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 Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake]

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MessageSujet: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Dim 28 Aoû 2016 - 20:55

Rappel de la quête pour MH :
Spoiler:
 

Rappel de la quête pour SF :
Spoiler:
 

Autre : Le Comte parle en violet ; les soldats en bleu foncé ; le cocher en orange.


Aujourd'hui c'était le grand jour ! Notre jeune sirène allait effectuer une quête Expert et accompagner le Comte de la Fère de Selesnya jusqu'à Crocus. Elle n'en était pas à sa première quête, mais comme à chaque fois, elle était sur-excitée. Le comte qu'elle devait escorter venait en aide au conseil magique en subventionnant des actions à l'encontre de la célèbre Guilde Noire Silver Fang. Bref, c'était un riche qui était bien utile et qu'il fallait donc protéger en cas de danger. Et du danger, il y en aurait forcément, mais Nanako y était préparée.

Elle avait rendez-vous d'ici deux heures juste devant le château des sirènes, ce qui était plutôt pratique il faut bien l'avouer. Le voyage se déroulerait sur deux ou trois jours si tout ce passait bien. Elle allait pouvoir quitter le quartier général et respirer un peu. Elle chérissait son foyer et ses sœurs, mais il faut bien l'avouer, elle ne pouvait pas être tranquille bien longtemps au château. Voilà pourquoi cette quête tombait à pique !

Sifflotant un air enjoué, la jeune femme commença à se préparer en attendant l'arrivée du comte. Une fois lavée et habillée, elle décida de faire un tour à la cuisine pour grignoter quelque chose avant le départ. A une heure aussi matinale, il n'y avait pas grand monde dans les salles. Nanako termina son petit-déjeuner puis emprunta le hall principal et vint s'assoir sur le petit pont en bois qui surplombait la rivière. Plongeant sa main gantée dans la poche de son blouson en cuir, elle en sortit un paquet de cigarette tout corné. A l'intérieur, il n'en restait plus qu'une. Fort heureusement, Nana avait pensé à faire le plein avant de commencer cette nouvelle mission. C'est donc sans regret qu'elle alluma sa cigarette et qu'elle rejeta la fumée au dessus d'elle.

Lorsque la diligence fit son apparition devant la Guilde Mermaid Heel, Nanako était allongée sur le pont, la musique dans les oreilles. Elle entendit néanmoins les roues du véhicule sur les pavés et se redressa automatiquement. Elle retira son casque et s'avança vers les soldats qui faisaient barrière avec la diligence.


- Vous êtes Nanako Takeda de Mermaid Heel ? C'est bien vous qui escortez le Comte de la Fère jusqu'à Crocus ?
- C'est bien moi. Et vous vous êtes des soldats de Selesnya. Dois-je comprendre que vous allez nous accompagner ?
- Nous avons été sollicité pour, Mademoiselle.
- Très bien ! Plus on est de fous et plus on rit ! Puis-je voir le Comte ?

Les soldats s'écartèrent pour laisser Nanako s'approcher du véhicule. L'un d'eux ouvrit la portière, et notre sirène fit un signe de main grossier en guise de salutation.

- Comte, je suis enchantée de vous rencontrer. C'est pour moi un immense honneur que de vous escorter jusqu'au conseil magique.

Le comte hocha la tête d'un air impassible avant de baisser les yeux sur sa tenue vestimentaire. Il s'était probablement attendu à un mage ayant une apparence plus... sobre. Il faut dire qu'elle y était allée un peu fort ! En effet, Nana avait opté pour une brassière rose bonbon, un short noir et des bas résilles dépareillés. Sans oublier ses bottes favorites à talons métalliques! Mais les apparences étaient parfois trompeuses et il préféra ne rien dire à ce sujet. Cette jeune fille connaissait l'importance de ce voyage et ce qu'ils risquaient tous en agissant contre SF. Du moment qu'elle faisait correctement son job, c'était l'essentiel. Le Comte reporta alors son regard sur son visage avant de daigner lui sourire.

- Je vous remercie, Mlle Takeda. Comme vous l'avez constaté, j'ai engagé quelques soldats au sein de votre ville pour nous accompagner, juste au cas où il y aurait une attaque... avec vous à nos côtés, ainsi que l'autre mage, tout devrait se passer pour le mieux.
- Je suis d'accord avec vous, Comte. Quand partons-nous ? dit-elle en posant ses mains sur ses hanches.
- Le second mage ne devrait plus tarder à présent.

Nanako hocha la tête avant de s'éloigner de la diligence. Elle avait bien le temps pour une dernière cigarette pensa t'-elle en fixant les nuages dans le ciel.

- Puis-je mettre vos bagages avec les autres ? demanda alors le cocher.
- Oui ce serait gentil à vous ! répondit la sirène en lui tendant son sac à dos.
- Vous n'avez pris que ça ?
- Nous ne partons pas bien longtemps vous savez... pour trois jours ce sera amplement suffisant.
- Je connais des femmes bien plus coquettes. dit-il en rigolant gentiment.
- Ne m'en parlez pas ! Il y en a tout un tas dans ce château !

Notre sirène rigola à son tour avant de laisser le cocher mettre son sac avec les autres, sur le toit de la diligence, bien ficelé pour ne pas qu'il tombe.

Si elle avait bien compris, les soldats les suivraient à cheval. Au total, il y en avait cinq. Du coup, il restait une place à côté du cocher et encore trois autres dans la diligence. Le simple fait de devoir passer des heures en tête à tête avec le Comte ne l'enchantait pas plus que ça... peut-être pourrait-elle laisser sa place à l'autre mage ? D'ailleurs en parlant du loup... elle aperçue une silhouette se diriger vers eux. C'était probablement le mage. Était-ce une femme ou un homme ? Etait-il puissant ? A quelle Guilde appartenait-il ? Nanako ne tenait plus en place! Elle avait hâte de découvrir le visage de son coéquipier et de prendre la route.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Mer 31 Aoû 2016 - 13:22

Se frottant le menton, Nathaniel devait avouer une chose : il était perplexe. Non pas que le tableau de quêtes situé au Silver Den, à Bosco, était particulièrement incompréhensible : au contraire, il ressemblait étrangement aux tableaux de quêtes que le bouffon avait pu voir à peu près partout sur Fiore, de l’époque où il n’était encore qu’un mage solitaire bien loin de son foyer … Et c’était bien là tout le mystère qui complexait à ce point le mage noire. A quoi bon finalement verser dans l’illégalité, le banditisme voir même le terrorisme si au final, c’était pour se trouver un boulot exactement de la même façon : en répondant aux petites annonces ? Aaaaah, tant de détails techniques si étranges … Tout comme les quêtes en elle-même, quelque part. Comme celle-ci. « « Purger » un immeuble faussement désaffecté à crocus de ses occupants, qui nous grignotent du terrain dans le domaine de la contrefaçon de lacryma sur ce secteur. » Le fait que le terme purger soit entres guillemets, en soit, était déjà quelque chose : l’idée de faire un massacre chez des gens qui représentaient une concurrence (certes illégale mais même pas vraiment déloyale) pour Silver Fang pour cette seule et unique raison semblait … peut-être un peu abusif. Il aurait probablement suffi de juste leur dire de dégager, ou de leur faire comprendre qu’ils devaient reverser leurs intérêts à la guilde noire, non ? Et celle-ci : assassiner un comte qui finançait des actions du conseil contre la guilde noire n°1 du pays, voir du continent … Il pouvait bien donner son argent à qui il voulait ce brave homme, non ? Enfin, remarque, non : plus il payait de formations de soldats runiques, de réunions idiotes du conseil et de mesures de sécurité, et moins le climat du pays devenait sain pour les malhonnêtes gens. Amusé par la perspective de faire exactement l’inverse de ce qui lui avait à une époque permit de rentrer dans la guilde, le jeune homme arracha l’affiche, en lut les petits caractères, et soupira … Et aller, maintenant il fallait se remettre en route pour Fiore. Heureusement, Selesnya était loin d’être la ville la plus lointaine sur laquelle il aurait pu tomber.

* *
*

Contrairement à ce qu’on pourrait croire en lisant les romans de « grands aventuriers » et autres bêtises, être assassin, c’est tout un travail. Et pas « juste » le travail qui consiste à laisser un cadavre bien frais quelque part et s’en aller sans demander son reste. Ceux qui ne voient que cela sont soit des adolescents en manque d’anti-héros à aduler, soit des amateurs qui ne connaissent pas encore les ficelles, et n’auront pour la plupart jamais l’occasion de les apprendre. Nathaniel, lui, au contraire, avait pleinement eu l’occasion d’apprendre nombre de ces « ficelles » si simples, et pourtant, si utiles. L’une des plus importantes (on aurait même pu parler de corde, ici) était commune à tant de domaines qu’il semblait presque insultant de la rappeler, et pourtant … « Le savoir, c’est le pouvoir. » Ca ne voulait certes pas dire que juste en connaissant sa cible, on obtenait subitement une magie surpuissante pour la désintégrer, mais … Quelque part, l’effet final était le même. C’était donc ainsi que Nath’ avait employé quelques heures de son temps à obtenir divers renseignements sur le comte, par des biais divers, variés et plus ou moins louables. Montant un véritable petit dossier sur sa cible, il avait donc appris les choses suivantes :
- Le comte était le dernier d’une fratrie de 3, mais ses deux frères et ses parents avaient étés tués lors d’un affrontement entre légaux et mages noirs, le laissant seul hériter de la fortune familiale, qu’il avait employé tout son talent à faire fructifier. Sur ce point-là, c’était une réussite : au point qu’il pouvait désormais se permettre de verser des sommes coquettes au conseil « pour éviter la tragédie qu’il avait subi ». L’histoire officielle ne mentionne cependant probablement pas sa tendance à faire d’une pierre deux coups en ayant la possibilité de faire quelques petits trafics « sous la table » grâce à ces pots-de-vin officiels, dont l’entièreté n’allait pas vraiment dans les caisses du département de lutte anti mages noirs.
- Veuf, le comte a une fille, adolescente, qu’il compte probablement marier dès qu’il lui aura trouvé un parti profitable. En attendant, il la garde chez lui, lui paie de bons précepteurs pour qu’elle reçoive une éducation appropriée à son rang, et comme lui n’a probablement pas le temps entre deux affaires pour se remarier, il visite les bordels. La prostitué qui fila ce filon à Nathaniel lui signala au passage qu’il était le bienvenu dès qu’il aurait besoin de « tirer sa crampe » : il refusa avec une démonstration de politesse si époustouflante que la fille de joie n’eut même pas le temps de répondre avant qu’il ait disparu.
- « Prudent », mais négligeant, l’homme n’était pas extrêmement regardant vis-à-vis de qui il embauchait pour un certain nombre de ses « petites affaires ». Et en outre, il ne s’encombrait pas forcément de remplir tous les papiers officiels pour certains des contrats qu’il faisait signer : en somme, il embauchait « au noir », lorsqu’il en avait l’occasion … sans être vraiment inquiété des potentielles retombées. Le terme avait un petit quelque chose d’amusant … Une ironie grinçante par rapport à ce qui allait se passer, sûrement.
- Dernier point et non des moindres : Dans ses communications récentes, il parlait de se rendre à Crocus pour aller y signer un nouveau contrat. Le contrat en lui-même n’avait rien d’intéressant … Si ce n’était le fait qu’il quitterait son hôtel privé surprotégé le temps du voyage. Sans trop de réflexion, on pouvait donc considérer que c’était à ce moment-là qu’il faudrait frapper. Vraiment, cet affaire avait un côté délicieux … L’ironie particulièrement grinçante dans laquelle elle allait baigner.

Ainsi, ayant fait bon usage de toutes les précieuses informations qu’il avait récolté, le jeune dément s’était présenté dans la taverne de Selesnya, précisément au moment où l’homme de main du comte était venu pour accrocher au tableau des quêtes pour mages solitaires celle de son escorte. Autant dire que peu avaient eu l’occasion de la lire donc : le bouffon l’avait presque tout de suite arraché et empoché, et s’était même permit de faire un petit signe au serf pour lui dire que le comte venait de se trouver un nouveau garde du corps compétent et professionnel. Bon, en réalité, il l’avait pris par les épaules pour le conduire à l’extérieur et lui sortir une réplique bien plus longue, mais peut-on vraiment chasser le naturel bien longtemps ? Déjà qu’il avait fait l’effort de ne pas en faire profiter absolument toute l’assemblée …

Et trois jours plus tard, soit le matin du départ, le bouffon s’était préparé avec une certaine minutie. Dans la petite chambre d’hôtel où il résidait, il avait vérifié une dernière fois le contenu de son « sac de voyage », et un sourire large était venu illuminer son visage au fur et à mesure. Des couteaux de lancer : une dizaine, des fois qu’il en ai vraiment besoin d’un grand nombre. Deux poignards, qu’il accrocherait à sa ceinture, sous son manteau : les gardes renforcées qui permettaient de donner des coups de poing avec étaient particulièrement pratique … Et il adorait ces armes. Un arc et quelques flèches : loin d’être du niveau de celui qu’il utilisait d’habitude, mais … « celui de d’habitude » avait été vu lors d’un braquage de banque d’importance à Crocus : autant ne pas prendre inutilement le risque d’être reconnu. Pour le reste, bien entendu, des provisions, de quoi faire les premiers soins, et un petit volume histoire de s’occuper l’esprit durant le voyage.

Plaçant, comme à son habitude, son sac en bandoulière, Nath’ parti donc d’un pas peu pressé vers … … Ce n’est qu’en arrivant dans la rue qu’il réalisa qu’il en avait pour 20 bonnes minutes de marche à pied pour se rendre jusqu’au château des sirènes, de son auberge. Hors de question de surfer sur des couteaux pour aller plus vite : il n’était pas vraiment dans un contexte le permettant … Et il n’en avait également aucune envie. Bah … tant pis, il serait en retard d’une minute ou deux. Courant donc comme un enfant insouciant particulièrement âgé dans les rues de Selesnya, le mage noir coupa par les ruelles, sauta les barrières, bondit entre les passants et coupa le passage à juste ce qu’il faut de carrosses et de carrioles pour arriver presque à l’heure au point de rendez-vous, où l’attendaient déjà … Tiens, il y avait un peu plus de monde que prévu. Un cocher, qui ne serait pas un danger. 5 gardes montés, qui ne seraient qu’un danger mineur s’il fallait les confronter : ils devaient être de la ville … Le mage noir ne savait pas qu’ils avaient autorisation de faire ce genre d’escortes. Et enfin, une demoiselle, que le bouffon des aiguilles identifia tout de suite comme mage. Ce n’était pas vraiment comme si elle était en train de faire des éclairs avec ses doigts ou quelque chose de ce genre, mais … Soyons franc : à part un ou une magicienne, personne ne porte ce genre de tenue dans la vie de tous les jours, et à tous les coups, elle n’avait rien à avoir avec le comte en lui-même … Ou alors, il se montrait particulièrement laxiste vis-à-vis de son héritière, ce qui ne semblait pas le genre du personnage. Non, clairement, à part une autre magicienne embauchée pour effectuer le même travail que lui … En prime, ils se trouvaient juste devant le château des sirènes : le nombre de coïncidences était bien trop élevé pour qu’elles en soient réellement.

Bonjour ! S’arrêtant finalement de courir à l’approche du carrosse et pilant non loin devant ce dernier, il fit une petite révérence aux personnes présentes, mimant même d’ôter un couvre-chef qu’il ne portait pas le moins du monde.Nathaniel Mandrake, mage solitaire. C’est bien le convoi du comte de la Fère ?
C’est bien cela. Vous êtes un peu en retard.
Vous n’allez pas le croire, mais j’ai été la victime d’un incident logistique des plus cocasse : le moyen de transport supposé me convoyer jusqu’ici ce matin s’est révélé être bien moins réactif et véloce que désiré, d’où ce malencontreux petit écart dans le planning initial.
… Hein ?
Ricanant d’un air léger alors qu’il faisait le tour du véhicule, le jeune dément se présenta à l’une des portes de ce dernier. Je n’ai pas couru assez vite. Je suppose que le comte est dans le carrosse ?
En effet … Monsieur Mandrake, avez-vous dit ?
C’est bien cela, pour un voyage jusqu’à Crocus ~ Cela tombe bien, j’y avais justement une affaire à régler !
Vous m’en voyez ravi … répondit-il d’un air qui laissait comprendre l’exact contraire. Je suppose que nous pouvons partir sur le champ ?
Si fait. J’aurais juste une question, si vous me le permettez.
Oui ?
Pas la peine de tirer cette tête, ce n’est pas à propos de la rémunération ! Je plaisante, je plaisante ~ Non, j’étais curieux ! Je peux identifier un conducteur de véhicule comme celui dans lequel vous êtes assis, de même que des gardes de la ville vu leur uniforme, mais … Qui est cette charmante demoiselle qui se tient sur le siège à côté du conducteur de votre carrosse ?

Adressant, en réalité, autant la question au comte qu’à la demoiselle sus-citée, le bouffon se tourna vers elle, lui décochant un de ses trop nombreux sourires. Etait-ce le soleil ? Le mois de mai ? La perspective d’un petit contrat facile ? Il avait l’air particulièrement joyeux. Peut-être était-il toujours comme cela. Ou peut-être ne l’était-il presque jamais, et tout ceci n’était qu’une étrange mascarade.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Sam 3 Sep 2016 - 14:22

Quelques minutes s'écoulèrent avant que le retardataire entre en scène. Nanako s'était finalement installée aux côtés du cocher, profitant des rayons du soleil sur sa peau blanche. Elle ne prit pas la peine de bavarder avec son voisin, préférant de loin profiter de l'attente pour faire une petite sieste.

Elle rouvrit bien vite les yeux quand elle entendit la voix du mage qui venait tout juste d'arriver. Elle lâcha un long soupir, légèrement énervée d'avoir attendu. Si elle avait su, elle ne se serait pas levée aussi tôt ! Elle qui était difficile à réveiller, elle avait lutté pour s'extirper hors des draps. D'humeur boudeuse, Nana croisa les bras contre sa poitrine en grommelant. Elle voulait prendre la route maintenant ! Qui donc pouvait-être ce mage qui montrait si peu de professionnalisme dès le premier jour ? Notre sirène tendit l'oreille et l'écouta discuter avec les soldats et le comte. Elle esquissa un petit sourire... cela semblait être un beau-parleur ! Et il faut bien l'avouer, elle avait horreur de ça. Nathaniel Mandrake avait-il dit... elle ferait mieux de retenir son nom, car elle allait devoir se le coltiner pendant quelques jours !

