier. Mais elle me pointait du doigt autre chose qu'un fruit et je le cherchais du regard. "Ah oui je le vois ! Viens par ici, n'aies pas peur ! On ne va pas te faire de mal." Essayais-je d'aguicher ce petit être en lui tendant une main pleine de sagesse.  Il s'agissait d'un spectre ; en effet, je communique avec les défunts et je peux également en invoquer. Un Yokai comme j'aime les appeler, ce sont ces esprits qui restent accrochés au monde des vivants et qui parfois aiment se donner n'importe quelle apparence s'ils en ont encore la force nécessaire. Ils ne sont pas tous ni gentil ni méchant, chacun d'eux est différent. En revanche, peu d'entre eux ont cette volonté ou même l'envie de me suivre, ce que je respecte. Je ne vais qu'à leur rencontre simplement sans vraiment vouloir les attraper ni les chasser et parfois je les trouve par hasard. Libre à eux par la suite de choisir s'ils veulent de l'aventure et vivre un peu plus ou s'ils veulent reposer là. En revanche, pour ceux qui sont fidèles à moi et qui choisissent de m'obéir lorsque je les invoque grâce à la magie, je ne sais pas si ce sont eux ou si c'est moi qui les instrumentalise. Car quelque part il y a ce besoin réciproque l'un de l'autre. Eux ont besoin de ma magie pour réapparaître. Ils ont besoin de mon énergie afin d'accomplir quelque chose qui est propre à leur volonté. Et de mon côté, je les invoque grâce à  mes désirs afin d'accomplir ce que moi je veux. Cela a l'air compliqué mais il n'en est rien. Tout est simple au contraire. Je sais au moins une chose, c'est que quelques-uns d'entre-eux se sont accrochés fidèlement à moi comme Fuyumi le fait et qu'ils sont libres de partir quand ils le veulent. Mais contrairement à ma sœur, ils ne sont invoqués qu'à ma volonté car ils ont besoin de beaucoup de repos. Fuyumi me pompe en permanence une fine énergie afin de rester visible et audible pour moi. Elle n'est visible pour personne d'autre comparé à mes yokai, excepté si elle entre dans une rage inimaginable.

Cela me rappelle cette fois, je me souviens, c'était un jeudi, en automne. Il y avait cette bande de gamins qui m'avait accosté et réclamé une chose assez étrange et plus que ridicule. Si je pouvais leur rendre un service et ... Enfin ils ne me l'ont pas demandé comme ça aussi directement mais je vous résume cela avec mon franc parlé : En gros, ils voulaient que je persécute avec eux l'un de leurs camarades pour se venger d'une connerie bénigne qu'il leur aurait fait. Ils souhaitaient que je lui foute la trouille dans une maison délabrée avec ma magie... Bien sûr que j'ai refusé, pour qui me prenez-vous ? Et puis je n'ai pas que cela à faire de jouer avec des gamins, quel aurait été mon intérêt là-dedans ? Cela dit, je ne me suis pas gênée d'invoquer un yokai afin de donner une petite leçon de vie à ce petit crétin de service : le chef de cette bande de gosses. Ce que je peux faire avec ma magie en gros, c'est qu'en invoquant des yokai et si l'un d'eux parvient à toucher ou à passer à travers de ma cible, il peut soit lui infliger des douleurs atroces selon l'intensité que j'y mettrais, soit les lui en soulager une partie si la personne souffre déjà. J'avais profité qu'il souffre à s'en plier en quatre au sol, pour lui dire ces quelques paroles : "Et pourquoi tu règles pas ça d'homme à homme toi-même ? Flippette. Où sont passées tes boules ? T'es un mec alors joue franc jeu et dis-lui ce que tu penses vraiment au lieu de t'abaisser à faire des coups bas ! Affronte-le si t'as le cran nécessaire, au lieu de te cacher derrière d'autres gamins." Je peux vous dire qu'ils ne sont pas prêts de revenir me demander quoique ce soit, vu comment ce petit caïd s'était transformé en lavette devant ses amis. "Ne revenez plus jamais m'emmerder où vous aurez bien pire que votre tapette de copain !" Leur avais-je promis en faisant disparaître le petit yokai que j'avais gentiment invoqué. J'ai fini par me faire une petite réputation à Shirotsume, j'étais assez fière d'aider les mamies en leur soulageant quelques fois les douleurs de leur sciatiques, et de pouvoir faire souffrir les voleurs lorsque je récupérais les butins pour les rendre à leur propriétaire.

Cependant, papa n'était pas du tout d'accord pour que j'utilise cette magie de cette façon, et de même, il voulait absolument que je ne l'utilise plus ! En fait, il refusait sans doute l'idée simple que des spectres peuvent soulager ou approfondir des douleurs avec la magie. "Et tu imagines si tes petits sorts avaient des conséquences beaucoup plus graves ?! Et si les douleurs créaient des lésions chez ces personnes ?! Et si en effaçant certaines douleurs, elles revenaient en bien pire après ?! Tu y as pensé ?! Mais bien sûr que non, ma fille est une écervelée qui ne pense à rien. Tu es inconsciente ! Insouciante de tout ! Tu ris du malheur des gens ! Imbécile. Ne recommence jamais à utiliser ta magie. Elle pourrait tout bonnement rendre fous les gens ! En particulier ceux à qui tu dis que tu peux les soulager !" Sur le moment, j'avoue que tout ce dont il me faisait la morale était assez effrayant. Si j'y avais songé une seule seconde ? Bien sûr que non. Je n'osais pas imaginer qu'il avait raison et Fuyumi qui discutait secrètement avec moi chaque jour, me disait ceci pour me rassurer : "Hé ! C'est ta magie, tu sais ce que tu en fais quand même. Papa est juste jaloux, il n'a pas la moindre magie. Et puis tout ça, c'est pas méchant, tu aides quand même des vieux à supporter leur vieillesse, tu aides même d'autres personnes en faisant un peu la loi. Tu n'es pas mauvaise. Et cette fille qui s'était tordue la cheville dans l'escalier l'autre jour, elle n'avait plus mal grâce à toi ! Tu n'as rien à te reprocher. Si maman avait été là, c'est ce qu'elle t'aurait dit, ... mais malheureusement elle travaille encore. Si tu veux on va à l'hôpital la voir et tu n'auras qu'à le lui demander si tu me crois pas."