La jeune femme commençait tout juste à se désintéresser de leur conversation, jusqu'à ce qu'elle change de tournure...


- Qui est cette charmante demoiselle qui se tient sur le siège à côté du conducteur de votre carrosse ?

Il était clair qu'au ton de sa voix, la question était autant adressée au comte qu'à elle. La sirène se redressa lentement, lâchant un énième soupir. Et voilà c'était l'heure des présentations... se débarrassant de sa veste en cuir, elle sauta de la diligence et releva la tête vers son interlocuteur.

Le jeune homme la regardait avec un sourire, sourire qui la déstabilisa quelque peu. Le mage était plutôt maigrichon, de taille moyenne et ayant une peau tout aussi pâle que la sienne. Elle remarqua aussitôt ses cheveux verts aux pointes noires, couleur qu'elle n'appréciait pas forcément mais qui lui allait étonnement bien. Il n'était pas très impressionnant, mais ses yeux dorés laissaient percevoir quelque chose de spécial, d'indéchiffrable, ce qui captiva tout de suite notre magicienne. Elle ne pu s'empêcher de jeter un coup d’œil à ses cicatrices apparentes, traces d'un passé plus ou moins proche, plus ou moins mouvementé.

S'avançant vers Nathaniel Mandrake, Nana sentit son cœur accélérer. Elle s'arrêta en face de lui, et prit sur elle pour ouvrir la bouche et lui répondre.


- Nanako Takeda, de Mermaid Heel. Je dirai bien que je suis enchantée de te rencontrer, mais ce serait faux. On t'attend depuis un moment, et je suis tout sauf une "charmante demoiselle". dit-elle d'un ton neutre.

Par chance, Nana ne laissa rien paraître de son état. Elle ne comprenait pas bien ce qui lui prenait tout à coup, et elle détestait perdre le contrôle de son corps. Elle préféra donc jouer la carte de l'indifférence. Nana n'était pas connue pour sa gentillesse et sa politesse. Elle allait toujours droit au but, et se préoccupait rarement de ce que pouvait penser les gens d'elle. Alors pourquoi cela serait-il différent avec ce type ?


- Maintenant que les présentations sont faites, peut-être pourrions nous y aller ! marmonna le comte.

Levant les yeux vers le ciel qui commençait déjà à virer au gris, Nana hocha la tête avant d'ouvrir la portière et de grimper à l'intérieur. Elle en profita pour rejeter une de ses tresses bleues dans son dos, fouettant légèrement Nathaniel au passage. Le pauvre n'avait rien fait de mal, mais le simple fait qu'il parvienne à la déstabiliser la poussait à agir ainsi. Car oui, elle lui en voulait.


- Nathaniel, que faites-vous ? Vous montez à l'avant ou avec nous ? Nous ne nous arrêterons pas avant deux ou trois heures de route.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 5 Sep 2016 - 10:43

S’il pouvait dire quelque chose à propos de cette jeune demoiselle qu’il n’avait, au final, que pu voir brièvement au moment où il avait terminé sa petite course à pied pour se rapprocher du carrosse, c’est qu’elle avait son petit caractère et qu’il semblait bien trempé. Et un sacré ensemble, aussi ! Même si à la réflexion, le terme « sacré » semblait aux antipodes de tout qualificatif pertinent pour sa tenue. En tout cas, sa réponse ne fit qu’élargir le sourire du bouffon, qui pouffa même un peu dans sa main en secouant très légèrement la tête, presque honnêtement amusé par une telle répartie. Cependant, le fait qu’il essuie, l’instant d’après, une attaque en traître (un coup de natte en pleine tête, rien que cela !) le calma légèrement, et il se contenta de soupirer pour parfaitement retrouver son calme avant de soupeser son sac. Il n’était ni particulièrement encombrant, ni très lourd dans la mesure où le dément pouvait magiquement soulever les lames qui étaient à l’intérieur, le rendant bien plus léger que ce qu’on aurait pu croire vu son contenu : il décida donc de le garder en haussant les épaules. Le cocher ne semblait pas particulièrement dérangé par cette décision : il n’aurait rien de plus à accrocher de plus au toit du véhicule. Se tournant donc de nouveau vers le comte, le bouffon se massa l’arrière du crâne à sa question, tirant une petite moue contrariée.

Je vous avoue ne pas trop savoir … En temps normal, pour une escorte, je ne prône pas l’idée de tous se regrouper au même endroit, et encore moins à l’intérieur, mais … D’un autre côté, vu qu’il y a de nombreux gardes à l’extérieur, et pas trop de place à part à côté du cocher, ce que je ne trouve pas forcément être un poste d’observation idéal … Bah. Je suppose que je vous accompagnerais bien au moins jusqu’à la prochaine pause : si j’en indispose trop certains, je bougerais ~

La petite pique était adressée directement à la jeune femme à la chevelure bleue, même si le bouffon des aiguilles n’avait pas poussé le vice jusqu’à dire « certaines » histoire de ne pas la contrarier. Faisant passer le sac qu’il portait donc en bandoulière devant lui, le jeune dément s’appuya sur le marchepied en s’accrochant d’une main à la petite rambarde à l’intérieur de la porte, et se hissa dans le véhicule sans grand effort. Là, un choix fatidique s’imposa à lui : de quel côté devait-il s’asseoir ? à côté du comte à l’air antipathique et passablement fatigué, ou de la jeune fille qui tentait visiblement de lui faire sentir à quel point elle était peu enchantée (tant mieux cela dit, pour une mage) de le rencontrer ? L’un dans l’autre … Son client avait l’air d’être le plus loquace, et s’il devait lui faire la conversation, Nath’ préférait l’avoir en face de lui. En prime, il était aussi bien plus gros que Nanako, et occupait donc plus de place sur la banquette, et enfin pour finir, il n’avait de toute manière pas l’air de vouloir la moindre trace de compagnie. Or, n’en déplaise à sa collègue, c’était lui qui payait la mission que le loup feintait d’exécuter : c’était donc lui qu’il fallait chercher avant tout à satisfaire … même si ce n’était pas particulièrement plaisant. Posant donc son derrière sur le siège rembourré en cuir du carrosse, le mage noir se pencha en avant afin de saisir la poignée de la porte pour la tirer et la refermer, et croisa doucement les mains derrière la tête avec une certaine nonchalance, sans se départir de son sourire, et en veillant bien entendu à ne pas envoyer son coude dans l’œil de sa voisine, qui ne l’aurait assurément pas pris comme un geste affectueux.

Paré et prêt à larguer les amarres, mon cher monsieur de la Fère.
Parfait. Le ton était toujours aussi froid, mais au moins le visage du client semblait-il empreint d’un semblant de satisfaction lorsqu’il passa la tête par la fenêtre. Cocher ? Nous pouvons partir.

Le véhicule se mit presque aussitôt en branle, et au dehors, les sabots des chevaux se mirent à claquer sur le pavé de la ville des sirènes avec un rythme relativement régulier, à une allure pour l’instant relativement calme : après tout, ils étaient encore en milieu urbain, nul besoin de renverser quelqu’un par erreur. Nul doute cependant que l’attelage et les montures passeraient probablement bientôt à une cadence plus rapide, soit certainement un trot, histoire de ne pas trop prolonger la durée du voyage. Soupirant d’aisance, le comte se mit à trafiquer quelque chose au niveau de sa ceinture … Avant de finalement en décrocher le fourreau d’une rapière que le bouffon se sentit honteux de n’avoir remarqué plus tôt. Soupirant doucement, le noble la déposa à côté de lui, sur le siège, avant de croiser les bras sur son torse et de croiser les jambes devant lui en les étendant. Les aurait-il eu moins courtes, Nath’ ou Nanako auraient étés obligés de décaler les leurs : ici, ils devaient juste rester les pieds collés à leur banquette … Ou aller sur les côtés. Frottant avec douceur son menton imberbe, Nathaniel pencha la tête sur le côté, ses yeux rivés sur l’arme d’estoc. Le fourreau était sobrement décoré, de même que la garde, qui était cependant ornée d’une pierre précieuse et finement ciselée. Même si elle ne devait pas servir souvent, elle semblait en excellent état, ce qui laissait à supposer que son propriétaire la passait souvent à sa ceinture … Restait juste à avoir l’état de la lame.

Jolie arme.
Oui, c’est un cadeau d’un bon ami … Elle est cependant beaucoup plus là pour l’apparat que pour servir réellement, bien sûr.
C’est tout à fait logique … Et, si je puis me permettre : vous devez savoir vous en servir, n’est-ce pas ?
C’est une drôle de question … Mais oui, j’ai eu des cours d’escrime, dans ma jeunesse … Je n’ai pas pratiqué depuis un certain temps, cependant.
Si vous avez besoin d’un partenaire d’entraînement, lors d’une de étapes de pause … Je ne me balade pas avec une épée, mais si l’un des gardes consent à me prêter la sienne, je serais heureux de faire une ou deux joutes amicales avec vous.
Le compte, qui avait fermé les yeux, les rouvrit : il semblait à la fois fatigué, étonné, et un peu irrité. Son ton resta cependant calme lorsqu’il répliqua de manière sèche : Ma foi, si l’idée me paraît quelque peu saugrenue, elle ne manque pas forcément d’intérêt … Nous verrons cela, je suppose. En attendant, j’ai eu une nuit particulièrement courte - Cette phrase fit sourire le bouffon, qui savait parfaitement jusqu’où il était resté jusqu’au petit matin - aussi avais-je l’intention de me reposer durant le voyage. Si cela ne vous dérange pas – cette tournure de phrase n’était clairement qu’une manière d’annoncer « poliment » la suite -je vais me reposer jusqu’à ce midi, je pense … Je vous saurais gré de faire le moins de bruit possible jusque-là, mais je suppose que vous vous en doutiez … à tout à l’heure.

Le loup s’abstint de commenter la directive ou même de lui souhaiter un repos réparateur, voyant le noble bailler une dernière fois avant de presque aussitôt se mettre à piquer du nez. Clairement, même s’il en était bien loin, il se sentait chez lui, et n’hésitait pas à avoir le comportement de circonstance, même si c’était assez fondamentalement énervant. Imitant sa pose, le bouffon croisa également les bras sur son torse et déplia ses jambes devant lui pour mettre l’une sur l’autre, se préparant mentalement pour 3 heures qu’il passerait probablement à ne rien faire. Lâchant un soupire, il laissa en revanche sa tête partir en arrière, observant le plafond de bois à peine décoré. En moins d’une minute, la respiration lente et légèrement sifflante du comte indiquait qu’il s’était abandonné au sommeil. Le loup aux crocs d’argents laissa un sourire en coin naitre sur son visage, et jeta un petit regard en coin à sa voisine avec ses yeux dorés. Définitivement, il n’aurait pas songé que des cheveux d’une couleur si vive et qu’on laissait pousser jusqu’à une telle longueur pourraient aussi bien s’accorder à une silhouette telle que la sienne, mais après tout, il n’était pas particulièrement féru des problèmes de la mode : lui-même n’était-il pas un excentrique, à ce niveau ? Se remettant à parler, il prit bien garde de le faire à un volume modéré, ce qui n’était pas dérangeant en milieux clos, plutôt silencieux, et à cette distance.

Tu sais, j’employais surtout le mot « charmante » pour parler du physique, mais si tu y tiens tant que ça, je peux aussi t’appeler « charmante peste », la prochaine fois ~ Et sinon, plus sérieusement … Si toi aussi tu as eu trop peu d’heures de sommeil, tu as le droit de te reposer un peu : je peux parfaitement garder les yeux ouverts pour deux, sans parler des gardes dehors. Sinon, si tu as une idée pour t’occuper … Je n’ai qu’un roman et un jeu de cartes qui pourraient aider, sur moi. Bon, la banquette n’est pas extrêmement large, mais pour faire une bataille, elle devrait suffire … A moins que tu ne sois plus intéressée par un poker, mais je n’ai pas de jetons. Sinon, si tu as envie de connaître les pérégrinations et questions existentielles d’un assassin qui doit tuer son meilleur ami …

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 5 Sep 2016 - 19:37

Alors que Nanako était en train de bouder dans le carrosse, elle pria intérieurement pour que Nathaniel aille s’installer à l’avant avec le cocher. Et puis s’il se mettait à pleuvoir, tant pis pour lui ! Elle l’écouta de nouveau discuter avec le comte de la Fère, comme quoi il serait plus judicieux pour une escorte de se répartir plutôt que de se regrouper tous à l’intérieur… il n’avait pas tort, mais ce n’est pas elle qui s’y collerait ! Et m*rde il venait de choisir de monter avec eux… Elle avait bien compris que sa dernière phrase lui était clairement adressée, mais elle ne releva pas. Courage Nana ce n’était qu’un mauvais moment à passer jusqu’à la prochaine pause !

Détournant le regard dès que Nathaniel posa un pied à l’intérieur du véhicule, la sirène fit mine d’observer le château. D’ici quelques minutes à peine, elle quittait Selesnya et le quartier général… l’aventure pouvait enfin commencer ! Nathaniel sembla hésiter un instant, puis finit par s’assoir en face du comte et donc, à côté de la sirène. Le mage se pencha en avant pour refermer la portière puis croisa les mains derrière sa tête, toujours avec un petit sourire accroché aux lèvres. Nanako le regarda de haut en bas en grimaçant. Il avait une attitude si énervante qu’elle préféra se désintéresser de lui.

Le véhicule finit par partir, et on entendit alors les sabots claquer sur les pavés, signe que les soldats les suivaient bien. Nanako n’aimait pas vraiment être secouée de la sorte, mais elle se doutait qu’une fois hors de la ville, ils pourraient aller plus vite et que le basculement serait moins intense.


- Jolie arme.

Deux simples petits mots qui attirèrent immédiatement l’attention de notre magicienne. Elle jeta donc un coup d’œil à la rapière du comte, qu’il venait de décrocher de sa ceinture. Le fourreau était certes très beau, mais c’est l’arme en elle-même qui intéressait davantage Nana. La garde était ornée d’une pierre précieuse qui fit briller d’envie les yeux de la demoiselle ; malheureusement il était impossible de voir la lame, ce qui pour Nanako, était le plus important pour connaître celui qui la possède. Mais elle n’était pas stupide, et se doutait que le comte ne s’en servait pas beaucoup… il confirma sa pensée en expliquant à Nathaniel qu’il s’agissait d’un cadeau et qu’elle était plus là pour faire joli que pour servir. Les deux hommes poursuivirent leur discussion tandis que notre sirène venait de se mettre à genoux sur la banquette et de passer la tête par la fenêtre. Elle admira ainsi le paysage quelques instants, offrant à ces messieurs une brève distraction puisqu’ils avaient son postérieur en pleine ligne de mire.

Lorsqu’elle reprit sa place, le comte était déjà endormi. Elle haussa un sourcil, se disant qu’il était extrêmement rapide et déjà trop bruyant… Nana était vraiment ravie de pouvoir effectuer cette quête, et de soutenir un homme qui les aidait dans leur lutte contre Silver Fang. Mais il fallait bien l’avouer… il n’était pas très agréable à regarder et paraissait plutôt grincheux. D'ailleurs, en y repensant, il y avait quelqu’un d’autre assit juste à côté d’elle… et c’était bien là le problème.

Nathaniel prit alors la parole, prenant soin de parler doucement pour ne pas réveiller le comte. Il se mit alors à parler et à parler… à tel point que Nana en eu mal à la tête tellement elle se concentrait pour retenir ce qu’il disait et ne pas s’attarder sur les traits de son visage. Elle finit par lever la main comme pour lui intimer de ne plus rien dire d’autre. Fort heureusement, il avait déjà terminé !


- Doucement mon mignon, on est pas tous aussi bavard que toi. Dit-elle avec un petit sourire moqueur. « Charmante peste » me convient plutôt bien si tu veux tout savoir. J’ai pas spécialement dormi mais je suis pas là pour pioncer donc je suis au regret de te dire que tu devras me supporter. J’ai horreur des bouquins mais un jeu de cartes, pourquoi pas… de préférence une bataille.

Elle aimait bien le poker, mais sa dernière partie s’était plutôt mal déroulée… en effet, elle avait fini presque nue (bah ouais le streap poker c’est mieux quand on sait bien jouer) ! Donc non, l’envie lui était passée. Et puis de toute façon, ni lui ni elle n’avaient de jetons.

La dernière phrase de Nathaniel l’interpella davantage mais elle préféra passer outre pour le moment. Il était assez louche et elle mettrait du temps à le cerner, inutile de se prendre la tête pour le moment…

Ayant un petit gabarit, Nanako n’eut aucun mal à croiser les jambes sur la banquette, face à son interlocuteur. Elle prit soin de remonter ses tresses qui trainaient malencontreusement par terre et les posa entre ses jambes, fin prête pour la bataille. Elle attendait sagement que Nathaniel sorte les cartes, mais encore une fois, elle leva discrètement ses yeux mauves pour observer le jeune homme.

Elle était rarement autant intriguée par un inconnu, et elle ne voulait certainement pas qu’il le comprenne. Elle ne savait rien de lui pour le moment, seulement que c'était un mage solitaire… et elle avait bien hâte de connaître sa magie ! Bref, elle voulait en apprendre plus à son sujet et en même temps elle n’osait pas trop aller vers lui.

Sortant de sa poche une sucette à la fraise, la sirène déchira le papier et l’enfourna dans sa bouche sans plus attendre. Elle se mit à sucer le bonbon rose avec avidité, sans se soucier de ce que pouvait penser Nathaniel.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Sam 10 Sep 2016 - 13:22

Sans qu’il sache pourquoi, le bouffon s’était attendu à cette main qui venait de se lever, et à vrai dire ? Il se demandait même ce qui lui avait pris autant de temps, maintenant qu’il y réfléchissait. Bien sûr, il n’allait pas lui poser la question, ce serait proprement ridicule, mais n’empêche : il se faisait si souvent couper en plein milieu de ses phrases … D’un autre côté, il le confessait volontiers, elles étaient longues. Beaucoup trop longues, et parfois bien trop détournées : s’il n’en avait pas été le créateur, il n’aurait probablement pas une chance de se comprendre lui-même 100% du temps. Heureusement pour lui qu’il savait très précisément quoi comprendre derrière ces intonations trompeuses et ces mots doux … quoique, l’étaient-ils toujours ? Bah. Et au moins, même si la jeune femme lui demandait poliment de se taire, elle avait tout de même commencé sa phrase par « mon mignon », ce qui n’était pas commun. Pas commun du tout, d’ailleurs, d’habitude c’était plutôt « taré », ce genre de choses. De temps en temps il obtenait un commentaire sur sa chevelure. Mais rarement ce genre de sobriquet … Et ça, c’était intéressant. Sortant tout de même le livre de son sac, il fit un petit sourire : l’assassin dont il parlait plus tôt était visible sur la couverture, en pleine action.

Dommage, il est vraiment passionnant, et plutôt bien écrit, même pour les gens qui n’aiment pas la lecture. Maaaaais tant pis ~

Rigolant doucement, il se pencha en avant, plongeant les deux mains dans l’ouverture de son sac en relevant les yeux. Tirant une petite moue, il explora plusieurs poches de ses doigts … Avant de finalement sourire, sortant finalement le petit étui cartonné dans lequel se trouvaient ses cartes. Posant le livre entre eux deux, il tira les cartes de leur emballage, et se mit à les mélanger, les faisant passer en l’air d’une main à l’autre avec une dextérité qui ne pouvait qu’indiquer son savoir-faire et son expérience dans le domaine. Et même si nombre de « magiciens » de spectacles étaient en réalité des mages capables de manipuler leurs jeux, ici, il n’y avait point d’astuce … Juste un jeune homme qui avait un talent naturel pour tout ce qui touchait au cirque : acrobaties, jonglage, prestidigitation, lancé de couteaux … Ce n’était pas un bouffon pour rien, en somme. Cependant, il tira une petite moue en la voyant fourrer le bonbon rose dans sa bouche. Non pas que le spectacle ait quoi que ce soit de déplaisant en soit, mais … Enfin. D’une main, et plus précisément d’un pouce, il se mit à faire la distribution, envoyant une carte devant la sirène, puis devant lui, etc. etc. tout en changeant sa position, pivotant à moitié pour installer l’une de ses cuisses sur la banquette. Jouer en ayant le torse pivoté à ce point tout le long promettait d’être désagréable, autant s’abstenir. D’un mouvement du menton, il pointa la sucette, alors que son doigt continuait de faire glisser les cartes entre eux une par une.

Je regretterais presque de ne jamais acheter ce genre de choses, tiens … Et tu sais quoi ? Comme toi aussi tu es plutôt mignonne, je vais tenter de faire un effort et de moins parler. Tenter, je ne promets rien. Mais ça pourrait marcher !

Rigolant doucement, il distribua les dernières cartes en l’espace d’un instant, et reprit les siennes pour les organiser sous la forme d’un petit tas propre et net dans ses mains. Reposant ensuite son jeu sur le cuir de la banquette, il s’étira légèrement, puis eut un petit soupire de satisfaction : étant donné la manière qu’il avait eu de poser son roman, ils pourraient aisément poser leurs cartes sur cette « table de jeu improvisée » … Cependant, de l’endroit où ils allaient jouer leur partie, ses yeux remontèrent, ne détaillant pas plus que nécessaire le corps de la jeune femme avant de se poser sur son visage juvénile, sa chevelure bleue et la sucette qu’elle avait en bouche. Ses deux prunelles jaunes prirent bien quelques secondes, semi-fixes, à l’observer sans se détourner … Avant qu’un large sourire ne revienne finalement se plaquer sur ses lèvres, et qu’il ne saisisse une carte pour la retourner et la dévoiler devant elle.

Alors, on se la fait, cette bataille ?

* *
*

Le ciel s’était plus ou moins rapidement voilé de gris, et les nuages nombreux qui s’y étaient accumulés, sans plus de cérémonie, avaient commencé à déversé sur terre leur paquetage liquide. Le bruit de la pluie percutant le carrosse et la forêt qui les entourait ne parvenait pas à masquer le léger sifflement émit par le nez du comte, de même qu’il n’avait pas réussi à le réveiller, pour l’instant. La bataille s’était déroulée avec une singulière régularité, et pour une fois, le bouffon n’avait pas estimé utile de tricher : cela se voyait assez aisément au 3 – 1 qu’elle lui mettait au score. Ca ne l’avait nullement privé de son sourire, ceci-dit, bien qu’il soit devenu plus avare de paroles … a part d’éventuels « batailles » lorsque les cartes étaient les mêmes, bien entendu. Au dehors, les soldats avançaient toujours au même rythme que le carrosse, mais ne laissaient pas entendre de bruit de conversation de même. Clairement … Les choses étaient devenues calmes. Puis, d’un coup, le carrosse sembla s’arrêter, faisant hausser un sourcil au jeune malade, qui tourna la tête sur le côté, en direction du cocher et de l’avant du convoi.

… Tiens. Il se passe quelque chose, dehors ?
Pas vraiment, mais on a un tronc d’arbre sur la voie. Vous pouvez nous aider à le dégager ?
Le jeune homme aux cheveux verts haussa un sourcil … Puis finit par lâcher un petit soupire, se frottant doucement l’arête du nez en fermant les yeux et en laissant sa tête tomber vers l’avant. non, pas grand-chose … Dans moins de 30 secondes, on va se faire encercler par des tire-laines qui en aurons après nos bourses. Celles contenant de l’argent, au cas où qui que ce soit ait un doute.

Le commentaire était –évidemment- destiné à sa jeune voisine, étant donné que vu le volume auquel il avait parlé, personne d’autre que le comte toujours endormi n’aurait pu l’entendre. Soupirant en prenant les cartes pour les remettre dans un seul tas en regardant à l’extérieur, le comédien les rangea dans leur étui, et se releva de son siège en reprenant son sac pour ouvrir la porte. Utilisant avec certaines précautions le marchepied pour ne pas sauter à pieds joints dans la boue, il fit quelques pas vers l’avant, observant entre les arbres. La pluie le trempa en moins de 30 secondes, l’agaçant quelque peu : juste pour le fun, il souffla une de ses mèche de cheveux, la décollant à peine un instant avant qu’elle ne revienne se plaquer à son front, humide. Se tournant vers sa comparse, puis vers le tronc qui bloquait la voie, il fourra ses mains dans ses poches, s’approchant de l’obstacle, et observant la base de ce dernier … En réalité, il n’aurait même pas eu besoin de voir qu’elle portait des traces de coups de hache pour comprendre que l’arbre n’était pas tombé naturellement. D’une part, il n’y avait tout simplement ni trou dans le sol, ni souche, et d’autre part … Alors même qu’il laissait sa perception magique s’étendre tout autour d’eux, il commença très rapidement à sentir des … Incohérences. Certes, une forêt était, naturellement, pleine de pointes : les innombrables branches des arbres étaient pour la plupart à même de titiller son pouvoir … Le seul problème était que les branches des arbres ne se déplaçaient pas en tentant de rester silencieuses. Tentant : les bruits humides des pas dans la boue étaient relativement simples à entendre, pour peu qu’on tende l’oreille. Visiblement, les gardes également avaient flairé le piège, se préparant progressivement au combat … Tout à l’inverse du bouffon, qui se contenta de monter sur le tronc, faisant attention de ne pas glisser sur l’écorce humide.

C’est bon les gens, vous êtes autorisés à sortir, on est au courant que les arbres qui prennent des coups de haches ne s’envolent pas tous seuls pour aller s’écraser sur des routes … La pluie le lassait-elle ? Il avait l’impression d’être plus sec que d’habitude. Sortant ses mains de ses poches, il les claqua l’une dans l’autre avec un sourire radieux. Si vous vous montrez rapidement, vous aurez même droit à des pâtisseries.

Il ne s’écoula qu’une poignée de secondes avant qu’un homme, portant une large cape et une capuche, ne s’avance d’entre les sous-bois avec son cimeterre sur l’épaule. Marchant sur la route et s’arrêtant face au bouffons des aiguilles, de l’autre côté du convoi par rapport au tronc, il laissa à peine voir l’ombre d’un menton carré et très mal rasé, et d’une bouche barrée d’une cicatrice. Son apparence était quelque peu clichée, mais bon, il faudrait composer avec …

Qu’est-ce que vous transportez ?
Rien.
Et c’est pour ça qu’il y a 5 gardes officiels de la ville de Selesnya et un ou deux mages ? Pour « rien » ?
Et bien, si la question est « qu’est-ce que vous transportez », j’assume que vous parlez d’une marchandise, et de ce côté-là, nous n’avons rien. En revanche, si vous changez le « qu’est-ce » en « qui », là, oui, il y a quelqu’un d’important dans le carrosse, d’où la protection. Mais à mon avis, ça ne vaut pas vraiment la peine d’en venir aux mains ~ voilà ce que je propose : Toi et tes … 8 petits copains dans les fourrés, vous nous aidez à dégager le tronc, puis vous le remettez si ça vous chante une fois qu’on est passés, et on fait l’impasse sur tout ça.
Oh, comme c’est mignon. Voilà ce que je te propose : vous faites descendre cette “personne importante”, vous retournez sur vos pas, et vous demandez une belle rançon à sa famille que vous ramenez ici avant la tombée de la nuit, sans quoi on le saigne.
Mince alors, il semblerait que les exigences des deux partis soient vraiment trop différentes … Je suppose qu’il ne me reste plus qu’à faire signe à tout le monde de recourir à la troisième option, vu que vous avez l’air d’un implacable gros dur qui ne marchandera absolument rien avant qu’il ne soit trop tard.
Qu’est-ce que tu jacasse … Et c’est quoi, ta troisième option ?
On me le dit souvent ~ A cet instant, le bouffon tourna sa tête derrière lui, cherchant Nanako du regard pour lui décocher un sourire, avant de regarder de nouveau le brigand en sautant devant lui. On se bat et on va vous faire avaler vos deeeeents ~

Peut-être trois carreaux arbalètes, ou flèches, partirent en même temps vers le bouffon : ce dernier se baissa précisément au moment où elles allaient le transpercer sur les flancs et dans le dos, et elles partirent se planter dans les arbres sans faire de mal avant qu’il ne se redresse. Ricanant doucement, il croisa les bras sur son torse … Alors qu’autour du convoi, la mêlée s’engageait.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Sam 10 Sep 2016 - 23:05

Nanako ne cessa de regarder Nathaniel manipuler les cartes. Il était vraiment très doué, il avait presque des allures de magicien ! Et notre jeune sirène adorait les tours de magie. Elle était toujours autant émerveillée et ne voulait jamais connaître leurs secrets, car cela gâcherait tout le spectacle. Dès qu’une carte volait d’une main à une autre avec légèreté, elle retirait sa sucette de sa bouche, comme pour mieux se concentrer sur ce que son voisin faisait. Lui aussi semblait la regarder, ou bien regardait-il plutôt le bonbon rose qu’elle savourait… Il finit par avouer regretter de ne jamais acheter quelques petites douceurs de ce genre, et elle se rappela alors qu’il lui en restait une ou deux dans son sac. Il prononça le mot « mignonne », ce qui la chamboula totalement. Etait-ce vraiment à elle qu’il parlait ? Visiblement, oui. Nana sentit le rose lui monter aux joues, chose qui ne lui arrivait presque jamais. Elle se sentit stupide et lui décrocha un petit sourire.

- Si tu es sage, je t’en donnerai une toute à l’heure.

Elle s’empressa alors de baisser les yeux sur les cartes qu’il venait de distribuer, et prit en main les siennes pour en faire un paquet. Elle sentit néanmoins son regard sur elle encore quelques secondes, ce qui la mit d’autant plus mal à l’aise. Fort heureusement, il annonça le début de la bataille, et elle en fut bien soulagée.


* *
*

Le comte dormait toujours tandis que les gouttes d’eau venaient s’écraser sur le toit du carrosse et que des flaques se créaient sur le sol. Nanako était en train de gagner pour la troisième fois, alors que Nathaniel n’avait remporté qu’une seule manche ! Bref, la matinée se déroulait tranquillement, et elle était très satisfaite de son score. Leur véhicule finit par s’arrêter, ce qui étonna les deux mages qui relevèrent aussitôt la tête.  Nathaniel interpella le cocher qui expliqua qu’un tronc d’arbre était en travers de la voie et qu’il avait besoin d’aide.

Le jeune homme lâcha un soupir avant de lui répondre. Il sortit une petite blague que Nana ne manqua pas de remarquer, ce qui la fit sourire malgré la situation. Elle le regarda alors ouvrir la porte du carrosse et en sortir en prenant soin de ne pas mettre les pieds dans la boue. En quelques secondes à peine, il fut trempé. La sirène s’était approchée de la porte pour mieux visualiser le tronc d’arbre au loin. Nathaniel semblait l’étudier avec soin, chose qu’elle préférait lui laisser faire. Quelque chose semblait l’embêter, et très vite, ils entendirent des bruits de pas approcher. Nana fronça alors les sourcils, et attendit encore un peu à l’intérieur de la diligence… elle secoua le genou du comte pour le réveiller et posa son index sur ses lèvres pour lui dire de rester silencieux. Il comprit que quelque chose se passait et saisit sa rapière par réflexe.

Nanako vint de nouveau poser son regard sur Nathaniel, qui était désormais debout sur le tronc. Il se mit alors à parler, d’une voix nettement plus sèche, puis claqua dans ses mains en se moquant presque de leurs potentiels agresseurs. Un homme vêtu d’une cape et d’une capuche finit par apparaître depuis les sous-bois, un cimeterre sur l’épaule. On voyait rien qu’à sa dégaine qu’il s’agissait d’un brigand…

Nathaniel continuait de bavarder avec lui, tandis que de son côté, Nana invoquait un cercle magique à l’intérieur du carrosse.


- Je vais me poster sur le toit pour mieux voir les attaquants et les neutraliser avant qu’ils n’approchent, et soutenir Nathaniel par la même occasion. Refermez la porte derrière moi.

Sur ces paroles, Nana fit apparaître un sniper et le cala dans son dos pour pouvoir grimper sur le toit. Elle avait choisi une lunette spéciale à vision thermique pour remplacer celle d’origine, qui était utilisée pour le grossissement optique. Avec la pluie et la forêt, c’était le meilleur choix à faire pour débusquer les brigands.

Nanako s’allongea à plat ventre tout en posant le sniper sur le toit. Elle remarqua à peine son coéquipier qui lui jetait un petit coup d’œil, elle était trop préoccupée à observer les alentours. Quoi qu’il en soit, la dernière phrase lancée par Nathaniel était claire, c’était l’heure de la baston. Ce dernier se baissa subitement, évitant un tir de flèches qui finirent par se planter dans les arbres sans faire de dommages. Le bouffon vert rigolait en croisant ses bras sur son torse, ce qui fit lever les yeux au ciel à Nana. Ce qu’il pouvait se la péter celui-là ! Ce n’était vraiment pas le moment.

La jeune femme devait se mettre au boulot et vite, avant que tout le monde ne la repère sur le toit. Ce n’était d’ailleurs pas une très bonne cachette, mais simplement le meilleur point de tir pour le moment… elle ferma alors son œil gauche et regarda à l’aide de sa lunette les sous-bois. Grâce à la vision thermique, elle repéra rapidement un brigand caché derrière les fourrés, arbalète en main. Sans plus attendre, Nanako appuya sur la gâchette, laissant filer sa première balle. Celle-ci vint se loger directement dans la tête de sa proie, qui s’écroula dans l’herbe humide. Notre sirène n’était pas connue pour être « une tendre », et elle préférait de loin abattre ses ennemis avant qu’ils ne soient trop proches d’elle. En effet, même si elle était redoutable à distance, elle manquait d’expérience et de puissance pour se battre au corps à corps. C’était là sa plus grande faiblesse.

Les minutes s’écoulaient et très bientôt, tout le monde fut occupé à part le comte et le cocher. Les soldats encerclaient la diligence et se battait à l’aide de leurs épées et de leurs lances, Nathaniel vaquait lui aussi à ses occupations et Nana avait déjà volé la vie de deux brigands et blessé gravement un troisième qui avait pris la fuite. Elle reprenait doucement son souffle, sentant que chaque nouveau tir l’affaiblissait.

Elle s’apprêtait à viser quand soudain elle lâcha un cri de douleur : une flèche venait de se loger dans son mollet gauche. Le tireur était debout sur la branche d’un arbre, bien trop haut pour qu’elle ait songé à regarder par là… ce dernier bandait déjà une autre flèche qui lui était destinée, quand la sirène se laissa rouler sur le toit pour atterrir par terre dans un gémissement. Elle tomba nez à nez avec le cocher, qui était planqué sous le carrosse. Celui-ci était trop terrorisé pour sortir de sa cachette et l’aider à se relever. La jeune femme ne s’apitoya pas sur son sort pour autant et agrippa la roue du carrosse pour se remettre sur pied, la flèche toujours plantée en travers de sa chair…

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Jeu 15 Sep 2016 - 22:27

Il était bien forcé de l’admettre : même si le bouffon aureait pu terminer ce duel en un instant à l’aide de sa magie … Il faisait face à un adversaire redoutable. Et le brigand, en dépit de son absence totale de magie – apparemment – n’en était peut-être que plus méritant d’en être arrivé à un tel niveau de maîtrise dans le cimeterre qu’il maniait … Même si, manque de pot, il n’était pas tombé contre le mage le plus incapable des environs, en ce qui concernait la maîtrise des armes blanches. Se contentant, dans les premiers instants, d’esquiver de manière relativement large les attaques pourtant rapides du malfrat, le mage noir avait au bout d’un moment été forcé de dégainer d’un geste fluide l’un des deux lourds poignards qu’il portait à la ceinture : la lame légèrement recourbée avait dévié celle du hors-la-loi, qui avait reculé de quelques pas avec un sourire. Décidant visiblement qu’il était temps de devenir également un peu agressif, Nath’ avait sorti le second de ses couteaux, tenant les deux lames à l’envers, et s’était mis en position, poings devant le torse, sautillant doucement sur place comme un boxeur.