Mais bon... En fait, je n'ai jamais eu le cran de le demander à ma mère. Tout ce qui est magie la rend un peu folle de panique vous voyez. Dès qu'on lui en parle, elle se ressasse la mort de Fuyumi et puis bon, je ne veux pas la déranger dans son travail. En fait, maman n'est quasiment pas au courant que j'ai cette magie, elle est encore moins au courant que je parle au spectre de ma jumelle... Pourquoi ? Imaginez une seule seconde que je lui en parle. Imaginez seulement sa réaction, elle qui n'a déjà pas supporté ce deuil et qui est encore dedans jusqu'à s'en crever au travail pour ne plus y penser. Ce jour-là quand Fuyumi est partie, c'est comme si je l'étais aussi... Ma mère ne supporte plus mon visage, elle ne veut plus croiser mon regard qui lui fait penser à ma défunte sœur... C'est comme ça, c'est la vie, je ne peux pas lui en vouloir. De mon côté, je le prend à peu près bien qu'elle n'ose plus me regarder si ça peut l'empêcher de pleurer, même si cela m'attriste et qu'elle me manque. Comment ? Si je continue à voir Roza ? Bah en fait, je n'ai plus besoin de nourrice depuis bien longtemps, je suis trop grande maintenant. Et puis je n'ai pas besoin d'une maman de remplacement.

Mais quelque part, Fuyumi n'avait pas tord, je fais référence à ce qu'elle disait précédemment. Je pensais pareil qu'elle. Tout cela pour moi n'était qu'un bête entraînement de toute façon. La magie, les spectres. Les souffrances à donner ou à enlever, ce n'était pas comme si je donnais la mort après tout, ce n'était pas comme si je soignais par la magie non plus. Il ne fallait pas exagérer, c'est ce que je me disais des paroles moralistes de papa. Mais... J'ai fini par avoir peur un jour car il s'est passé quelque chose de vraiment très bizarre dans la ville, même Fuyumi d'habitude si calme a eu si peur qu'elle n'est pas intervenue une seule fois. Ma réputation avait grandi d'un coup sans que je ne sache comment. J'étais devenue la "fille aux yokai", "la princesse yokai", "la guérisseuse", "la tortionnaire", "la main du diable". Honnêtement, si vous voulez mon avis, tout ceci... toute cette mascarade n'était que du téléphone arabe mal placé. Vous savez, ces ragots qui se transforment d'oreille en oreille jusqu'à être exagérés et déformés ? Eh bien, cela se passait en dix fois pire à Shirotsume. Un jour donc disais-je, j'ai vu sous mes yeux une foule de personnes comme zombifiées, accourir vers moi, leurs mains tendues vers moi de façon désespérée. Comme s'ils voulaient tous m'attraper et me vouloir pour eux tout seul. Ils avaient comme l'air possédés ou hypnotisés mais ce n'était pas le cas, ils étaient bien tous conscients de leurs faits et gestes. C'était des gens de toute sorte et de toute classe sociale confondue, une foule impressionnante. Plus grosse qu'à un concert de rock. Certains hurlaient en me voyant et s'enfuyaient à toute allure, à mon avis ils devaient être ceux qui ne voulaient pas souffrir et qui avaient entendu le pire de la rumeur. Tandis que certains se jetaient sur moi en me suppliant : "Soigne moi, guéris mon fils, soulage mon dos ma petite, tu vas t'magner de soigner mon pote t'entends ?!" ... J'ai littéralement paniqué, j'étais encerclée, énormément sollicitée, malmenée, bousculée, la plupart de ces gens croyaient que je pouvais les soigner alors que cela était archi-faux et plus ils me suppliaient, plus ils devenaient insupportables. Ils devenaient violents, impatients et irrespectueux envers moi. Ce sont les pires en fait. Je préféraient nettement ceux qui me fuyaient par peur de mourir car eux, avaient au moins la décence de me laisser tranquille. En effet, ces derniers ne cherchaient pas à me faire de mal, ils auraient pu par exemple me jeter des choses au visage mais ils n'en ont rien fait, sans doute par peur des représailles. Ils me fuyaient juste. C'était l'inverse de ceux qui voyaient en moi une guérisseuse ou un dieu, ou quelque chose qui puisse au moins leur faire du bien. Ceux-là me frappaient, m'engueulaient littéralement, me mettaient la pression et hurlaient.

Je n'en revenais pas. Papa avait dit vrai, j'avais rendu fous tous ces gens. Je les avais rendu tous tarés avec ma magie, mais qui avait bien pu accentuer ces rumeurs et créer cette réputation totalement grotesque à mon sujet, pour qu'elle soit d'un jour à l'autre décuplée et amplifiée ?!