Des couteaux d’assassin … Et moi qui pensais avoir affaire à un mage.
Preuve encore une fois que les apparences sont trompeuses ! Mais c’est ainsi que va la vie, je suppose, plus rien n’a réellement de sens, et il faut étudier chaque chose en profondeur pour en être totalement assuré. Regardes moi, par exemple : je pensais avoir à faire à un coupe-gorge, et pourtant, je suis toujours là, à beaucoup trop parler ~
Ouais … Mais on va y remédier. Le chefs des voleurs crachat un glaviot sur le sol, qui se perdit dans les innombrables gouttes de pluie. Puis se jeta sur le bouffon.

Les lames projetaient des étincelles lorsqu’elles se percutaient. Ces – très – brefs éclats incandescents étaient à peine visibles au milieu des innombrables gouttes de pluies, et pourtant, les yeux d’or du mage noir les percevaient. Le fait qu’il soit armé de 2 lames lui conférait un léger avantage par rapport à son adversaire, qui était compensé par la lourdeur de l’arme que ce dernier utilisait : la majeur partie du temps, l’homme aux cheveux verts devait utiliser la force de ses deux bras pour bloquer, quasiment avec la garde, les attaques de tranche appuyées de son ennemi. Le terrain n’était propice à personne également : si Nathaniel n’avait pas l’occasion, comme cela lui plaisait pourtant tant, de sautiller partout et d’esquiver chaque attaque comme il le désirait, le brigand, lui, était alourdi par sa cape trempée, dont il n’avait pas pensé à se débarrasser. Glisser et déraper un peu dans la boue dérangeaient le mage. Être incapable de réagir aussi rapidement qu’il le désirait était une plaie pour le brigand. Mais aucun des deux ne se plaignait. Et les lames continuaient de se percuter dans une danse rapide et mortelle, et le métal continuait de projeter des étincelles qui disparaissaient dans les gouttes de pluie.

Le duel se termina lorsque, saisissant son arme à deux mains, le criminel la leva au-dessus de sa tête, et chercha à l’abattre sur le crâne du garde temporaire. Ce dernier, d’un mouvement coordonné des deux poignards, cogna avec ces derniers sur les côtés de la lame, qui se brisa avec un craquement sonore. Le tronçon d’acier éjecté, cependant, failli poursuivre sa rotation dans le crâne de sa cible originelle : il n’en fit rien, stoppé à quelques centimètres du cuir chevelu de Nath’, qui souffla légèrement. Restant avec le manche de son épée dans les mains, le tueur plissa les yeux sous sa capuche, avant de persiffler entre ses dents. Il aurait probablement dit quelque chose, si le poing de Nathaniel, protégé par la garde renforcée – et prévue à cet effet – de son arme, n’avait pas percuté sa pommette avec assez de force pour percuter l’os à travers la chaire, laissant une large balafre sur la joue de l’homme. Ce dernier avait poussé un cri : il tenta de se reprendre en levant une main à sa tête, mais le second poing vint cette fois directement à la rencontre de son visage, et lui brisa le nez. Le sang se mit à dégouliner du visage sur la tenue usée du tueur, qui lâcha à peine un genre de plainte. Un autre crochet le fit sérieusement tituber. Et un dernier direct l’envoya se coucher dans la boue, assommé. Le bouffon l’aurait bien regardé quelques instants en reprenant son souffle, mais il fut obligé de se pencher en arrière pour éviter qu’un carreau d’arbalète ne lui transperce le visage. Se relevant avec un grognement, il pivota immédiatement vers l’arbalétrier. Pas le temps de reprendre son souffle ? Parfait. Il lui fonça dessus d’emblée.

Le carreau d’arbalète changea de trajectoire pour esquiver le fou qui se jetait dessus sans même que ce dernier ne donne l’impression d’en être la cause. Le tireur eut une paire de seconde pour réaliser ce qui s’était produit, avant qu’une imitation de poing américain ne lui percute le front, le rejetant en arrière et le faisant rouler dans les feuilles humides. Ne s’arrêtant même pas, le dément lui donna un coup de pied au visage au passage, avant de poursuivre sa course en se choisissant une nouvelle cible. Le second arbalétrier, qui cherchait un angle approprié pour tuer un des gardes depuis le flanc, vit une large lame de couteau se planter dans son arme, en plein milieu du carreau, le bloquant là où le tir aurait accidentellement dû partir. Décollant à peine la joue de la crosse de son arme, il n’eut que le temps de voir un éclair flou, avant qu’une autre lame ne lui sectionne les tendons de l’arrière du genou, le forçant à se mettre à terre en hurlant. Le cri fut presque aussitôt interrompu quand une rotule appartenant à une autre personne lui percuta la nuque, l’assommant sur le coup, si ce n’était pire. Plus loin, un homme qui était parvenu à désarmer le garde qu’il affrontait, et à qui il allait donner le coup de grâce, resta bloqué avec l’épée en l’air. Incapable de saisir pourquoi, il tira fortement sur le manche … Mais quelque chose semblait retenir sa lame de bouger, bien contre sa volonté. Il n’eut pas le temps de chercher une explication que deux incisions rapides étaient pratiquées sur l’extrémité de ses pectoraux, coupant nette toute force qu’il aurait pu vouloir insuffler dans ses bras. Une lame de jet fut, dans la seconde qui suivit, insérée dans sa jambe : le bouffon ne semblait même pas vouloir prendre le temps de tous les assommer. Pivotant brusquement et envoyant par la même occasion de nombreuses gouttelettes gicler de ses mèches trempées, Nath’ plissa les yeux. A quelques mètres de là, juste à côté du carrosse, sa collègue, qui tentait difficilement de se relever. Et à peut-être deux, trois mètres de là, à sa droite, un type qui s’approchait, poignard retourné. Lorsque le garde dont l’adversaire venait d’être neutralisé releva enfin la tête vers le bouffon, ce dernier n’était déjà plus là. Sprintant autant que possible sur le sol boueux, il fit voler depuis son sac deux lames de jet, qui se positionnèrent devant lui, en l’air, pointes vers le haut. Bondissant, il se servit de la première déjà bien surélevée pour balancer sa seconde jambe et se hisser au niveau de la seconde, avec laquelle il répéta le processus, et sauta une nouvelle fois pour se retrouver sur le toit de leur véhicule de transport. Mais il ne fit que deux pas rapides sur ce dernier, avant de se laisser tomber de l’autre côté.

Les deux semelles de ses chaussures, quasiment réunies, percutèrent en même temps le visage du brigand : ce dernier, que l’inertie du bouffon poussait en arrière, bascula sur le dos sans que les deux pieds ne décollent un instant de ses joues. Avec un « Floc » particulièrement infâme, sa tête s’enfonça de plusieurs centimètres dans la boue, alors que Nath’ rebondissait doucement pour s’arrêter juste derrière, et se retournait. En un instant, il détailla de la tête au pied la sirène. A part la flèche qui dépassait de sa jambe, le sang qui coulait le long de cette dernière, la pluie qui l’avait trempée elle aussi et le fait qu’elle avait visiblement dû tomber à un moment ou un autre, elle avait l’air d’aller bien. Tendant les mains devant lui, Nathaniel commanda aux deux couteaux qu’il avait placé en l’air plus tôt de venir à lui, les réceptionnant tout naturellement. Le premier se mit très rapidement à frémir, chauffant visiblement au bruit qu’émettaient les gouttes de pluie qui touchaient sa lame, tandis que l’autre se plaça, de lui-même, à environ 30 cm du sol. Visant, de la lame qu’il tenait toujours en main, un point situé derrière la sirène, le bouffon ferma un œil tout en essayant de calmer sa respiration sifflante.

L’ennuie … Lorsque je … Canalise … Ce sort, c’est que … Je suis incapable … D’en employer un autre … Sur le même objet … En même temps. Bien.

Gonflant une dernière fois ses poumons à bloc, le jeune fou s’approcha, toujours l’arme en main, et leva le pied pour le poser sur la pointe. Comme d’habitude, sa semelle ne fut même pas entaillé par l’arme pourtant affûtée à l’extrême, et le jeune homme se permit de poser un bras sur son genoux, se reposant un peu … Avant, brusquement, de combiner plusieurs mouvements.
Le premier fut celui de son corps tout entier, qui se déplia, de même que la jambe située sur le couteau : clairement, il prenait appuie sur ce dernier pour bondir.
Dans le même temps, ledit couteau se mit à s’élever dans les airs, amplifiant encore le geste et lui permettant en un clignement d’œil de s’élever plus d’un mètre et demi au-dessus du sol.
Le troisième, et non le moindre, fut la rotation de son torse et de son bras : dès qu’il fut à la hauteur nécessaire, sa main lâcha quelque chose, qui partit avec un sifflement dans le rideau de pluie se perdre quelque part par-dessus le carrosse.
Cependant, la cinétique du jeune fou ne s’arrêta pas là, car après avoir tourné sur lui-même pendant qu’il achevait sa monté, il se posa presque sans mal sur le rebord, les talons dans le vide. Presque : ayant besoin d’assurer son équilibre pendant un quart de seconde, il ne lui en fallut cependant pas plus pour repartir vers l’avant, et repartir. Dans l’instant, une explosion retentissait, suivie d’un – bref – cri de peur. Puis, quelques temps plus tard, d’autre, plus longs.

Lorsqu’il émergea de nouveau du sous-bois, Nath’ jouait avec une flèche brisée, dont il faisait tourner la moitié entre ses doigts avec une dextérité rappelant une discipline sportive … normalement réservée aux femmes. Mais outre ce point, et l’expression relativement fatiguée qu’il affichait maintenant que la tension du combat redescendait, ce qui surprenait le plus avec la vision qu’offrait le bouffon … C’était aussi bien le manque de sang que l’air légèrement pitoyable qu’il pouvait avoir. Trempé, maigre, grelottant légèrement … Son sourire n’était même presque pas revenu, depuis le début des combats. Presque. Mais ses lèvres fines avaient fini par s’élargir de nouveau, bien que faiblement, alors qu’il revenait chez les « gentils » … Et lâchait un soupire lorsqu’un garde blessé le dévisagea un peu trop longuement.

C’était quoi, à l’instant, dans la forêt ?
Oh, rien, un vilain oiseau de proie avec son arc … Il fallait juste faire sauter son perchoir … Mais je l’ai cloué au sol, il ne nous embêtera plus. Les pertes sont lourdes ?
Moins chez nous que chez eux … Mais Tarik est mort. Et Nico a une grosse plaie sur le bras.
Et bien … … Et le cocher ?
Une petite voix répondit de sous le véhicule. Je suis là … Je vais bien.
A la bonne heure … bon. Laissez-moi quelques instants pour souffler, et je dégagerais le tronc d’arbre … Mais là tout de suite … Escaladant un peu le carrosse, il s’installa sur le siège du conducteur, se laissant un peu aller en arrière en se brossant les cheveux dans la même direction avec ses doigts. Deux minutes de pause … Sinon je vais m’écrouler.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 19 Sep 2016 - 21:25

Nanako venait tout juste de réussir à se remettre sur pieds, quand elle croisa le regard du mage solitaire. Elle était parvenue à éviter la seconde flèche qui lui était destinée mais ne vit que trop tard le brigand qui s’avançait vers elle, poignards retournés. Elle comprit néanmoins qu’elle était en danger quand Nathaniel couru dans sa direction, sauta sur le toit du véhicule avant de se laisser retomber de l’autre côté et de percuter l’ennemi en plein visage. Ce dernier bascula sur le dos, la tête enfoncée dans la boue par les pieds du bouffon vert.

Nathaniel se retourna alors pour jauger la sirène et s’assurer qu’elle n’ait rien de trop grave. A part cette foutue flèche coincée dans son mollet, elle allait bien. Mais cela la rendait nettement moins agile il faut l’avouer !

La sirène observa quelques instants le mage qui venait de réceptionner ses deux couteaux. Nathaniel prit une grande inspiration, avant de commencer son manège. La jeune femme eu à peine le temps de comprendre ce qu’il faisait, car elle n’avait pas encore bien cernée sa magie. En tout cas, il prenait visiblement appuie sur les lames, sans pour autant s’entailler. Très vite, le mage s’éleva à plus d’un mètre du sol, avant de lâcher quelque chose au loin.

Il n’attendit pas plus pour se rendre sous les bois laissant derrière son passage explosions et cris… quel doux bruit pensa Nana dans sa dérive. Elle secoua la tête, et s’assura qu’il n’y avait plus de brigands dans les parages avant de pouvoir détendre ses muscles. Nathaniel revint vers eux, jouant avec une flèche brisée telle une majorette. Encore en train de frimer ! Plus il se rapprochait, plus il semblait fatigué et frêle, et cette vision était totalement différente de celle qu’il avait offerte toute à l’heure. En plein combat, il était plutôt redoutable… Nanako ne s’était pas attendu à cela.

Il était maintenant temps de faire le bilan de cette attaque, et il y avait un mort à déplorer, un certain Tarik, soldat de Selesnya. Nana ne pouvait cacher sa déception d’avoir perdu un homme dès le premier jour…. Sans compter qu’elle n’avait pas été d’une grande aide et que sa jambe était amochée. Elle espérait que cela ne la gênerait pas plus que ça dans les jours qui suivront… surtout s’ils devaient subir de nouvelles attaques.

Nanako suivit le mage et vint s’asseoir à côté de lui, silencieuse. Elle le regarda se laisser aller en arrière et se brosser légèrement les cheveux, un petit sourire aux lèvres. Puis plissant les yeux, elle sentit la douleur émaner de sa jambe. Ah oui… c’est vrai, la flèche ! La sirène se détourna du mage et se concentra alors sur sa blessure. Nana inspira profondément avant de briser le bout de la flèche qui était composée de plumes, puis vint agripper l’autre extrémité… 1, 2, 3… et elle tira d’un coup sec en lâchant un juron. Elle balança le tout par terre et se laissa elle aussi aller contre le carrosse, reprenant une respiration plus lente. Elle observait son sang dégouliner le long de sa cheville sans rien faire pour autant.


- Merci du coup de main toute à l’heure. Je suis impressionnée, je ne te pensais pas si fort, sans vouloir te vexer… ! dit-elle en lui adressant un sourire sincère.

Tendant le bras derrière elle, la sirène s’empara de son sac à dos qui était toujours accroché sur le toit. Elle fouilla à l’intérieur puis attrapa un paquet de clope neuf. Elle s’empressa de l’ouvrir et d’en sortir une cigarette qu’elle alluma sur le champ. Relâchant la fumée au-dessus d’elle, elle soupira d’aisance. Une petite pause ça ne faisait de mal à personne, c’est d’ailleurs ce qu’elle constata en voyant la plupart des gens assit autour du véhicule. Le comte était sain et sauf à l’intérieur, ce qui était un bon point, et d’ici quelques minutes ils pourraient repartir.


- Au fait, tiens ! lança la sirène en tendant une sucette à Nathaniel. Tu l’as mérité je crois.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 26 Sep 2016 - 1:35

Plissant doucement ses paupières, le bouffon des aiguilles avait l’impression de cerner une éclaircie dans l’orage. Déjà ? L’attaque n’avait pas duré bien longtemps, que la pluie passait déjà ? Il lui fallut quelques secondes pour réaliser que l’orage n’avait pas débuté à ce moment-là, mais bien plus tôt. Tant mieux, dans tous les cas … Il commençait sérieusement à avoir froid, à force d’être trempé. Encore plus maintenant que tous ses muscles lui faisaient payer les efforts intenses qu’il leur avait demandé de fournir. Encore plus maintenant que, une fois le feu de l’action éteint, il ne faisait strictement plus rien pour se réchauffer … Et à vrai dire, même s’il n’avait pas plu, avec tout le sport qu’il venait de faire, il aurait tout de même fini trempé. De manière inattendue, sa collègue vint s’installer à côté de lui. Ne préférait-elle pas le confort de la cabine ? Bah … si elle désirait rester avec lui, après tout, il n’allait pas l’enjoindre à faire le contraire. Il ne put cependant s’empêcher de froncer les sourcils de manière réprobatrice en la voyant retirer la flèche qu’elle avait dans la jambe … avant de s’arrêter là. Elle comptait laisser la plaie en l’état et poursuivre la route ? Ce n’était pas très prudent … Mais bon. L’expression du jeune homme retrouva cependant une apparence plus classique – un sourire donc – lorsqu’il reçu dans les mains … Une sucette. Rigolant presque alors qu’il la déballait pour ensuite la caler entre deux dents, il haussa les épaules en se laissant aller une fois de plus aller en arrière.

Si je voulais me vanter, je dirais … Il plissa alors les yeux, croisa les bras derrière la tête et soupira d’un air blasé, l’intonation de sa voix devenant subitement plus grave : Ouais … Je sais, je sais … Quand il faut, j’assure … Faisant un signe de la main pour signifier que c’était n’importe quoi, il se redressa, posant ses coudes sur ses genoux. Mais bon … Enfin, oui, je sais, j’ai l’air d’un gringalet qui aurait besoin d’un sandwich et probablement incapable de se débrouiller en combat … Et un élément de surprise pareil, ça fait un sacré avantage lorsqu’il faut en venir aux mains, tu ne trouves pas ? Par contre … Ca, c’est intolérable.

Soupirant, il se redressa un peu, secoua la tête pour envoyer de l’eau autour de lui – il pleuvait toujours mais qu’importe – et se pencha ensuite sur le mollet de sa collègue. Rouvrant le sac qu’il baladait avec lui, il en tira une petite bouteille de produit rouge, qu’il agita doucement avant d’en renverser sur un mouchoir. Procédure médicale basique … Désinfecter la plaie, puis faire un bandage pour arrêter les saignements. Au moins, ça n’avait pas l’air d’un trou bien profond : le fait qu’elle ait put escalader le carrosse pour se retrouver à côté de lui prouvait bien qu’elle n’en garderait probablement pas de séquelle … Ou, en tout cas, que pour l’instant, ce n’était rien de bien grave. Lavant un peu le sang qui coulait le long de sa peau nue, puis frottant un peu l’orifice pour s’assurer que le produit, qui piquait probablement un peu, avait fait effet, le dément fit un sourire.

Oui … Je sais … Tu dois te dire que je n’ai pas non plus la tête d’une infirmière … Et je suis bien d’accord, il faudrait que tu fasses regarder ça par quelqu’un de qualifié, à Crocus … A moins que tu ne tiennes absolument à aller voir l’infirmière des sirènes. Ally ? Nelly ?  J’ai oublié son prénom … Bon … Se mettant cette fois-ci à faire un bandage, il fit trois tours avec la bande blanche, serra légèrement, fit un beau nœud, et coupa le tout avant de ranger le reste dans son sac et de se rasseoir. et voilà … En attendant, c’est toujours pratique d’avoir de quoi faire les premiers soins, pour une quête, tu ne penses pas ?
Nathaniel, Nanako ? Lorsque vous aurez terminé, j’aimerais que vous descendiez.

Le ton lassé avec lequel le comte venait de parler n’indiquait rien de bon : Nath’ aurait probablement bien fait une petite plaisanterie dessus si ça n’avait pas été le cas, d’ailleurs … Mais à la place, il se contenta d’un soupire inaudible, suivit d’une petite grimace, avant de pivoter, et de descendre le marchepied pour regagner terre. Pivotant pour aider la jeune femme aux cheveux bleus à faire de même malgré sa plaie, il finit par fourrer ses mains dans ses poches, et s’éloigna un peu du carrosse pour observer la situation dans son ensemble.
Les chevaux qui ne faisaient pas partie de l’attelage avaient étés attachés à l’une des roues du carrosse par leurs rênes. Nico, le soldat blessé, était assis dans l’encadrement de la porte ouverte du véhicule : le cocher lui administrait, lui aussi, des premiers soins un peu plus conséquents. Deux gardes étaient en train d’aligner les morts et les brigands hors-combat non loin, sur le sol … Et le compte supervisait, les bras croisés sur le torse, et l’air contrit. Il n’y avait pas forcément besoin de chercher bien loin pour savoir pourquoi, mais même si Nath’ n’était pas particulièrement certain de son hypothèse, il ne comptait surtout pas se risquer à demander. Ca viendrait bien tout seul à un moment ou un autre … Malheureusement.

Nous avons 4 morts en tout, en comptant le garde qui était dans notre camp. Et autant, nous pouvons prétendre « légitime » que ces brigands aient pris la vie de l’un des notre, et ils seront jugés et condamnés pour cela … mais en revanche, cela n’excuse pas ce débordement de notre côté. Le meurtre est parmi les crimes les plus graves qui puissent survenir … Je vais donc poser la question. Qui a porté un coup fatal ?
Nous sommes entraînés … répliqua Nico, d’un ton que ses blessures rendait irrité. On sait que, dans certaines situations d’urgence, les meurtres sont « tolérés », mais ça fait tâche dans la vie d’un garde, tout le monde le sait.
J’ai … J’en ai vu certains s’écrouler … Comme foudroyés. Certainement pas par une épée de garde ou une lance.
Donc … Le compte se tourna vers les deux mages, les bras toujours croisés. C’est l’un de vous deux… Lequel ?
Moi, répliqua Nath’ sans laisser à sa collègue le temps d’arguer quoi que ce soit. La situation était pressante et j’avais peur que nous ne souffrions trop de pertes, ou même que vous soyez mis en danger. J’ai donc tenté d’épargner quand j’avais le choix … Mais je n’ai pu avoir ce luxe pour tout le monde.
… Vraiment ? Pourtant … Celui-ci semble avoir été foudroyé d’un impact minuscule dans le crâne … Vos couteaux …
Comte. Mettriez-vous en doutes mes paroles ? Le ton employé était si glacial que d’une part, ni le noble, ni personne d’autre n’osa répliquer, et d’autre part, la phrase donna au sourire et au large geste ouvert du bouffon une sorte de côté … faux. Déphasé. Comme s’il ne pensait pas ses gestes. Il reprit, de manière bien plus cordiale cependant, en tirant une flèche de son carquois. Le détail des prouesses dont je suis capable ne vous a pas été communiqué, et c’est fort regrettable, mais sachez simplement qu’une flèche propulsée à la bonne vitesse peut créer des impacts minuscules, voir ressortir sans même qu’on ne s’en rende compte et poursuivre sa route. Je peux donner à mes projectiles pareilles vitesses … et encore une fois, la situation n’était pas des plus propices.
Fort bien, monsieur Mandrake, fort bien … Mais autant, comme dit plus tôt, un garde « peut » mettre fin à la vie d’un malfrat si la situation l’exige … Autant il n’est pas envisageable qu’il en soit de même pour un mage solitaire. Vous vous êtes contractuellement engagé à me protéger jusqu’à la fin de mon trajet, et je me vois mal me dispenser de votre présence pour le reste de cette mission, mais de telles actions devront malheureusement être portées à la connaissance du conseil … Tuer un adversaire …
Comte, comte … Vous permettez ? S’approchant doucement, le bouffon vint se placer à côté du noble, et lui passa un bras autour des épaules. Il avait retrouvé une mine plus fraiche et une certaine prestance dans ses gestes, qui lui permettaient – presque – de dissimuler l’irritation qu’il ressentait. Embrassant les blessés et morts d’un geste de l’autre bras, il soupira. Pensez-vous que, dans cette bande de vaurien, un seul d’entre eux aurait hésité ? Trouvez-vous abusif de punir par l’épée ceux qui vivent par l’épée et la rapine ? Il ne vous voyaient que comme une marchandise qu’ils auraient vendu pour une somme importante, et vous voulez leur faire la grâce de venger le décès de ceux d’entre eux qui se sont montrés trop menaçants ?
Il s’agit tout de même de meurtres …
J’aurais abondé dans votre sens s’il s’était agi d’honnêtes et innocents citoyens se trouvant là par hasard et vaquant à leurs occupations avant d’être pris dans le combat. Ici, nous parlons de personnes qui nous ont tendu une embuscade, attendu arme au poing, et ont même tué l’un des nôtres. Pensez-vous que, à leurs yeux, ils répondaient de leurs forfaits devant qui que ce soit ? Paient-ils les mêmes taxes que nous ? Franchement, comte … Ne transformez pas un acte de légitime défense un peu excessif en crime.
… bien. Nicolas ? Marco ? … Si la moindre question est posée, pourriez-vous endosser la responsabilité de ces crimes ?
… Pas de gaîté de cœur, mais … Ils ne méritent pas qu’un mage paie pour quelque chose qu’ils ont eux-mêmes provoqué. Surtout pas après avoir eu Tarik.
Et bien, c’est au mieux, si je puis dire … Mais plus de « dérapages » de ce genre, mon jeune ami. Après tout … C’est là qu’est la frontière entre un mage légal … et un mage noir.

Lâchant l’épaule du noble après lui avoir tapé deux-trois fois sur l’épaule, il s’éloigna un peu, le laissant se diriger vers le carrosse. Il se servirait probablement d’un lacryma de communication pour prévenir Selesnya, et demander à la ville d’envoyer des gens pour venir cueillir les bandits encore assommés et ligotés, ainsi que les cadavres. Pendant ce temps-là, les gardes se remettaient progressivement en position … Soupirant, Nath’ croqua dans sa sucette, la cassant en deux entre ses dents, et soupira par le nez en laissant sa tête brusquement basculer vers le sol. Faisant signe à Nanako de le suivre, il fit quelques pas pour s’éloigner du groupe, s’approchant de l’arbre qui leur barrait encore la route. Ce dernier était encore bardé de branches, à peines dégrossies, qui dépassaient tels des genres de pieux grossiers et informes … Souvent tordus. Visiblement, abattre un arbre et le traîner jusqu’ici était tout ce que les bandits avaient consenti à faire comme efforts … enfin, qu’importe. Se concentrant progressivement, le bouffon à la verte chevelure leva doucement les mains … Le tronc trembla légèrement. Il siffla entre ses dents, agacé. Il allait devoir forcer pour le faire bouger.

Petite astuce, pour la prochaine fois … Vises les genoux, les coudes, ou les épaules. De préférence, si tu t’y connais en anatomie : pas un endroit où ça risque de saigner jusqu’à la personne se vide, et encore moins là où il pourrait y avoir un organe vital. C’est idiot, hein … mais ça fait pas mal de temps que je me bagarre en me servant de couteaux … Serrant des dents et grognant légèrement, il finit par parvenir à soulever l’arbre du sol presque entièrement, et le poussa sur le côté, le faisant progressivement « disparaître » entre ses frères encore en terre. Pourtant, ça ne m’arrive … Pratiquement jamais de tuer. Bien sûr … J’ai eu un ou deux accidents … Ou des cas de « pas le choix » … Mais de préférence … HAN ! Ouf … Donc, je disais : de préférence, évites de prendre des risques à ce niveau-là. Encore plus pour toi qui te trouves dans une guilde … Le conseil, c’est une chose, mais selon ton ou ta dirigeant / dirigeante … Tu pourrais aussi te faire exclure, même si tu n’a « rien d’autre » comme punition. Et ce n’est pas très rigolo, comme sort.

Le bouffon ne pensait à vrai dire même pas à un exemple de son propre passé en disant cela, mais plutôt à un autre membre de sa propre guilde, qui après un massacre qui avait bien trop fait parler de Silver Fang – et en bien trop mal – avait été sur la sellette … pendant un certain temps. A tel point que la louve alpha, la personne la plus dangereuse du pays si ce n’était du continent, lui en voulait toujours d’ailleurs … enfin. Se frottant un peu le crâne, le bouffon haussa un sourcil, et leva la tête … Le  ciel s’était enfin dégagé, de nouveau.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 26 Sep 2016 - 22:27

Nathaniel accepta la sucette avec un petit sourire avant de la caler entre ses dents. Il croisa alors les bras derrière sa tête et prit une voix grave pour imiter un vantard. Nana ne put s’empêcher de retenir un rire cristallin jusqu’à ce qu’il reprenne son sérieux. Il n’avait pas tort sur un point, les gens ne s’attendaient pas à ce qu’un gringalet comme lui soit aussi fort. C’était un atout considérable. La sirène hocha donc la tête en signe d’approbation, puis haussa un sourcil lorsqu’il lui dit que c’était intolérable en parlant de sa blessure. Elle baissa automatiquement les yeux vers cette dernière et fit la moue. C’est vrai qu’il y avait dû laisser aller… son sang coulait doucement le long de sa peau blanche et elle ne faisait rien pour y remédier. Vilaine fille.

Le mage solitaire se pencha sur le mollet de la sirène et commença les soins sans qu’elle ne lui ait demandé quoi que ce soit. Il appliqua un produit rouge pour désinfecter la plaie et finit par lui faire un joli bandage. Nana ne pipa mot pendant tout ce temps et le regarda s’agiter, légèrement gênée. Si elle avait su qu’il lui ferait les soins, elle l’aurait fait pour lui éviter cela !


- Effectivement… tu ne ressembles pas beaucoup à une infirmière mais je dois dire que tu t’en tires très bien. Merci, encore. Je prendrai rendez-vous avec l’infirmière des sirènes si l’état de ma blessure ne se dégrade pas trop durant le reste du voyage, sinon j’irai voir celles à Crocus. Et j’avoue ne pas avoir pensé à emmener le matériel nécessaire pour les premiers soins… je suis assez tête en l’air et comme tu as pu constater… les bonbons et les cigarettes font parties de mes priorités.

- Nathaniel, Nanako ? Lorsque vous aurez terminé, j’aimerais que vous descendiez. Leur demanda le comte.

Nanako sentit dans sa voix que quelque chose n’allait pas et elle eut soudainement une petite boule au ventre. Cela devait surement être en rapport avec la bataille de toute à l’heure… Nathaniel ne semblait pas plus enchanté qu’elle à l’idée de devoir se faire sermonner par le comte. Néanmoins ils n’avaient pas vraiment le choix ! Nathaniel descendit le premier et aida gentiment la sirène à faire de même, avec un peu plus de difficulté à cause de sa jambe.

Le comte n’attendit pas bien longtemps avant de leur expliquer ce qui n’allait pas, et comme s’y attendait la jeune femme, il était question des brigands morts… et il en vint à demander qui avait porté un coup fatal, ce qui déclencha un léger frisson tout le long du corps de Nana. Au vu des blessures infligées, il était clair que ce n’était pas des armes blanches qui les avaient provoquées… et très vite le comte pris les deux mages pour responsables. Notre sirène s’apprêtait à répondre au comte lorsque que son collègue se fit passer pour le bouc émissaire. Elle en resta presque bouche-bée, ne s’attendant pas du tout à ce qu’il la protège ainsi. Le comte semblait ne pas le croire au début, et puis petit à petit, les arguments de Nathaniel finirent par le convaincre que c’était bien lui, et que c’était des choses qui arrivaient de temps à autres…

Nana se faisait toute petite à côté du mage, et baissa même la tête tellement elle se sentait mal… pourquoi devrait-il assumer des actes illégaux qu’il n’avait pas commis ? C’était insupportable à entendre, et elle faillit craquer quand le comte lui dit que tout cela devrait être rapporté au conseil. Elle vint lui tirer doucement la manche, comme pour lui dire d’arrêter, mais Nathaniel était malin et il fit de nouveau changer l’avis du comte, qui décida de passer outre. La dernière phrase du comte ne laissa pas Nana indifférente, cela lui fit l’effet d’une claque en pleine figure. Il avait raison… le meurtre la réduisait au rang de mage noir. Pourquoi avait-elle abattu ses hommes de sang-froid ? Maisy serait bien déçue de la voir agir de la sorte…

Le comte s’en retournait vers le carrosse quand Nathaniel fit signe à la magicienne de le suivre. Ils s’éloignèrent du groupe tout en se rapprochant du tronc d’arbre qui bloquait la route. Le mage solitaire lui conseilla alors de viser les endroits qui saignent peu, et surtout pas les organes vitaux… elle était tellement mal vis-à-vis de tout ce qui venait de se passer, qu’elle ne vint même pas en aide à Nathaniel pour décaler le tronc. Lui aussi avait raison, c’était prendre des risques inutiles et à force de trop jouer avec le feu, elle pourrait se faire exclure de Mermaid Heel. Akane avait beau être une mère aimante, elle pouvait se montrer très dure pour ce genre de choses… que ferait-elle alors si elle perdait sa maison et ses sœurs ? Elle s’était montrée stupide et le pire, c’est qu’elle n’éprouvait aucun regret. Elle avait comme qui dirait tendance à avoir la gâchette facile et en y réfléchissant bien, ce n’était pas la première fois que cela arrivait… elle ne se rappelait pas de leurs visages, seulement d’un seul : le mage noir qui avait volé la vie de Maisy et qui avait fini en morceaux… Prenant son visage dans ses mains, Nanako se mordit la lèvre.


- Mais merde qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?...

Nana resta ainsi quelques secondes avant d’oser relever les yeux vers son coéquipier.

- Je ne sais pas quoi te dire Nathaniel. A part merci. Je crois que je ne vais pas arrêter de te remercier durant ce voyage… A notre arrivée, laisse-moi t’inviter au restaurant au moins… je me sens déjà assez ridicule.  Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, j’avais ma cible dans ma ligne de mire et je n’ai pas hésité… j’ai… j’ai appuyé comme si ce n’était rien. Encore maintenant, je ne ressens rien. C’est con, mais c’est tellement simple quand on a une arme à longue portée dans les mains… je ferai attention les prochaines fois. Mais s’il te plaît, ne fait plus ça… je suis une grande fille, je peux assumer mes actes toute seule. Dit-elle en faisant mine de lui donner un coup de poing sur l’épaule. Allez viens on va reprendre la route !

La sirène lui adressa un sourire avant de lui prendre la main et de le tirer vers la diligence.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Dim 9 Oct 2016 - 23:48

Pour une raison étrange, le bouffon s’était attendu à une boutade, une protestation, quelque chose du genre … Peut-être même un silence vexé, à vrai dire. Mais qu’on prenne vraiment en compte ses paroles et qu’on les réfléchisse de la sorte ? Dire qu’il était pris au dépourvu était probablement un terme un peu fort, mais il ne s’y attendait cependant pas vraiment. Contre toute attente cependant, donc, Nanako sembla abonder dans son sens …Et ses paroles firent sourire le bouffon. Prendre une vie ne lui faisait absolument rien ressentir. Seul son sens logique la retenait, donc … Si la plupart des gens auraient pris cette information comme particulièrement négative, ce n’était cependant pas le cas de l’homme aux cheveux teintés en vert. Pourquoi ? Simple : dans un avenir très proche, cela allait faciliter sa mission … Et dans un futur plus éloigné, peut-être même pourrait-il, contrairement à ce qu’il avait pensé à la base, rester en contact avec la mage sans que cette dernière ne lui pose trop de problèmes. Le mage noir avait des raisons simples de penser de cette manière : il était particulièrement prédisposé à l’analyse du mode de pensée de sa consœur …Puisqu’il avait le même. A savoir, que le meurtre, chez lui, n’était régulé que par son sens logique et pratique. Et à partir du moment où l’éthique, la question d’être un meurtrier, ou d’être en compagnie d’un individu de ce genre ne se posait plus … Les choses devenaient plus simple. La logique seule devenait la barrière qui empêchait un être de mettre à mort son prochain. Et, si avec des arguments logiques, il ne pensait pas pouvoir persuadé la jeune sirène de tuer quelqu’un … Il était en revanche pratiquement convaincu qu’il pourrait éviter de trop gros ennuis avec elle si jamais … Enfin, plutôt, quand il passerait à l’acte. Se laissant tirer sans résister, le bouffon ricana doucement, secouant la tête pour lui-même.

Ne t’en fais pas Nanako … ça me fait juste plaisir d’aider ~

* *
*

La mort de Tarik, outre le fait qu’elle n’avait absolument rien de réjouissante, mit légèrement à mal l’organisation du groupe, sur plusieurs points. De l’avis du cocher, il aurait fallu retourner à Selesnya, afin de rapatrier le corps et de prendre deux nouveaux gardes. De celui du compte, il fallait absolument se hâter de repartir, sans quoi il raterait la réunion importante pour laquelle il faisait ce déplacement. Quant aux gardes, ils étaient certes préoccupés par leur compagnon, mais également par le corps des bandits qu’ils ne pouvaient laisser sur le chemin, ainsi que du côté logistique : que faire, entres autres, du cheval ? Sans parler des truands qui avaient encore besoin de soins … Ce fut finalement – au grand plaisir de Nath’, qui n’aurait surtout pas voulu que l’idée vienne de lui – le cocher qui donna une solution qui arrangerait tout le monde. Nicolas, le soldat blessé, resterait ici avec les corps et les blessés, pendant que le compte envoyait un message pour demander à d’autres soldats et à plusieurs corbillards de faire le déplacement. Pendant ce temps, le convoi repartait … Avec deux fois moins de gardes de la ville. Le compte eut quelques réticences à cette idée, mais Nathaniel, s’immisçant juste quelques instants, rappela tout de même quelques chiffres : à 6 défenseurs, ils avaient défait 13 personnes, soit environ 2 contres un en moyenne … Sans parler du fait que 4 personnes, dans leurs camps, n’avaient subi que des blessures mineurs. Si la situation se représentait, ils feraient certes un combat encore moins avantageux …Mais le bouffon avait confiance en les capacités du groupe, ne plaçant même pas de barrière distinctive entre lui et les deux gardes restants. Au final, ils se remirent en branle, et dans la mesure où le cheval de Tarik était désormais disponible, Nath’ se posa comme volontaire pour le monter, offrant ainsi une protection externe et une arrière garde au convoi. Après donc une courte demi-heure de pause durant laquelle ils eurent ces discussion et se restaurèrent sommairement, ils reprirent la route avec un entrain mitigé.