La réponse, ce n'était pas en restant accroupie à subir les coups de pieds et les supplices, ni à rester encerclée par ces fous, que je risquais de l'obtenir. D'ailleurs... J'ai soudain entendu un énorme boom et ce hurlement masculin : "ÇA SUFFIT ! LAISSEZ LA TRANQUILLE !" En un éclair, tout avait été calmé, enfin à peu près. Cette bande de zombis, de moutons, ces gens en souffrance et en panique s'étaient à peu près calmés mais j'étais déjà à moitié assommée par ces coups trop nombreux que j'avais subi. Pourquoi est-ce que je ne me suis pas défendue ou enfuie ? Beh c'est à dire qu'on ne frappe pas des gens qui vous somment de les aider, c'était impensable pour moi de frapper ou de fuir des personnes en souffrance et puis... Même s'ils étaient trop nombreux et violents, j'avais si peur que je ne pouvais rien faire. C'était leur folie qui les rendait comme ça... Bref. L'homme qui venait de s'imposer tel un leader, se présentait sous le nom de Haruto Tanaka. Il venait d'arriver du mont Hakobe et lui qui voyait Shirotsume comme une ville paisible et qui réunissait des gens de grande classe, il se foutait le doigt dans l'œil. "Je suis déçu de trouver une ville contraire à sa réputation. Alors c'est ça, Shirotsume ? Vous tabassez des jeunes filles dans la rue en prétendant être de nobles personnes, de grande richesse et culture ?! Écartez-vous de cette demoiselle ou bien je vous découpe en morceaux, un à un !" Ces gens qui étaient obsédés par le fort désir de guérison et d'apaisement, ont soudain créé une faille dans la foule, laissant l'homme pacifique mais menaçant, s'approcher de moi. Il m'a ramassé, m'a porté dans ses bras et m'a ensuite ramené jusqu'à un petit hôtel où malheureusement il fut refusé. Tant que j'étais avec lui il aurait refus à tout, lui disait-on. Même les plus grands hôteliers lui refusaient le luxe d'une chambre... rien qu'à cause de moi ? Mais en fait ... toute la ville était au courant de ma magie et me haïssait profondément, c'est pas possible autrement ! Il m'a alors chuchoté quelque chose que je lui ai répondu de la même façon et étrangement, nous nous sommes retrouvés en un clin d'œil dans ma maison, face à mon père. "Comment ?!" Lui avais-je demandé. Il a sourit et affirmé qu'il n'était pas le seul mage de la région, puis il me fit un clin d'œil satisfait. Papa était estomaqué de voir un mage me ramener dans cet état-là, et comme il connaissait assez la médecine pour en être un directeur d'hôpital, il m'a vite soigné de quelques cotons de désinfectants et de glace sur le front. Il remerciait au passage le viril homme qui m'avait sauvé.

"Alors, tu vois maintenant ce que ta magie a fait ?! Ce ne sont plus que des esprits malades dans cette ville. Ils sont tous devenus fous. Que tu saches parler aux morts, qu'ils veuillent communiquer avec leurs défunts proches. Qu'ils veuillent que tu les soignes. Qu'ils veuillent que tu t'éloignes d'eux par crainte de mourir. Tu l'auras deviné, ta réputation t'a totalement dépassé. Que vas-tu faire à présent ?" Comment ça, qu'est-ce qu'il voulait dire ? Et comment savait-il tout ce qu'il venait de se produire ?! Comment devais-je faire quoi ? Je savais qu'il fallait que je répare mes erreurs, oui, mais de simples excuses que je n'avais même pas à prononcer car je n'avais rien fais de mal, n'allaient rien arranger. Ils ont tous entendu des choses différentes et m'agressent ou me repoussent. Je ne peux rien y faire... Du moins c'est ce que je croyais en fait. "Si je puis... m'exprimer monsieur... je ne pense..." Je coupais la parole au gentilhomme qui tentait de raisonner mon père. "Désolée de vous interrompre, gentil Haruto. Mais papa a raison... Je dois bien faire quelque chose, c'est ma connerie ! Mais je suis perdue, désemparée, je ne sais pas quoi faire." Mais c'est à peine si papa en avait quelque chose à faire de mes états d'âme d'adolescente rebelle, enfin c'est comme cela que je le voyais même si je pouvais me tromper, mais en tout cas il me répondait. Il avait l'air remonté contre moi d'une manière assez stricte.

"Tu te rends compte que ta réputation va salir celle de l'hôpital ?! Tu penses à ma situation ? Tu penses à ce que tu fais vivre à ta mère ? Tu penses que tu vas t'en tirer comme ça ?! La bonne blague. Les gens ne vont pas tarder à venir ici pour foutre le bordel ! Ils vont vite savoir où nous vivons et faire le rapprochement entre toi et moi. Je suis directeur, si je perd l'hôpital, comment crois-tu que je vais vivre ? Avec des rondelles de carotte ?! Souviens-toi de Serizawa ma pauvre fille, tu te souviens comment il est devenu fou ? Un honnête homme qui a fini en taré psychopathe tueur de petite fille ! Tout ça pour de l'argent. Tout ça à cause de ses dettes." Ouf... Il venait de me planter le pieux de la culpabilité en plein cœur. Mes larmes ont soudain coulé à flot alors que Fuyumi me répétait : "Mais tu vas arrêter de l'écouter, oui ?! Faiblarde !"  Et elle, quand elle a une idée en tête, j'ai bien envie de dire qu'elle ne l'a pas ailleurs. Elle me tournait autour comme un aigle royal affamé et criait sans cesse ses répétitions afin d'attirer toute mon attention. "Tous les esprits que tu as rencontré, ne t-ont-ils rien appris jusque-là ?! Tu es mage bordel ! Ressaisis-toi ! Tu peux combattre, tu peux accomplir de nombreuses choses ! Tu peux devenir forte alors qu'est-ce que t'attends ?! Bouge toi le cul ! On s'en fout de sa réputation au vieux... Tu vaux mieux qu'un hôpital en déclin ! Tu peux vivre ta vie sans te soucier des parents !" Oh... Haruto avait quitté la maison sans même que je m'en aperçoive, il a dû se dire que tout cela ne le concernait plus. Peut-être s'en foutait-il au fond, ou peut-être ne voulait-il pas être impliqué...

Je me relevais, mon père continuait de gueuler. Ma sœur continuait de gueuler. Je ne pouvais plus écouter les deux en même temps, mes oreilles n'arrivaient pas à suivre. C'est alors que j'ai crié, leur clouant le bec à tous les deux : "C'est bon je vais partir !" Ah enfin du silence. Cela faisait un bien fou, mais j'avais l'impression qu'au fond c'est ce qu'ils voulaient tous deux. Qu'ils voulaient dire que je n'avais plus ma place ici. C'était frustrant de réaliser cela. J'essuyais mes larmes et je reprenais furieuse. "Je vais vivre ma vie à partir d'aujourd'hui papa, je m'en fous contre fous de ton hôpital, de ta réputation, de ta situation, je m'en contre-balance de tes histoires, je m'en tamponne les orteils de ton argent ! Et puis c'est pas comme si j'étais encore vivante pour maman de toute façon. Fuyumi et moi on se casse à partir d'aujourd'hui, que tu le veuilles ou non. Je trouverai une guilde qui veuille bien de moi. Je suis mage après tout, je n'ai plus à t'obéir ! Je prend ma vie en main et je vais trouver du travail. Un travail de mage." Il était bouche bée et il avait sacrée envie de me retourner une baffe, je le sentais, je le voyais... Je n'attendais que cela à vrai dire, mais il se contenait, il tremblait et serrait le poing qu'il s'empêchait de venir frapper sur moi. Quelque part, c'était vexant qu'il ne me frappe pas. Il aurait pu me retenir, me prouver que j'avais encore une valeur à ses yeux ou bien peut-être ne voulait-il juste pas me faire de mal physiquement... Dans ce cas il aurait au moins pu parler et argumenter mais je n'avais pas l'impression qu'il veuille ou qu'il pense à moi. Si ça se trouve, il était peut-être soulagé de ma décision par rapport à sa réputation à lui et son hôpital. Et Fuyumi, de son côté, elle secouait son poing satisfait devant son propre visage en s'écriant comme une gamine fière : "Yes ! Elle l'a dit ! Elle l'a enfin envoyé au tapis ! Bien parlé ma vieille ! Allez on se casse de là !" Quelque part, j'avais l'impression de m'être fait mener en bateau, d'avoir suivi un peu trop tel un mouton les ambitions de ma sœur... Mais en fait, elle ne pensait pas à mal du tout. Elle savait au fond d'elle ce que je voulais, elle voulait la même chose que moi. La liberté. L'aventure. Vivre autre chose qu'une vie de petite fille pourrie gâtée. Découvrir des choses. Et puis je me dis que si j'avais continué une vie normale, j'aurais été obligée de reprendre cet hôpital qui pour moi continuait d'être en déclin.

Alors j'ai pris mes affaires sous le nez de mon père qui ne me retenait pas. J'ai pris un gros sac de voyage dans lequel il n'y avait quasiment que le même ensemble de fringues avec plein de coloris différents. Il y avait mes affaires de toilette, un manteau etc... Mais sur le moment, je n'ai pas pensé à prendre le plus essentiel des objets : une tente de camping ! Je suis une fille de riche qui commençait sa vie à la dure dans la nature et je ne pensais même pas à prendre le principal, l'essentiel... Hahaha elle est bien bonne, pas vrai ? Mais sur le moment je ne m'en suis pas aperçue et il était trop tard pour m'en rendre compte quand je suis arrivée sur le fait accompli, loin de la maison. Il était trop tard pour faire machine arrière lorsque Fuyumi m'a ri au nez : "Attends, mais t'as même pas pris l'essentiel, le sac de couchage, la tente, le lacryma pour créer un feu... Quelle abrutie de sœur tu fais ! Hahahaha ! Bon au moins t'as des gâteaux et des bonbons, c'est bien." Je lui ai répondu toute souriante : "Tant pis on va vivre comme ça, j'ai pas peur de me salir ni d'attraper froid et puis c'est pas comme si ça te faisait quelque chose à toi d'être salie... T'es un fantôme, toi, tu crains rien. On dormira à la belle étoile." Et à ce moment-là... j'aurai peut-être dû fermer ma bouche. Quoi... vous savez pas ? Shirotsume est dans le val de montagne quasiment. C'est sur la route pour aller au mont le plus froid et le plus enneigé : Hakobeyama. En plus il fallait monter en altittude pour suivre la bonne route. Mais j'avais pas franchement le choix de passer par là pour rejoindre la ville du nom de Magnolia. Il paraît qu'il y a une guilde bien là-bas, merci au Weekly Sorcerer d'indiquer les meilleures guildes de la région.

Voilà une semaine que j'avais commencé mon voyage avec mon manteau sur le dos, j'étais quand même frigorifiée à marcher dans la poudreuse et sous la neige tombante. Fuyumi, avait juste froid de manière constante comme tous les spectres, mais elle ne ressentait pas le givre de manière corporelle. Elle se moquait alors de moi chaque jour et elle tentait surtout de me faire tenir le coup sur le chemin. Durant ces quelques jours, nous avons marché, chanté, j'ai hélas fini trop vite la boite de gâteaux et je passais ensuite aux bonbons. J'étais affamée mais pas mourante à ce point-là, heureusement. En revanche je ressentais une grosse fatigue insupportable en plus d'avoir l'interdiction formelle de dormir. Fuyumi veillait au grain et n'avait pas besoin de dormir, j'avais alors de grosses cernes sous les yeux, le teint pâle et je chancelais parfois. Le poids de la neige avait alourdi mes épaules et avait freiné chacun de mes pas. La neige et les fins grêlons qui tombaient sur mon visage et mes jambes nues me frittaient et me brûlaient la peau, tout en me glaçant le sang et les os. C'était une expérience horrible. Mais ce qui me faisait tenir le coup c'est qu'elle chantait super faux, elle criait, elle racontait des blagues, elle me faisait des quizz, elle me forçait à faire des mini-pauses et à répondre à ses devinettes. Sur ce coup-là, elle avait bien de la chance que je ne sois pas sourde car il y a bien longtemps que j'aurai décroché sinon. J'ai envie de vous dire qu'elle a bien souvent essayé de me gifler et qu'elle passait toujours à travers moi, tombant de l'autre côté en grognant. Cela m'a souvent fait rire. De quoi ? Si elle peut m'atteindre d'une façon plus physique ? Pour cela, il faudrait déjà qu'elle entre dans une rage sans limite et qu'elle pompe toute mon énergie, mais elle ne le fera jamais. Quelque part, elle est bien contente d'être immortelle sur le temps, depuis qu'elle est décédée.