L’après-midi s’écoula doucement, peu riche en évènements. Tout juste, peut-être, le passage d’un sanglier, qui failli faire peur aux chevaux : ce dernier chargea le carrosse à une reprise, mais n’eut pas l’occasion de répéter sa performance. En effet, une flèche particulièrement véloce le perfora au flanc, et bifurqua de manière fort peu naturelle pour le traîner à l’écart du convoi. Dans les secondes qui suivaient, 3 autres, consécutives, perforaient la chaire de l’animal, qui finit par s’éteindre en poussant des grommellements de souffrance. Chargeant la bestiole sur le toit du carrosse en veillant bien à ne pas le poser sur les bagages, le groupe décida de s’en servir comme repas pour le soir, et reprit sa route. Ils finirent par dresser un campement, s’arrêtant alors que la nuit était déjà tombée dans une clairière. Le cocher, qui accessoirement faisait également parti des cuisiniers de la maison du comte, fit avec le concours des gardes toute une installation pour faire rôtir l’animal, tandis qu’ils montaient 3 tentes : une pour les deux gardes – ou en tout cas, celui qui dormirait – une pour le cocher et Nathaniel, et une autre pour Nanako : le comte, quant à lui, dormirait dans la diligence, qui pouvait être aménagée pour ce genre d’occasions. Participant aux préparatif avec une certaine efficacité (il passa en réalité son temps à s’aider de sa magie de manière plus ou moins perceptible durant le montage des tentes), Nathaniel s’étira en baillant, et se massa doucement la nuque … Le comte s’était mis à lire un roman, les deux gardes conduisaient une partie de dé dans laquelle ils avaient invité le cocher et, si elle le désirait, Nanako, et la viande ne serait pas cuite avant plusieurs longues dizaines de minutes … Comme avec toutes les viandes de porcs, en somme. Soupirant, le bouffon observa longuement les étoiles, avant de se tourner vers le groupe, décrochant son sac de la selle du cheval.

Je vais aller faire un petit tour … Ne m’attendez pas pour commencer à manger. Je ne m’éloigne pas beaucoup, je vais juste jeter un coup d’œil aux environs.

Plutôt solitaire de nature, le mage noir n’avait absolument aucune raison en particulier de faire cela : il ne comptait pas reconnaître les environs, pas plus que chercher du bois pour le feu ou aller chasser un peu plus de gibier … Il avait simplement besoin d’un peu de temps pour lui-même, en quelques sortes. Marchant dans les sous-bois en prenant bien garde à ne pas se prendre les pieds dans une racine ou autre bêtise du genre, il ne marcha pas bien longtemps : en à peine 5 minutes, il parvint sur le bord d’un étang particulièrement calme. Ils étaient à cet endroit, donc ? Il l’avait repéré sur la carte, mais n’aurait pas songé leur avancée si rapide … Il fallait dire que les cheveux allaient bon train, en même temps : ceux qui tiraient le carrosse du comte avaient l’air particulièrement puissants. Enfin … S’approchant de l’eau, il s’amusa à tremper ses doigts dedans pour en vérifier la température. A son agréable surprise, cette dernière n’était pas forcément aussi basse qu’il ne l’aurait redouté, même si tôt dans l’année … Et en prime, il n’avait pas eu l’occasion de prendre une douche ou un bain le matin même avant de partir. Dans ces conditions … Vérifiant, du regard, que personne n’était dans les environs, il retira ses vêtements en toute simplicité, les posant un à un sur son sac de voyage, et ne gardant au final que son boxer et ses chaussures, le temps qu’il restait sur la berge. Sortant de son sac une lame dans laquelle était fixée un crochet, mit la lanière de son sac dans ledit crochet, rentra du mieux qu’il pouvait ses affaires dans le sac … Et balança l’objet pointu sur une branche qui se trouvait au-dessus de sa tête. Le dispositif se planta avec un bruit sec, et le mage l’observa quelques instants pour s’assurer qu’il ne retomberait pas, avant de finalement retirer ses chaussures pour rentrer dans l’eau.

Si l’immersion fut progressive, elle n’en fut pas pour autant des plus lentes, tout au contraire : n’affichant ni émotion, ni le moindre problème, le bouffon marcha lentement pour rentrer dans l’eau, et ne s’arrêta que lorsqu’il fut immergé jusqu’à la taille, soupirant doucement alors qu’il levait la tête au ciel et laissait ses mains tremper. Observant un peu la lune presque pleine qui s’élevait déjà dans les cieux, il baissa les yeux, et observa grâce à sa lumière les nombreuses cicatrices dont son corps était parcouru. Si, à l’heure actuelle, il était un assassin confirmé, un combattant compétent et un adepte d’une maîtrise optimale de la situation ? Oui, bien sûr. Mais les traces de coupures fines et blanchâtres ne dataient pas d’hier. Sous la peau pâle roulaient doucement des muscles secs et entretenus, qu’il humidifia doucement en prenant un peu d’eau dans ses mains pour se la verser dessus. Lorsqu’il fut à peu près satisfait, il prit une grande inspiration, et plongea. La sensation, le choc de l’eau fraiche lui aurait presque fait recracher le contenu de ses poumons, s’il ne s’y était pas attendu. Sentant ses cheveux ondoyer autour de son crâne, il se propulsa vers l’avant de ses bras et jambes, nageant sous l’eau durant quelques instants, avant de retourner à la surface, et d’inspirer de grandes goulées d’air frais. Secouant un peu la tête sur les côtés, il se dégagea quelques mèches du visage d’une main, puis se remit à nager, laissant cette fois sa tête hors de l’eau alors qu’il avançait calmement. Progressant en cercles pendant plusieurs minutes, il finit par s’arrêter, et posa, sous l’eau, genoux à terre. Se redressant pour émerger, il darda ses yeux d’or sur la forêt, un petit sourire venant s’installer sur son visage.

Est-ce que je pourrais avoir le plaisir de savoir qui va là ? Je n’ai pas eu l’impression que la région était particulièrement habitée, donc je doute qu’il s’agisse d’une personne des environs venue pour son habituel bain de minuit …

Invisibles et silencieux, sous l’eau, des silex se mettaient en mouvement, s’arrachant du fond boueux de l’étang pour venir progressivement à la surface. Flottaient-ils ? Pas le moins du monde : le bouffon, repérant tout ce qui pourrait servir de catalyseur à sa magie, s’armait simplement en anticipation …Son sac était également une réserve conséquente de lames de jets, mais jusqu’à ce qu’il sache qui ou quoi se trouvait dans le bois, il préférait le laisser secret. Dardant ses yeux d’or sur l’orée de la forêt, il resta en place … Un vent léger se leva. Super. S’il restait ainsi trop longtemps, il avait toutes ses chances d’attraper froid.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Jeu 13 Oct 2016 - 21:52

Avant de reprendre la route, plusieurs questions restaient sans réponse et tout le monde commença à donner son avis. Nanako resta  à l’écart, préférant ne pas interférer et prolonger cette attente qui lui paraissait déjà interminable. Lorsqu’enfin une décision fut prise, la diligence pu repartir avec deux fois moins de gardes qu’à leur départ de Selesnya… le comte s’était montré assez réticent à l’idée de poursuivre leur périple sans renfort, mais Nathaniel le fit une nouvelle fois changer d’avis. Ainsi, le mage prit place sur le cheval de Tarik, restant à l’arrière du véhicule pour mieux protéger le convoi. Nanako avait repris sa place à l’intérieur du carrosse et due lutter pour ne pas s’endormir. L’après-midi fut calme, très calme… le groupe se vit attaquer par un sanglier, mais celui-ci finit transpercer de flèches et ligoté au toit. Pauvre sanglier pensa Nana en écoutant ses grommellements. Au moins, il servirait de diner pour le soir et ne serait pas mort inutilement…

Ils finirent par dresser un campement au beau milieu d’une clairière, alors que la nuit était déjà là. La petite troupe prépara toute une installation pour faire rôtir l’animal et monta les tentes pour la nuit. Nanako mit également la main à la patte, étonnée et en même temps rassurée de constater qu’elle en avait une pour elle toute seule. La sirène prit soin de déposer son sac à l’intérieur de sa tente avant de rejoindre les deux gardes et le cocher pour une partie de dés. Elle s’amusait bien et fumait inlassablement ses cigarettes, complètement captivée par le jeu. Elle ne remarqua que bien plus tard l’absence de Nathaniel, qui visiblement préférait s’isoler.

- Où est passé Nathaniel ? demanda-t-elle à ses camarades de jeu.
- Il est partit visiter les environs, il y a une vingtaine de minutes je crois. Répondit un des gardes.
- Je vois…

Nanako décrocha un petit sourire avant de lancer ses dés sur le sol. Elle avait très envie de le chercher et de discuter un peu avec lui avant de se coucher, mais quelque chose en elle lui intimait de rester là. Et puis, laisser le comte sans surveillance n’était pas prudent. Elle passa donc le reste de la soirée en leur compagnie, savourant par la même occasion le sanglier qui était cuit à point.

Le mage solitaire n’avait toujours pas refait apparition, et cela commençait à inquiéter notre sirène. Assise en nuisette dans sa tente, elle mordait sa lèvre nerveusement tout en défaisant ses tresses. Une fois la totalité de sa chevelure détachée, Nana lâcha un soupir. Non, décidément, elle n’arriverait pas à se coucher tant qu’il n’était pas revenu ! C’est donc bien décidé à le trouver que la magicienne sortie de sa tente comme une furie, avant de se rendre compte qu’elle était en petite tenue. Les regards étonnés des soldats, toujours assis autour du feu, finirent par la ramener à la réalité. La jeune femme leur adressa un sourire crispé avant de s’éloigner pour ne plus être dans leur champ de vision.

Nana marchait pieds-nus dans les bois, boitant légèrement à cause de sa blessure, et ouvrant l’œil plus que jamais. Quelques minutes plus tard, elle arriva à un point d’eau fort agréable, et se dit que son coéquipier s’était peut-être arrêté à cet endroit paisible... Bingo ! Elle aperçut Nathaniel en train de nager. Les battements de son cœur se firent plus rapides, et elle ne se gêna pas pour l’observer.


- Est-ce que je pourrais avoir le plaisir de savoir qui va là ? Je n’ai pas eu l’impression que la région était particulièrement habitée, donc je doute qu’il s’agisse d’une personne des environs venue pour son habituel bain de minuit…

Etant donné que Nanako était repérée, elle n’attendit pas plus longtemps pour s’avancer à la lumière de la lune, dévoilant ainsi son identité au mage. Ses longs cheveux bleus voletaient au vent tandis qu’elle se rapprochait de l’eau sombre.

- Effectivement je ne viens pas prendre mon bain de minuit mais chercher mon coéquipier qui se faisait long. Je ne trouvais pas le sommeil, j’étais inquiète… mais maintenant que je te vois, je me doute que tout va bien pour toi. Dit-elle amèrement.

La sirène se rapprocha suffisamment de l’eau pour la toucher du bout des pieds. Elle était fraîche, mais pas autant qu’elle se l’était imaginée.

Elle avait vite compris que Nathaniel était quelqu’un de plutôt solitaire, qui ne se préoccupait pas forcément de ce que pouvait penser les gens… et ce n’était pas un mal, car elle aussi était comme ça, mais aussi stupide que cela puisse paraître, elle s’était attachée à cet énergumène. Et ce, même s’ils ne s’étaient jamais vu avant le début de cette quête.

Très bonne nageuse, Nana ce serait bien laissée tenter par une petite baignade nocturne, mais allez savoir pourquoi, elle se ravisa. Elle frotta ses bras pour se réchauffer tout en regardant Nathaniel qui regagnait doucement le rivage. C’est sûr qu’en nuisette il ne faisait pas très chaud à une heure si tardive… elle n’allait pas tarder à regagner sa tente et à s’emmitoufler dans sa couverture !

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Mer 2 Nov 2016 - 23:41

Le bouffon était en train de tenter de visualiser toutes les possibilités. Et parmi ces dernières, au vue des différentes options qui s’offraient à lui pour fuir ou combattre, et de manière générale s’il était bien face à un ennemi … Et bien, si ce dernier manipulait l’eau, l’insupportable comédien était mort. Dans en tout cas presque tous les cas de figure. Il n’avait pas grandes chances de l’emporter non plus s’il se trouvait à quelqu’un qui manipulait la foudre cependant, même si la superficie du lac était peut-être trop grande pour qu’on puisse y faire rentrer une décharge électrique qui soit mortelle pour tout individu qui s’y baignait. Cependant, au final, il fit fi de ce genre de théories en voyant qu’il ne s’agissait que de sa partenaire. Certes, il lui fallu quelques secondes pour la reconnaître, avec les cheveux détachés et une toute autre tenue que celle à laquelle elle l’avait habitué … mais c’était bien elle. Ou alors, si ça ne l’était pas, il pouvait se remettre à échafauder 1001 plans pour s’en sortir. Mais la probabilité qu’on ait imité l’apparence de sa partenaire du jour et qu’on l’ait ainsi changée pour qu’elle l’approche durant son bain de minuit était particulièrement faible, et quelque peu capillotractée : il décida d’accorder le bénéfice du doute à cette fausse Nanako.

Rafraichi par la température ambiante, il se laissa doucement aller vers l’avant, nageant lentement vers la rive pour faire fonctionner ses muscles et chercher à leur faire produire plus de chaleur. La tête seule hors de l’eau, quelques mèches trempant au niveau de sa nuque, il ne chercha pas tout de suite à répondre, chantonnant plutôt une petite mélodie entre ses lèvres, qui n’exprimait pas grand-chose à part une humeur relativement joviale. Finissant par parvenir à la berge, ou du moins, non loin de cette dernière, il posa pied sur fond boueux de l’eau, et se redressa, se remettant debout en se serrant le torse avec ses bras. Maintenant qu’il n’était plus immergé que jusqu’aux genoux, le froid se faisait encore plus mordant, et son sourire ne parviendrait malheureusement pas à le masquer. Se frictionnant cependant à peine quelques instants, il pencha la tête sur le côté pour observer sa collègue, un petit sourire joyeux sur le visage.

Je suis quand même assez impressionné, Nana … Je veux dire : je ne te pensais pas maîtresse tacticienne. En temps normal, je t’aurais demandé comment tu aurais pu partir me chercher dans une tenue aussi légère, mais juste pour empêcher que la question soit légitime, tu fais en sorte de me trouver quand je suis encore moins vêtu que toi. Non, vraiment, chapeau …

Finissant de sortir de l’eau, le bouffon fit quelques pas sur la berge en prenant soin de ne pas marcher sur quelque chose de trop sale ou dangereux à son goût, et s’arrêta à un pas à peine de la demoiselle. Tendant un bras, il leva les yeux vers son sac, toujours perché dans les arbres : ce dernier trembla légèrement, alors que la lame qui l’accrochait s’extrayait lentement de son support …Et subitement, il tomba, heureusement dans heurt, dans la main tendue du bouffon. L’ouvrant et fouillant un peu à l’intérieur, il tira une serviette, qu’il enroula contre toute attente … Autour des épaules de la demoiselle à cheveux bleus. Souriant, il renvoya le couteau d’où il venait, le plantant à un endroit différent. Encore une fois, la lame s’enfonça bien assez loin pour ne pas être capable de ressortir d’elle-même, et le bouffon posa les poings sur les hanches.

Par contre, même si c’était finement joué de ta part, tu restes tout de même en nuisette … Je suppose que retourner s’asseoir prêt du feu ne devrait pas vraiment te déranger. A moins que tu ne préfères nager ? En fait, à remuer des bras et des jambes comme ça, on se réchauffe plus vite qu’il n’y paraît … Mais c’est seulement si tu veux …Et je peux comprendre que ce ne soit pas le cas : c’est ta tenue pour la nuit, pas un maillot de bain. Et comme je doute que tu en ai une de rechange … Enfin.

Se passant une main dans les cheveux, et essorant ainsi une certaine quantité d’eau glacée qui lui coula dans le dos, le bouffon ferma les yeux un instant, soupirant doucement entre ses lèvres. Les rouvrant, il observa le ciel pendant un instant, cherchant peut-être quelque chose qui lui échappait entre les étoiles … Mais quoi qu’il trouva, cela le fit sourire, et baisser finalement le nez à nouveau, observant la jeune mage dont il posa doucement les mains sur les épaules pour les masser doucement. Le geste n’était pas particulièrement destiné à être connoté : le bouffon cherchait simplement, via la friction, à lui faire récupérer un peu de cette chaleur dont elle semblait avoir tant besoin. Elle non plus n’était pas bien grasse : le constat n’était pas particulièrement nouveau, dans la mesure où ses vêtements ne la voilaient pas énormément … Mais en cet instant, et dans une tenue pareille, c’était encore plus évident. A vrai dire, plus le temps passait, et plus le bouffon se demandait comment était-elle parvenue jusqu’à lui dans des vêtements pareils …Bah. La question n’était pas très importante, et la réponse simple : en marchant. Celle qui était intéressante, en revanche, c’était « pourquoi ».

… Tu sais, je t’ai promis que je ferais des efforts pour ne pas trop parler … Et je dois admettre que c’est plus compliqué que je ne l’aurais cru. Mais … je me posais une question. Tu m’as dit que je me faisais long, c’est une chose … Que de ne pas me voir revenir t’empêchais justement de dormir, c’en est une autre … Et que c’en soit au point de venir me chercher un peu aléatoirement, une troisième … Mais ce qui m’interloque vraiment … C’est que dans l’histoire … J’ai eu l’impression d’entendre … Disons, presque une déception de savoir que je m’amusais bien, à barboter comme cela … Alors je vais essayer de condenser dans une seule et simple question.