Enfin, c'était terminé lorsque je vis la prairie se verdir de nouveau. Je redescendais dans la vallée. Il y avait une petite pente, une petite colline escarpée. De loin je pouvais sentir l'odeur du fer, j'entendais des petits rires satisfaits des spectres fidèles et Fuyumi me pointait le chemin à suivre. "Là ! Nee chan, on a trouvé la gare de Kunugi ! Viens on va attendre le train, allez cours, ça te réchauffera !" J'ai exécuté ses ordres sans broncher, même si j'étais épuisée. En effet ça m'a réchauffé, mais j'ai fini endormie dans le petit abri de bois qui longeait le chemin de fer, pour attendre le prochain train. Il y avait une demi-heure d'attente, je pouvais bien me reposer sans crainte de mourir de froid ici. Mais c'est passé à une vitesse que je n'ai pas pu en profiter comme je le voulais. "CHICHI GO ! Debout ! Fuyumi a dit TOUT LE MONDE DEBOUT ! Réveille-toi ou je mange tes spectres..." Sur le moment, j'ai comme répondu en dormant. C'était la première fois que cela me le faisait. "Haha, comme si tu pouvais." Je me remettais à ronfler sitôt après. De fait, elle a hurlé quelque chose que je ne m'attendais absolument pas : "Y A L'FEUUUUUUUUUUU !" Moi qui dormais sur mon sac, j'en suis littéralement tombée, paniquée... Mais j'ai vite réagi, enfin réveillée et debout. J'avais une tête effrayante en m'essuyant les yeux. "Connasse. J'te retiens toi... Enfin bon, merci." Le seul problème pour prendre le train, c'est que j'allais forcément le prendre en fraude étant donné que je n'avais pas pris d'argent à papa. Bien sûr que le contrôleur allait m'embêter, ça ne faisait aucun doute et cela est vraiment arrivé sans surprise, tandis que je dormais encore. Il m'a collé un procès verbal. Mais bon. Il aura du mal à se faire payer je crois..., j'ai bien peur que Laura Handwell n'existe pas. C'était le nom que je lui avais donné avant de me barrer en quatrième vitesse, lorsque j'étais descendue à Magnolia. Et j'espérais qu'il oublie vite mon visage.

Enfin bon, moi qui croyais que j'allais, du haut de mes quinze ans, mener une vie paisible et facile au goût de liberté, je me foutais le doigt dans l'œil. Qui allait payer la nourriture ? Les vêtements ? La chambre d'hôtel ? Bah... Personne en fait. En plus j'ai mis un sacré bout de temps avant de trouver cette guilde par moi-même. En effet, je n'osais parler à personne de peur qu'ils ne connaissent ma réputation encore fraîche de Shirotsume.

Ce n'est pas que Fairy Tail ne m'avait pas accepté, loin de là. Ils sont sympa et tout... C'est juste que... Comment dire. Le 12 Décembre x787, je suis allée à leur guilde et sur le moment en arrivant face à eux dans leur bâtiment, j'étais restée une simple cliente qui n'osait rien commander et qui était restée seule à l'une des tables. Les voir aussi nombreux, énergiques, tous différents mais joyeux... C'était la douche froide pour moi. J'avais cru ne pas être assez bien pour eux. Et puis j'ai surtout pensé que tout avait démarré à cause d'une rumeur idiote à mon sujet, alors... Et si je révélais ma magie, si je leur montrais et qu'ils interprétaient cela comme une agression, et si je révélais mon petit secret de parler à un fantôme... Et si en fait, ils avaient peur que je ne sois qu'une mage noire ou une vulgaire psychopathe ?! Enfin bon, en restant comme ça durant des heures, à ne parler à personne, j'ai tout bonnement perdu ma confiance en moi et je me suis retrouvée à penser étrangement. Fuyumi avait beau m'encourager et me dire que tout allait bien se passer ; elle avait beau me pousser à aller parler aux responsables et même tenter d'apprendre d'elle-même des informations pour m'aider à me lancer, je n'arrivais tout simplement pas à leur demander de me recruter. Je n'arrivais pas à leur parler de moi. Comment leur adresser la parole ? Ma timidité et ma méfiance surplombaient mes pensées, m'empêchant d'avancer. J'avais bien peur de rendre de nouveau fous les gens. Qu'ils ne se jettent sur moi, qu'ils me réclament de les "sauver" aussi violemment qu'à Shirotsume. Alors je suis de leur guilde ce soir-là, même s'il faisait froid dehors et qu'il commençait à neiger. Je suis restée assise face au bâtiment de Fairy Tail et adossée contre un mur, nous étions là à discuter durant toute une partie de la nuit Fuyumi et moi. Je réfléchissais, je parlais seule pour les passants de la rue, mais je me demandais vraiment les choses essentielles.

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Dernière édition par Ichigo Narumi le Ven 12 Jan - 2:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou ! Ven 12 Jan - 2:36

x788 : En vrai je suis restée trois mois telle une SDF qui dormait dans n'importe quelle rue de Magnolia. Je mangeais les fruits trouvés sur les buissons fruitiers des environs. J'ai appris à pêcher avec un chat bleu à la rivière d'à côté. Happy. C'était l'un des "exceeds" de la guilde que je convoitais même si je ne lui disais pas. Il était simplement devenu mon ami sans même savoir si j'étais mage ou quoi et il avait accepté d'être mon professeur de pêche car il venait souvent se fournir à cette rivière. Je ne m'apitoyais pas forcément sur mon sort mais disons que je n'avais aucune confiance en moi pour avancer dans la vie. Tu parles d'un rêve de liberté, tout ce que mon père avait réussi à faire, c'était me faire sentir coupable de tout ce qui m'était arrivé à Shirotsume. J'avais juste peur que tout cela se reproduise. Si ça se trouve, c'était lui le coupable de la folie de Shirotsume. C'est vrai qu'il en avait su trop ce jour-là pour n'être qu'un simple innocent. Et puis on peut dire que son souhait s'est réalisé grâce à cela, eh oui, je n'utilise plus ma magie n'importe comment excepté lors de mes entraînements. Au final il a ce qu'il voulait. Mais de mon côté, rester sur un échec sur le long terme a fini par allonger le temps qui s'est écoulé entre mon émancipation précipitée et ma postulation à cette guilde. Parfois je revenais m'asseoir face à leur bâtiment et je le fixais en parlant avec Fuyumi. Cela les inquiétait un peu que je squatte chaque semaine la devanture de leur guilde. Ils avaient l'impression que j'attendais le déluge, même si c'était eux en vrai, qui devaient attendre que je vienne postuler. Il y en a certains qui sont venus me voir, on discutait sympathiquement sur les bancs du parc. Enfin, entre temps, j'ai fini par ne plus rester sans rien faire. J'ai bougé mes fesses chaque jour et chaque nuit. Je dormais souvent sous le pont du fleuve et surtout lorsqu'il pleuvait. J'allais me balader la journée et visiter les villes environnantes, je suis allée voir le Magic Show de Lamia Scale. Je m'entraînais dans mon coin du côté de la forêt de Magnolia afin de ne pas perdre en magie, ni trop attirer l'attention sur moi. Je rencontrais aussi des petits spectres par-ci par-là. Il y en avait des sympas par ici.

Puis il vint un soir en fin du mois de Mai, où j'ai eu quelques soucis à vrai dire. Je me faisais courser à travers toute la ville. "Bordel il est rapide ce con ! Rhaaa !" M'écriais-je, essoufflée tandis que Fuyumi me suivait en m'indiquant où je pourrais me cacher et si ce type me traquait encore ou pas. "Reviens ! Oï ! Arrête toi !" En fait, je venais surtout de me battre avec lui, j'avais des équimoses sur la moitié du visage, le sang s'écoulait du coin droit de ma lèvre ainsi que de mon épaule et je continuais de courir malgré la douleur. L'homme en question n'était qu'un pervers, ni plus ni moins. En fait pour mieux m'expliquer, j'avais décidé ce soir-là d'aller aux bains publics afin de me décrasser de ma longue semaine. Il n'y a que le dimanche où cela est gratuit et ouvert jusqu'à pas d'heure. Et donc, je m'étais déshabillée, j'avais mis mes habits dans un casier et j'étais rentrée dans les bains. Jusque-là, il n'y a rien d'anormal. J'étais seule, tranquille et seul le gérant des bains était présent. En temps normaux, ces gens-là sont censés être fiables de nature mais je ne pourrais malheureusement pas en dire autant de ce type. En effet, ce même gérant était le pervers en question qui me poursuivait à travers la ville. L'homme avait feinté lessiver les couloirs pour mieux me mater et il avait fini par entrer dans le bain où j'étais. J'ai tellement flippé que je suis sortie en quatrième vitesse, je me suis aussitôt rhabillée et j'ai tenté de fuir. Hélas il avait essayé de me retenir contre mon gré, nous nous sommes ensuite battu sans la moindre magie bien évidemment, jusqu'à cette fuite interminable. "Ichigo, à droite ! Cache toi dans les cartons !" Voilà où j'en étais réduite afin de me protéger : ne pas utiliser ma magie à tord et à travers afin de rester la plus discrète possible et me planquer dans les cartons poubelles des ruelles puantes pour fuir des gros pervers. J'ai aussitôt obéis à ma sœur et je suis rentrée dans le carton, me pliant en quatre tandis que Fuyumi vérifiait bien que l'homme partait sans plus me retrouver. Ouf, c'était moins une.

J'avais du mal à reprendre une douce respiration, j'avais mal au front et j'avais très peur que l'homme me retrouve. Punaise, il faut vraiment que je trouve une solution, un logement et un vrai travail. Cette situation ne peut plus durer. Fuyumi vérifiait que l'homme regagnait son salon de bains publics en le suivant, puis elle revenait vers moi une bonne demi-heure après. Hélas, j'avais fini par m'endormir comme ça, enfermée dans le carton. Je crois que d'avoir couru en étant humide, m'avait achevé. Cette nuit-là, je rêvais de mon ancienne vie, je me souvenais que tout s'était barré en cacahuète vraiment très vite et que je ne pouvais plus faire marche arrière. Mes parents n'avaient pas essayé de me retrouver une seule fois en trois mois de temps. Si ça se trouve papa avait perdu son hôpital, si ça se trouve nos parents avaient divorcé ou bien ils vivaient dans la rue tout comme moi ou bien, vivaient-ils au contraire de cela une vie plus heureuse, comme ça ? J'essayais inconsciemment de m'imaginer leur vie actuelle et franchement, même si je leur en voulais un peu, au fond, j'espérais qu'ils s'en sortent mieux que moi.