Lentement, ses mouvements ralentirent, puis cessèrent. Ses mains, sèches côté paume, humides sur le dos, glissèrent contre la serviette, jusqu’à tomber dans le vide. Elles se balancèrent dans le vide pendant un petit instant, avant de remonter dans le dos du jeune dément, qui les croisa. Ce dernier se pencha légèrement vers l’avant, toujours souriant, jusqu’à ce que ses deux iris dorés ne soient qu’à une dizaine de centimètres de ceux, roses, de la jeune sirène. L’observant ainsi dans les yeux en penchant légèrement la tête sur le côté, il posa sa question sur un ton si doux et si discret que pour un peu, ses paroles auraient pu n’être qu’un rêve dans la tête de la jeune femme.

Je te manquais vraiment à ce point-là, Nanako ? Parce que si tu veux savoir comment je m’amusais tout seul, voir t’amuser avec moi … Il suffisait de demander.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Jeu 3 Nov 2016 - 15:47

Nanako regarda son coéquipier rejoindre la rive en silence, l’air légèrement renfrogné. Elle avait imaginé le pire en partant le chercher à cette heure si tardive et en petite tenue qui plus est… et lui, égoïste comme il était, ne s’était même pas dit qu’elle pouvait s’inquiéter. Forcément, le voir nager paisiblement dans ce lac comme si de rien n’était ne la mettait pas de bonne humeur.

Le jeune homme se releva hors de l’eau, s’avançant tout en s’enroulant de ses bras à cause du froid. Un petit sourire apparu sur son visage et Nana fronça davantage les sourcils. Qu’allait-il encore dire comme ânerie ? Elle écouta ses paroles pleines de taquineries et leva les yeux au ciel. Cela n’avait rien à voir avec le fait d’être tacticienne et il le savait très bien.


- Si je suis dans cette tenue c’est que je comptais me coucher. Excuse-moi de ne pas avoir pris le temps de me rhabiller alors que tu étais peut-être en danger. Tu es tellement mystérieux, tu ne me dis rien ! dit-elle boudeuse.

Le bouffon vert fit tomber son sac dans sa main avant d’en sortir une serviette. Nanako en déduit qu’il avait tout prévu ! Sauf de venir l’avertir de son excursion nocturne. Elle soupira, puis se crispa subitement. Nathaniel venait de déposer la serviette sur les épaules de la sirène. Surprise, elle ne trouva rien d’autre à dire qu’un petit « merci » presque inaudible. Elle serra la serviette contre elle, savourant le fait de moins trembler comme une feuille.


- J’aime beaucoup nager et même si l’eau n’est pas si froide qu’il n’y paraît, en sortir sera nettement plus dur avec ce vent glacial. De plus, comme tu l’as si bien constaté, je suis en nuisette et non en maillot de bain et je n’ai rien d’autre à me mettre pour dormir. Et enfin… je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée avec ma blessure… le mieux serait de retourner au campement.

Nathaniel posa alors ses mains sur les épaules de la sirène et vint lui masser avec délicatesse. Elle se raidit dans un premier temps, puis reprit une respiration plus lente et finit par se détendre. C’était agréable, et heureusement qu’il faisait nuit car elle sentait bien que ses joues avaient changé de couleur… au moins, cela avait pour mérite de la réchauffer.

- Bien sur que je suis déçue ! Par ton comportement… marmonna-t-elle.

Le mage cessa petit à petit son massage et laissa ses mains glisser le long de la serviette jusqu’à ce qu’elles retombent près de son corps. Ses bras ne restèrent pas bien longtemps en place, car très vite il les croisa dans son dos, avant de se pencher vers Nanako, l’œil planté dans l’œil. Il était très près tout à coup, et cela déstabilisa la demoiselle qui tenta malgré tout de rester impassible.


- Je te manquais vraiment à ce point-là, Nanako ? Parce que si tu veux savoir comment je m’amusais tout seul, voir t’amuser avec moi … Il suffisait de demander. Dit-il d’une voix délicieuse.

Nanako cru sentir ses jambes se dérober sous elle. Pourquoi agissait-il ainsi ? Il devait bien se rendre compte qu’il la mettait dans tous ses émois ! Elle n’aimait pas que l’on se joue d’elle de la sorte alors que ses intentions étaient tout à fait honorables.


- Non ce n’est pas ça… vraiment pas… c’est.. c’est qu’il aurait pu t’arriver quelque chose ! Et puis de toute façon, je n’ai pas à me justifier ! J’en ai marre de toi c’est bon.

Retirant la serviette de ses épaules elle lui jeta au visage avant de faire demi-tour, bien décidée à rentrer au campement. Grrr ce qu’il pouvait être détestable par moment ! Elle ne comprendrait probablement jamais rien à ce type, et c’est sans doute ce qui l’attirait autant. Boitant toujours autant, Nanako ne cessa de pester contre Nathaniel Mandrake jusqu’à ce qu’elle aperçoive la lumière chancelante du feu. Enfin une bonne nouvelle, elle ne s’était pas perdue ! Plus que quelques mètres et elle serait assise près de la fleur rouge.

- Aïe !

Nana s’arrêta et s’accroupit aussitôt pour se tenir la jambe. Quelle idée franchement… partir à la recherche de Nathaniel avec cette blessure ! Cela n’allait pas arranger les choses. Elle avait surtout besoin de repos avant d’entamer la prochaine journée. Notre sirène essaya de se relever et de reprendre la route mais visiblement elle ne pouvait pas bouger la jambe pour le moment. Cela la lançait affreusement dès qu’elle posait le pied par terre ! Elle espérait que Nathaniel ne la suivait pas car elle ne voulait pas qu’il la voit ainsi, elle se sentirait encore plus ridicule. Ramassant un bout de bois sur le sol, elle décida de s’en servir pour éviter d’appuyer sur sa jambe blessée tout en gardant un certain équilibre. Elle y était presque, lorsque tout à coup elle entendit un bruit dans les fourrées derrière.

- Y'a quelqu’un ?... demanda t’elle d’une voix sèche.

Pas de réponse, tant pis ! Elle continua son avancée tant bien que mal.

Malheureusement pour elle, il y avait bien quelqu’un dans son dos. Une silhouette se forma, mais elle l’aperçu trop tard… un mouchoir fut posé sur son visage et malgré son cri perçant dans la nuit noire et sa résistance, elle perdit connaissance. C’est ce qu’on pouvait appeler une vraie soirée de m**de !


* *
*

La sirène rouvrit les yeux bien plus tard, complètement perdue. C’est avec horreur qu’elle comprit à qui appartenait celui-ci… les brigands ! Décidément, ils ne lâchaient pas facilement l’affaire, et étaient plus nombreux que prévu… Attachée à un poteau en plein milieu du campement, la jeune femme réalisa à quel point elle était dans une situation délicate. Pour commencer, elle ne savait pas où elle était. Elle se rappelait vaguement de sa soirée mais certainement pas comment elle était arrivée là.

- La petite magicienne est réveillée ça y est ?

Nana leva les yeux vers son interlocuteur. Un homme portant une capuche, imberbe à première vue.

- Tu te demandes probablement ce que tu fais ici, mais ne t’inquiètes pas les réponses viendront. En tout cas je te donne ma parole qu’on ne te fera pas de mal. On a besoin de toi.

- Laisse-moi deviner… pour m’échanger contre le comte c’est ça ? Si c’est votre idée elle est bien pourrie car j’ai été embauchée pour le protéger, et non pour sauver ma peau et vous le livrer. Le choix est vite fait : je préfère crever. Répondit Nana un petit sourire aux lèvres.

- Et bien… je ne m’attendais pas à ça de la part d’une demoiselle en nuisette… bien qu’on m’a rapporté que tu étais une excellente tireuse. Ne te la joue pas trop, tu risques de regretter si tu ne changes pas d’avis… mais je vais te laisser réfléchir à tout ça encore quelques heures. J’ai dis qu’on ne te ferait pas de mal, mais mes hommes ont le droit de s’amuser un peu avec toi si l’envie leur dit. Tu n’y vois pas d’inconvénient pas vrai ? dit le brigand en riant.

- Pourriture.

Nana le regarda s’en aller, se retenant pour ne pas pleurer. Elle était plus forte que ça, et elle pouvait encore s’en sortir grâce à sa magie. Voyons… Elle n’avait qu’à invoquer le Giant Cannon et tous les paralyser !  Elle jeta un coup d’œil à ses mains liées avant de se décomposer. C’était inutile de lutter, les chaines qui la menottaient étaient faites de minéraux destinés à sceller la magie… ces brigands n’étaient pas si bêtes finalement…

Nanako ne supportait pas l’idée de devoir rester ici sans rien faire. Et le simple fait d’imaginer Nathaniel venir la secourir était insupportable. Elle valait mieux qu’une demoiselle en détresse ! Elle était mage de Mermaid Heel et n’abandonnerait pas !


* *
*

Trois heures s’étaient écoulées et Nana s’était assoupie contre le poteau, toujours les mains liées dans le dos. Elle finit par sentir une caresse sur sa cuisse, ce qui la réveilla en sursaut.

- Ah casse-toi gros porc !! hurla-t-elle en repoussant un brigand à coups de pieds.
- Chef elle est pas très douce la donzelle que vous nous avez ramenée…
- C’est certain… mais peut-être a t’-elle décidé de nous venir en aide finalement ?
- Jamais de la vie ! Je vous ai dit, c’est peine perdue avec moi.
- Très bien. Garett tu peux l’emmener dans ta tente si ça te dit. Mais fait attention elle mord cette petite…
- Comment osez-vous ?! Repose-moi tout de suite espèce d’enflure ! cria la sirène qui venait d’être jetée sur le dos du brigand comme un vulgaire sac à patate.

Elle se retrouva dans un lit sans le vouloir (c’était bien la première fois) et comprit qu’elle devait agir et vite en voyant le dénommé Garett se dévêtir. Sérieux c’était quoi leur problème ? Et pourquoi ça arrivait toujours qu’à elle ce genre d’histoire ?

Bon elle ne pouvait pas se servir de sa magie mais au moins elle n’était plus accrochée à ce poteau… elle pouvait donc se défendre un minimum. Se jetant hors du lit elle envoya un coup de pied phénoménal en plein dans le visage de son agresseur avant de le bousculer et de s’enfuir.

Elle ne pourrait sans doute pas aller bien loin mais elle devait essayer ! Elle courrait vite, elle pouvait au moins atteindre les bois ! C’est donc tête baissée qu’elle s’élança en direction de la forêt. Elle sentit sa blessure au mollet se rouvrir mais ce n’est certainement pas ça qui l’arrêterait. Tout le campement était en alerte et plusieurs brigands s’étaient lancés à sa poursuite, mais ça y est, elle venait d’entrer dans le bois !

Une main se resserra alors sur sa chevelure bleue, qui malgré sa grande beauté, pouvait se montrer bien encombrante… et désavantageuse, car tel était le cas aujourd’hui. Le chef l’avait rattrapé et l’avait stoppé net en agrippant ses cheveux. Nana aurait eu un couteau et les mains libres, elle n’aurait pas hésité à se les couper mais malheureusement elle ne pouvait rien y faire…


- Vous nous quittez déjà ?

La sirène couverte de terre au pied du chef, tourna brusquement la tête vers la droite. Un autre homme se tenait à présent debout devant eux, mais les mèches vertes qui dépassaient de sa capuche ne trompaient pas : c’était lui. Nana avait envie de disparaître tant elle avait honte. Et en même temps, elle était plus qu’heureuse de le voir là.

- Tu en as mis du temps… dit-elle avec une petite mine.
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Dim 13 Nov 2016 - 19:08

Se prendre sa serviette dans la tête … Il émit un petit ricanement. Il l’avouait sans trop de honte : il ne s’était pas attendu à cette réaction … Mais, alors qu’il remontait doucement la serviette pour se frotter les cheveux avec, le bouffon émit un petit ricanement amusé. Non pas qu’il se moquait de la réaction de la jeune femme, mais elle l’amusait … Littéralement. Les émotions humaines étaient quelque chose de si fascinant et parfois aisé à prévoir … La gêne. La surprise. La colère, faute d’être assez à l’aise pour pouvoir répondre au bouffon autrement. Nanako, malgré son côté farouche, n’était pas forcément si peu aisée à comprendre … Et elle possédait bien malgré elle un côté mignon, que le comédien aimait bien, à sa manière. La laissant s’éloigner, il eut un soupire, passant le tissus sur son visage … Bah. Elle se calmerait probablement bien assez vite. Au pire, il irait lui demander pardon … Mais pas sans lui avoir en premier lieu laissé quelques minutes seule. Certes, chez certains, la colère agit comme un poison autoalimenté qui ne fait qu’augmenter avec le temps, mais pour d’autres personnes … Il faut juste un peu de temps pour relativiser. Il restait juste à espérer qu’elle serait dans le second cas. Passant finalement le tissu sur son corps, le loup sous couverture acheva de se sécher en regrettant qu’elle ne l’ait pas rejoint, et finit par se rhabiller rapidement. Après réflexion, il n’avait effectivement aucune idée de combien de temps il avait passé à nager, mais il était possible que ce soit un brin plus long que ce qu’il avait imaginé …Bah. Achevant de fermer sa veste, il remit son sac en place, regarda autour de lui quelques instants … Puis s’enfonça dans les bois, sur les traces de la jeune femme aux cheveux bleus.

Le camps n’était pas bien différent de comment il l’avait laissé, à part que l’animal embroché au-dessus du feu avait largement diminué question viande, et que la plupart des gens étaient allés se coucher. Seul un garde restait pour veiller, passant visiblement le temps à réfléchir, l’extérieur du carrosse, une chaude couverture sur les épaules. Lui faisant un signe, le mage faussement solitaire observa un peu les alentours … Visiblement, tout le monde dormait. Ou presque. Une petite lueur émanait de la tente de la jeune femme … Fronçant les sourcils, le mage s’interrogea, alors qu’il posait son sac non loin du foyer du feu de camps. Peut-être qu’il pouvait faire ces excuses auxquelles il pensait un instant avant ? Lentement, mais sans chercher à se rendre parfaitement discret, le jeune mage s’approcha de la tente, et s’accroupit devant … Il eut la surprise de voir le visage du compte brusquement sortir de l’ouverture, et recula quelque peu.

Mr. Mandrake !?
Monsieur de la Fère … Je ne m’attendais pas à vous trouver ici …
Et moi donc ! Où est Nanako ?
… Elle n’est … Une minute. Que faites-vous dans sa tente sans elle ? Vous l’attendiez ?
Et bien, vu la tenue dans laquelle elle a quitté sa tente, je me disais qu’elle ne passerait pas bien longtemps dehors, et … Tu l’as croisé, d’ailleurs ? Il me semblait qu’elle te cherchait.
… Je vais faire l’impasse sur le fait que vous attendiez une demoiselle en nuisette dans sa tente. Vous ne l’avez pas revue ? Elle n’est pas revenue au camp ? Elle était bien partie … Peut-être 20 minutes avant moi, elle aurait eu le temps de revenir avant même que je ne parte …

Le comte répliqua quelque chose, que le bouffon n’écouta pas alors qu’il se relevait lentement. Quelque chose clochait, clairement. Revenant sur ses pas, et saisissant au passage un morceau de bois dans le feu pour avoir un peu de lumière, il revint dans les bois …Et, approchant sa torche du sol, observa ce dernier. Ses recherches furent infructueuse pendant peut-être 5 minutes … Jusqu’à ce qu’il ne pose les yeux sur du liquide carmin, sur le chemin qu’il avait emprunté pour revenir au camp. Plissant les paupières, il observa les quelques gouttes de sang, et chercha un peu autour de lui … Quelque chose avait laissé des empreintes, non loin. En s’accroupissant à côté, il sut tout de suite quoi. Des bottes. Portées par un individu de plus d’une centaine de kilos. Ou qui portait une jeune femme sur ses épaules … Sortant une lame de sa manche, il décolla, quittant le sol pour s’élever au-dessus des frondaisons. Dans le ciel nocturne, il repéra, à plusieurs kilomètres probablement, une colonne de fumée … Un autre camp. Redescendant, il se remit à étudier le sol, priant pour que sa torche ne le lâche pas … Mais c’était avéré. Les traces partaient dans cette direction. Soupirant alors que sa source d’éclairage mourrait, il la jeta à terre, l’éteint sous son pied, et retourna vers le campement. Chose exceptionnelle : les yeux jaunes du bouffon étaient pour une fois emplis d’un genre particulier de détermination.

*     *
*

Je confirme, elle vous quitte !

Le hors-la-loi voulu saisir l’arme qui se trouvait à sa ceinture, mais celle-ci …S’éjecta de son fourreau avant qu’il n’ait eu le temps de la saisir, et échoua dans la main du bouffon, qui s’en saisit au vol. Presque aussitôt, le brun lâcha la longue mèche bleue qu’il tenait dans sa main, et tenta de saisir un couteau sous sa veste … Mais ce dernier resta bloqué dans son fourreau : tout-juste parvint-il à tirer son vêtement sur le côté d’une manière bien étrange avec un cri de rage et de frustration. Lorsqu’il réalisa que c’était peine perdue, le loup était déjà juste à côté de lui, et lui envoya un crochet, qu’il esquiva sans trop de mal. Le direct qui suivit fut bloqué sans mal … Et alors qu’il avait les bras levés devant son visage pour se protéger, il sentit une douleur atroce lui déchirer la jambe, et s’écroula à terre. Son pantalon commençait déjà à s’imbiber de sang, et il leva les yeux vers le dément, qui pencha la tête sur le côté … Et jeta l’arme à terre. Le combat était déjà terminé.