Soudain, au beau milieu de la nuit, quelqu'un venait de se cogner à un lampadaire et il tombait là, sur le carton où je dormais. "Eyhaé... J'vais pas ... Euh... Ghreuuu..." Fuyumi le regardait en croisant ses bras. Moi je dormais encore mais tout ça, c'est elle qui me l'a raconté par la suite. En fait l'homme était ivre et tentait de se relever lorsqu'il attrapait l'une des faces du carton qu'il ouvrit maladroitement. Une chance pour moi, ce n'était absolument pas ce pervers des bains. Il a bondit en arrière en me voyant et aussitôt il a plongé ses bras pour me sortir de là. "Qui aaaa ! ... Qui a jeté une fille... dans les poubelles ?! ... C'est pas bien, non ! C'est pas gentil de faire ça !" Ok il était complètement bourré, Fuyumi s'inquiétait, elle se demandait ce qu'il faisait et pourquoi il s'intéressait à moi comme ça. Au final elle l'a suivi, elle était impuissante et ne pouvait pas l'empêcher de faire quoique ce soit. Il me portait dans ses bras et quelques heures plus tard, je me suis réveillée dans un sofa très confortable, il faut l'admettre. J'entendais ronfler, j'avais un bras sur moi et lorsque j'ai vraiment ouvert mes yeux, Fuyumi s'exclamait : "Eh beh ! Enfin tu te réveilles ! T'inquiète, il t'a rien fait. Enfin, si on considère que te mettre un pyjama les yeux bandés, c'est rien faire..." Mais qu'est-ce qu'elle me racontait là ? Je ne l'ai compris qu'après et elle m'a résumé tout ce qu'il s'était passé. L'homme était assit et accoudé au canapé, il dormait dans cette position inconfortable avec son chapeau encore sur sa tête et effectivement il avait les yeux bandés. Pour résumer la chose : Le fait est qu'apparemment, même en étant bourré, ce gentil monsieur avait réussi à rentrer chez lui sans encombres et en prime, il m'avait amené chez lui en croyant que l'on m'avait fait du mal.

J'étais tentée de rire en le regardant dormir mais je ne me suis contenue et contentée de juste lui ôter le bandeau de ses yeux. Il ronflait encore alors j'avais décidé de lui rendre sa gentillesse en l'allongeant dans le canapé. Avec mes petits bras, j'avais encore de la force mine de rien même s'il pesait son poids l'animal. Après avoir constaté qu'il m'avait mit un bandage à l'épaule et quelques pansements sur la joue, je regardais l'état de sa baraque car il me semblait que c'était vraiment chez lui. Mais franchement, niveau ménage ce n'était pas ça du tout. "Attends tu vas quand même pas..." Et pourquoi j'aurai pas le droit ? J'attrapais un balais et j'ai commencé à faire un brin de ménage. L'homme aux cheveux rouges ressemblant à un cow-boy avec son chapeau, m'avait généreusement pansé les plaies alors pour moi ça semblait logique de lui rendre la pareille. Le lendemain matin, son café était prêt, sa vaisselle était faite, tout était propre et son petit déjeuné l'attendait sur la table du salon. Je lisais son journal pendant qu'il se réveillait. Par contre, je ne l'avais pas mis en pyjama... Je me sentais déjà assez gênée comme ça qu'il m'ait transformé en licorne avec ce kigurumi. Pourquoi ou comment possédait-il un pyjama à ma taille ? Franchement, la question ne se posait pas. Il devait posséder une fille ou une soeur de mon âge, cela ne faisait aucun doute rapport aux photos que j'avais vu ici et là. Mais apparemment la demoiselle n'était pas rentrée depuis un petit moment. "Oh bah merde, si on m'avait dit ça un jour ?! Qu'est-ce qui s'est passé ici ?! Lili est rentrée ? Ah..." L'homme de la quarantaine était apparemment surpris de voir sa maison propre. J'en déduisais que Lili devait être le prénom de la demoiselle sur les photos. "Désolée... je me suis permis de vous rendre la pareille. Merci pour les pansements et la nuit passée au chaud."  Il ne savait pas quoi répondre.

Mais au final, nous avons vite fais connaissance. L'homme était un mage de Fairy Tail... encore un avec qui je discutais. Mais cette fois-ci, il semblait accroché à l'idée que je ne retournerais pas vivre dans la rue. Il m'offrait de me loger quelques temps et apparemment, il savait que je possédais une magie, va-t-en savoir comment ? Je n'en sais rien. Bref. Au fil de la conversation, le cow-boy s'était renseigné et il finissait par me convaincre de lui parler de moi. Sur le moment, j'ai grave hésité, puis j'ai craqué. Après tout, il fallait vraiment que je me sorte de cette histoire, ça ne pouvait plus durer. Les rues sont vraiment dangereuses la nuit si on ne fait pas attention. "Je euh... c'est vrai, je suis mage. J'osais pas vraiment postuler à Fairy Tail, j'ai pas vraiment confiance en moi à cause de ma magie, tu vois elle est un peu bizarre pour les gens. J'invoque des yokai qui peuvent prendre ou donner de la douleur aux gens." L'homme prenait le café, le buvait avec le sourire aux lèvres et se levait si tôt après. "Allez viens ! On va aller leur parler." J'ai fais les gros yeux, il entourait mes épaules de son gros bras et il voulait que je sorte dans cette tenue ?! Lorsque je lui ai fais la remarque, il m'a aussitôt dit que mes vêtements étaient vraiment trop crades et que je ne pouvais pas rester là-dedans au moins le jour de mon entretien. Je suis pas sûre que ce soit tout aussi bien de faire ça en pyjama mais bon, je lui ai obéi et je suis sortie dans la rue et cette tenue. Je n'avais pas le choix, mon sac de fringues était caché dans la ville à l'abri des voleurs, mais il était aussi surtout plus loin que la guilde. Nous n'allions pas faire un détour pour rien.

Donc il m'a amené là-bas en me chaperonnant. Il discutait avec les premiers arrivés, Happy, Natsu, Mirajane, Erza, Grey... Fred le cow-boy me présentait aux autres qui arrivaient tous bien vite et j'ai officiellement fait mon admission grâce à lui. Au tout début, j'étais vraiment timide, je commençais tout juste à reprendre confiance en moi et il était difficile de parler à tout le monde.

Puis les Grands Jeux Magiques sont arrivés courant Juillet-Août et à ce moment-là, Fairy Tail était très avec les entraînements intensifs en groupes. De mon côté je travaillais d'arrache-pied en tant que femme de ménage à Fairy Hills et de temps en temps je faisais des missions avec Fuyumi. Il était clair que je n'étais pas au niveau pour participer aux GJM. C'est donc en tant qu'invitée que j'ai regardé les jeux sur les gradins. Honnêtement, c'était génial, ils ont difficilement battu Lion Heart mais ils sont parvenus à gagner haut la main. J'étais vraiment fière d'avoir choisi cette guilde et en plus, ça m'avait permis d'apprendre à connaître chacun d'entre eux. Fuyumi voulait désespérément parler au chat, elle l'adorait, elle le voulait rien que pour elle mais il semblait être vraiment plus proche du dragon slayer aux cheveux roses. Ma soeur jumelle commençait à vraiment regretter d'être un fantôme à ce moment-là, elle s'accrochait de plus en plus à la vie et à moi. Honnêtement j'avais le sourire aux lèvres en la voyant comme ça, mais je ne pouvais pas m'imaginer à quel point elle devait se sentir opprimée ou seule de son côté de la barrière. Tiens, en parlant de cela, c'est dommage que Fuyumi n'ait pas pu rejoindre la guilde. Mais bon, cela se saurait si le tampon de l'emblème marchait sur les fantômes. La pauvre, elle ne possède de toute façon aucune magie. Mais elle n'est pas seule et elle ne le sera jamais, je suis avec ma soeur et nous sommes inséparables. Quelque part, elle a beau être de l'autre côté, pour moi elle fait partie intégrante de la guilde même si personne ne le sait vraiment.


x789 : Nous sommes en Mai. Voilà dix mois que je vis dans la guilde et que tout se passe pour le mieux, mais à vrai dire, je n'avais pas vraiment remarqué l'absence de notre Master Kamiko, il faut dire qu'elle était moins présente avant et que j'étais trop timide pour lui parler. Du coup je ne la connaissais pas bien. Depuis mon admission à la guilde, il n'y a pas eu trop d'embûches pour moi. En fait, j'essayais juste de vivre, de m'intégrer, de me sentir à l'aise et de me faire discrète. J'avais complètement réussi à faire oublier que j'étais la fille d'un directeur d'hôpital, et ma réputation de la "Yokai Hime" avait elle aussi disparu. Mon passé de Shirotsume était enterré. Malheureusement, cette année je n'ai pas pu assister ni à mon premier Bal de Blue Pegasus, ni aux autres festivités du coin. J'avais justement beaucoup trop pris de missions pour me fondre le plus possible dans la masse des fées et cela m'avait un peu empêché de profiter du bon temps. Ce n'est pas grave, j'ai les autres années pour ce faire. Mais pour en revenir au Master Kamiko, il me semblait étrange que tout ne monde ne s'inquiète de sa disparition que quelques mois après. Puis une chose en entraînant une autre dans la conversation, quelqu'un de la guilde se proposa aussitôt de la remplacer. Personne ne refusait qu'elle soit leur nouveau chef et je ne pouvais qu'applaudir ce rang en espérant faire plus ample connaissance avec elle. Je ne la connaissais pas bien mais j'imaginais que si on l'acceptait aussi facilement en ce rang si important, c'est que quelque part elle devait être quelqu'un de fiable et de fort.

Les mois ont passé, tout s'est déroulé dans le calme absolu jusqu'à Octobre. Quand les choses ont éclaté, je n'ai pas pris part à cette guerre ou du moins pas au début. Mais si tu sais, ce bordel qu'il y a eu avec la Brigade bizarre, là ! Tous les journaux en parlent, enfin en particulier le Weekly Sorcerer. J'ai la sensation qu'on a pas fini d'entendre parler d'eux et qu'ils vont continuer à détruire plein de lieux comme cette partie de Magnolia que l'on met tout juste en rénovations. Je me demande s'ils vont s'en prendre à nous tous jusqu'à la mort en fait et j'ai vraiment peur de tout perdre. Comme vous pouvez vous en douter, je n'ai fais que lire les journaux sur cette première partie de guerre, hé oui malheureusement j'avais trop de travail ces derniers temps entre les missions et le ménage à Fairy Hills. Bah quoi, c'est qu'il est grand et dur à entretenir ce bâtiment ! Mais bon, si je n'ai pas pu assister la guilde ni la ville pour les aider, c'est maintenant chose réglée. Je suis de nouveau disponible et je vais pouvoir les aider maintenant.

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MessageSujet: Re: Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou ! Ven 12 Jan - 14:53

Fiche terminée, en vous souhaitant une agréable lecture. Prenez le temps qu'il vous faudra et désolée pour le gros pavé. ^^'

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MessageSujet: Re: Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou !

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Fearītēru wa watashitachi no kazoku desu kara, watashitachi no kazoku o mamorou !

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