Franchement, j’aurais aimé la jouer gentil garçon, hein … Mais on dirait que vous persistez à ne pas me laisser le choix. Si tes compagnons passent à côté de toi : tu as … Disons, entre 10 et 15 minutes avant que la perte de sang ne devienne mortelle. Encore un peu moins avant que ta jambe ne devienne définitivement inutilisable. Bon, assez bavardés ! Nanako …

Sans vraiment demander son avis à la jeune femme –qui avait de toute manière les mains attachées dans le dos-, il la fit presque « sauter » sur le creux de ses reins en lui saisissant les cuisses, et se mit à courir dans les bois sans même prendre le temps de s’expliquer ou de regarder en arrière. De fait, ils n’avaient pas une fenêtre d’évasion bien grande, et le bouffon n’avait visiblement pas envie de reprendre le combat … Pas dans un contexte aussi défavorable. Finissant par bondir au-dessus d’une grosse racine, il fit encore quelques pas …Puis s’arrêta, levant les yeux au ciel, soufflant comme un bœuf.

Pfouu … Heureusement … Que tu n’es … Vraiment … Pas lourde … Mais je pense que … Mes jambes arrêtent …De nous déplacer à partir … D’ici. Aaaah … Comme par enchantement, trois lames sortirent de son sac, et si deux virent se placer devant ses pieds, à l’horizontale, la troisième au contraire bifurqua vers le haut, contournant les deux mages pour se glisser entre les poignets de celle qui était attachée, et couper ses liens. Suite à cela, toujours contrairement aux deux autres, elle rentra dans le sac. Il monta sur les deux couteaux restants …Et eut un bref moment d’instabilité. Houlà … Pas lourde, mais ça fait quand même une différence … Mhhh … Deux nouveaux couteaux se mirent à léviter, sortant du même sac pour se placer à côté des précédents …Et cette fois-ci, le duo s’éleva lentement dans les airs, de manière bien plus sure. Les élevant au-dessus de la cime, le bouffon se mit alors à avancer, plus vite que s’ils étaient restés à courir, mais bien moins rapidement que ce dont il avait l’habitude. Voilà … Je doute qu’ils maîtrisent le tir sur cible mouvante à plus de 30 mètres de haut du sol, vu leur équipement … Et dis-moi, on dirait que tu as fait de mauvaises rencontres, hier soir … Toi qui t’inquiétais pour moi. Enfin … Au moins, tu as l’air en un seul morceau et tout à fait vivante, vu comment tu courrais, c’est rassurant …

Le loup en aurait bien rajouté plus, mais il ne trouvait pas grand-chose à dire. Du moins, pas grand-chose d’important : il aurait pu balancer un nombre indéterminé de pitreries – dont certaines auraient étés proprement tordantes et d’autres, plus ou moins vaseuses – ou se contenter d’allonger ses phrases par des métaphores, des exemples, des figures de styles et autres passages lyriques, mais la situation ne s’y prêtait pas. Non pas qu’il n’était pas d’humeur. Mais ça ne s’y prêtait pas. L’expression indéchiffrable, il parcouru en quelques minutes une distance d’un ou deux kilomètres, avant de se poser sur un promontoire rocheux. Déposant avec délicatesse la jeune femme derrière lui, il poussa sur le creux de son dos pour faire craquer légèrement celui-ci, avant de soupirer. Se penchant, il sortit de son sac, étrangement gonflé … Un autre sac, appartenant à la demoiselle aux cheveux bleus. Lui lançant sans brusquerie, il se redressa, croisant les bras en se détournant un peu.

Quant au temps que j’ai mis, et bien … D’abord, on a fouillé la forêt pendant plusieurs dizaines de minutes avec les gardes pour s’assurer que tu ne t’étais pas juste perdue dans un coin … Ils ont insisté. Ensuite, le comte a été un enfer a convaincre … Pas qu’il ne voulait pas te sauver hein, mais entre envoyer tout le monde te chercher et prendre du retard, attendre de voir si tu réapparaîtrais, retourner à Selesnya prendre des renforts … J’ai fini par le persuader d’avancer pendant la nuit, et qu’on les rejoindrait. Et au passage, je me suis dit que je ne te retrouverais probablement pas beaucoup plus habillée que quand je suis partie, donc je t’ai pris quelques affaires … Ceci fait, je suis parti te chercher en solo, je suis tombé sur 3 gusses que je suis parvenu à maîtriser de façon plus ou moins élégante, et … Me voilà. Je ne pensais pas que tu me foncerais dessus dès mon arrivée, je dois dire.

Se disant que sa tirade avait duré bien assez longtemps pour laisser à la jeune femme le temps de se changer en quelque chose de plus commode, il cessa d’observer les alentours, pivotant doucement vers elle au cas où elle voudrait lui interdire de regarder. Il n’en fut cependant rien et, constatant qu’elle était prête, il fit un petit sourire, prenant l’air un peu moins sérieux maintenant que l’ambiance était tout de même un peu plus détendue. Jouant à faire virevolter un peu les 4 couteaux qu’il avait utilisés autour de lui, il ferma les yeux, se grattant un peu l’arrière de la tête en la penchant vers l’avant.

Enfin … à part ça, j’espère au moins que tu n’as pas cru que j’étais le genre de type à abandonner les amies derrière … Même si j’ai probablement pas donné la même impression tout à l’heure. Au passage … J’espère que tu supportes bien les nuits blanches … Parce qu’il doit être … Peut-être 4 heures du matin … Et que je préfèrerais qu’on rattrape le comte et les autres dès à présent. Aller, remontes … Mieux vaut ménager tes jambes, mhh ?

Attendant que la jeune femme ne se remette en place, il encaissa sans trop broncher la sensation de son poids sur son dos, et lui passa les mains sous les cuisses, les serrant doucement sans se montrer trop insistant … Le but était de supporter son poids, pas de lui faire croire qu’il était détraqué sexuellement. Surtout que, à terme, c’était probablement l’un des seuls domaines où il n’était pas … Détraqué, justement.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 14 Nov 2016 - 22:21

Nathaniel était venu seul, mais rien n’aurait pu faire plus plaisir à la jeune femme. Le voir ici était symbole d’espoir. La lame du brigand s’éjecta de son fourreau et se retrouva dans la main du mage. C’est à cet instant que Nana fut libérée de son emprise et elle en profita pour s’éloigner de son bourreau. Le combat se termina bien vite car les lames étaient inefficaces contre la magie de Nathaniel…

Quand il eut finit avec l’ennemi, le bouffon vert fit sauter Nana sur son dos et se mit à courir dans les bois sans attendre. Nathaniel ne courut cependant pas très longtemps, à bout de souffle. Effectivement Nana n’était pas bien lourde, mais cela restait fatiguant de courir avec quelqu’un sur son dos. Le mage fit léviter quatre couteaux au lieu de deux pour plus de stabilité, puis ils s’élevèrent doucement dans les airs. La sirène jeta un petit coup d’œil en bas, mais se ravisa bien vite. Ils étaient à plus de 30 mètres et même si elle n’était pas connue pour avoir le vertige, elle ne se sentait pas à l’aise. Son coéquipier mentionna ses mauvaises rencontres de la veille et elle ne put retenir un soupir d’épuisement. Elle n’avait pas très envie de discuter et se contenta de caler sa tête contre le dos de Nathaniel, profitant de ce moment pour se reposer.

Le mage finit par se poser sur un promontoire, déposant la sirène derrière lui. Il en profita pour se faire craquer le dos, et une fois encore, elle se sentit gênée d’être un « poids » pour lui. Il fouilla alors dans son sac et en extirpa un autre sac, appartenant à Nanako. Elle le rattrapa au vol en le remerciant. Il avait pensé à tout se dit t’-elle en souriant discrètement.

La sirène le regarda se détourner avant d’ouvrir son sac pour prendre ses affaires. Elle écouta ce qu’il lui disait tout en retirant sa nuisette. C’était sans doute la première fois qu’elle se fichait royalement d’être en simple culotte au milieu de la forêt ! Elle était bien trop contente de se débarrasser de ce chiffon et de retrouver des vêtements propres. Elle enfila une combi-short steampunk de couleur noire ainsi que ses bottes, ce qui serait nettement plus pratique pour marcher. Nana se mit ensuite à tresser ses longs cheveux bleus avec rapidité, ne faisant pas attention au côté esthétique mais plutôt pratique… bref, ça n’avait rien de parfait mais au moins ce serait moins encombrant. Elle était fin prête !


- Tu sais ma remarque était plus ironique qu’autre chose… euh, est-ce que tu peux m’aider ? dit la sirène en se tournant pour qu’il puisse remonter la fermeture éclair jusqu’en haut de sa nuque.

La jeune femme attendit patiemment qu’il s’exécute puis se positionna de nouveau face à lui.


- Je savais que tu me chercherais mais au beau milieu d’un campement ennemi, les mains liées, et ne pouvant utiliser ma magie… je dois avouer que j’étais désespérée. Ah et ne t’en fais pas pour moi, les nuits blanches ça me connait ! Ne nous attardons pas plus longtemps, allons retrouver le comte.

Nanako s’apprêtait à descendre du promontoire quand Nathaniel suggéra qu’elle reprenne position sur son dos pour ménager ses jambes.  Elle baissa les yeux vers sa blessure de nouveau ouverte et constatant que le pansement était imbibé de sang elle finit par hocher la tête, c’était effectivement plus sage.

Elle s’approcha donc de son coéquipier et s’agrippa à ses épaules pour grimper sur son dos. Nathaniel passa ses mains sous les cuisses de la sirène, les serrant suffisamment pour qu’elle tienne bien en place. Nana ne put retenir un petit frisson au contact de sa peau sur la sienne mais se ressaisi bien assez vite.

Les minutes s’écoulèrent rapidement tandis que le paysage défilait sous les yeux du bouffon. Et Nana, qui était si bien habituée aux nuits blanches, venait pourtant de s’endormir contre Nathaniel. La chaleur qui se dégageait de son corps était agréable et réconfortante, et c’est sans doute ce qui la plongea dans un sommeil profond.

Nana rouvrit les yeux bien plus tard, étonnée de s’être endormie. Ses jambes étaient engourdies et l’espace d’une seconde, elle avait presque oublié où elle était. Lorsqu’elle eut de nouveau les idées en place, la demoiselle se redressa doucement, signe pour Nathaniel qu’elle se réveillait.


- Nath… on est bientôt arrivés ? Tu veux faire une pause peut-être ? Désolée je me suis assoupie…

Il devait être tard, enfin tôt, et il n’y avait encore aucune trace de la diligence. Le groupe avait sans doute prit plus d’avance que prévu.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 21 Nov 2016 - 21:59

S’élevant de nouveau dans le ciel nocturne en soupirant légèrement, le bouffon s’assura de ses prises sur sa jeune collègue sur son dos avant de commencer à traverser la forêt … Ou plutôt, la survoler, désormais. Les choses s’étaient enchaînées particulièrement rapidement, mais au final, le résultat était presque au-delà de ce qu’il espérait … Elle était saine et sauve, il n’avait pas eu à massacrer une trentaine de personnes pour la récupérer, et il l’avait libéré en un temps record. En grande partie grâce au fait que sa tentative de fuite à elle s’était déroulée pile quand le bouffon était arrivé sur les lieux … Deux minutes plus tôt, ou plus tard, et l’issue aurait pu être toute autre... et difficilement positive. Mais au final et bien heureusement, sa plaie à la jambe qui datait déjà d’hier était la seule blessure à déplorer chez la pistolero, et elle ne semblait avoir rien vécu de trop marquant … Puisqu’elle s’assoupit sur le bouffon alors que ce dernier était en plein vol. Il ne lui en tint pas rigueur : le contrecoup émotif d’une telle situation devait être énorme … Et après tout, il était plus que l’heure de dormir, à présent. Il ne chercha donc pas à la réveiller, se contentant de toujours progresser par-dessus les hautes ramures et les branches un peu tortueuses du sommet de la forêt, surveillant bien les routes sous lui. Cet exercice, beaucoup plus complexe qu’il ne pouvait y paraître, ne s’avéra cependant pas en dehors des capacités du bouffon à la chevelure verte, qui parvint à rattraper le retard qu’ils avaient accumulé durant tout ce temps en l’espace d’une heure ou deux de vol, peut-être. Puiser autant dans ses ressources n’était peut-être pas des plus prudent … Mais ils n’avaient pas vraiment le choix, s’ils tenaient à pouvoir rejoindre le conte dans les temps et terminer la quête avec lui. Ces clients, parfois …

Sentant qu’on s’éveillait derrière lui, il eut un petit sourire en tournant la tête sur le côté, et se mit à perdre de l’altitude. Progressivement, bien sûr : donner la jeune femme l’impression qu’elle était en chute libre au moment où elle émergeait était certes un moyen on ne peut plus efficace de la réveiller un bon coup, mais … Ce n’était pas très correct, comme manière de faire. Le bouffon eut un léger soupire, hochant doucement la tête en réponse à ses paroles, plissant un peu les yeux alors qu’il regardait au loin.

Je confirme, il va falloir faire une pause …Mais nous allons marcher, ma belle ! J’ai conclu avec le cocher qu’il s’arrêterait d’avancer le groupe lorsque nous nous trouverions au niveau d’un pont qui figurait sur la carte … Et je le vois non loin d’ici. Bien sûr, ils ont dû s’enfoncer un peu en dehors du chemin, pour ne pas rester visibles … Je ne sais pas trop comment ils se sont dissimulés, on verra bien.

Cessant tout à fait d’avancer, le jeune homme finit par passer entre plusieurs arbres, descendant entre les différentes branches et frondaisons sans trop de peur, mais bien concentré sur sa tâche. Garder la jeune femme sur son dos durant si longtemps, en soit, aurait été une épreuve difficile, mais surmontable … Mais là où le dément était surtout épuisé, c’était question réserves magiques. Il n’était tout simplement pas habitué à appliquer d’aussi grandes forces aussi longtemps avec ses lames … Ici, des forces assez intenses pour contrebalancer le poids de deux individus, ce n’était pas rien. Sautant à terre à peut-être un mètre ou deux du sol, il se réceptionna avec une certaine souplesse malgré ses genoux raidis, et laissa à sa compagne le loisir de descendre … Avant de se tourner vers elle, et de l’enlacer dans ses bras. Le geste, même s’il pouvait prêter à surprendre, n’avait rien de brusque ou de violent, même si le loup se surprit à trouver son étreinte … légèrement maladroite. Gardant la tireuse contre lui pendant quelques instants, il finit par se reculer, l’observant avec des yeux toujours aussi pétillants de malice, mais peut-être un peu plus cernés que d’habitude. Lui tapotant finalement l’épaule, il se détourna après avoir lâché quelques mots, se mettant à marcher sur le sentier.

Tu m’as fait m’en faire, du souci, dis-moi … Mais je suis content que tu sois saine et sauve. Aller, viens …

La réplique aurait eu beaucoup plus de légitimité si, au bout de quelques pas à peine, le jeune homme n’avait pas senti sa hanche faire un « cloc » assez sonore, et ne s’était immobilisé comme un vieillard qui venait de se bloquer le dos en gémissant légèrement de douleur … Les inconvénients de porter quelqu’un sur son dos trop longtemps tout en maintenant la même position. Se remettant cependant à marcher en boitant très légèrement sur quelques pas, raide, il laissa échapper un « ça va, ça va … » qui, ironiquement, réduisait à peu près à néant le charisme qu’il avait tenté d’avoir en parlant un peu plus tôt. L’incident fut sans conséquence du reste : au bout de 10 mètres peut-être, son boitement n’était plus qu’un souvenir, et le bouffon se contentait de se frotter légèrement les bras, refroidi par le voyage. Au bout d’une paire de centaine de mètres environ, soit après deux minutes de marche, ils croisèrent sur le bord de la route un homme qui, semblait-il, s’était assoupi sous sa cape de voyage … Le bouffon, perplexe, ne s’en approcha pas … Jusqu’à ce que l’homme ne se lève finalement devant eux, avec un grand sourire sur les lèvres.

Marco !
Nath’ ! Et moi qui pensais que j’allais devoir patienter ici toute la nuit … Je ne suis pas mécontent de voir que tu as réussi. Vous allez bien Nanako ? Ce n’était pas trop terrible, là-bas ?
Toussant un peu, le bouffon prit la parole sans en laisser le temps à la jeune femme avec un sourire. Je ne suis pas sûr qu’elle ait forcément très envie d’en parler, mais que ce soit le cas ou pas, j’aimerais plutôt que ce soit quand tout le monde sera là … et à côté du feu de camps, pendant que je serais en train de manger, aussi. Je n’ai rien avalé depuis hier midi, moi …
J’oubliais complètement ! On est à quelques mètres d’ici … Le comte a décidé de ne pas monter les tentes : vous monterez tous les deux dans le carrosse et dormirez durant le voyage si besoin, on repart dans une ou deux heures.

Le jeune homme aux cheveux verts se frotta l’arrière du crâne, hochant un peu la tête en signe de reconnaissance … Il ne voulait pas paraître égocentrique, maiiiiis … Il avait vraiment faim, au final.

* *
*

Le reste – ou plutôt, l’heure qui restait, quelque chose de ce genre – de la nuit passa comme un songe un peu effacé pour le jeune fou, qui n’était plus vraiment en l’état, pour ainsi dire. Mastiquant lentement la viande qu’on lui avait réchauffée, il répondait de manière drastiquement brève aux questions qu’on lui posait, et très vite, tout le monde compris qu’il n’était clairement plus là, côté cerveau. Il écouta à peine quand le comte annonça que, fort de l’avance qu’ils prendraient en ne faisant pas de pause trop importante cette nuit, ils prenaient bien toute la fin de l’après-midi et la nuit du lendemain pour se reposer à l’auberge qui leur servirait d’étape, et que le surlendemain, ils devraient arriver aux alentours de midi. Cette bonne nouvelle n’affecta pas vraiment la manière que le jeune homme aux yeux d’or eu, lorsqu’on lui signala qu’il pouvait, de monter dans le carrosse, de s’asseoir sur une banquette … Et de s’endormir sur place, contre la paroi. Aurait-il été conscience qu’il aurait probablement invité la jeune femme qu’il avait sauvé un peu plus tôt à dormir contre lui, également … malheureusement, l’étreinte de Morphée avait été la première dans laquelle il avait été piégé, et elle ne le relâcherait probablement pas avant … Au moins plusieurs heures de repos bien mérité.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Lun 28 Nov 2016 - 15:51

Comme Nana s’en doutait, le mage souhaitait faire une pause. Enfin c’était plus une nécessité, car à force d’utiliser sa magie pour leurs déplacements, celle-ci s’épuisait petit à petit. Nathaniel descendit progressivement pour ne pas brusquer la jeune femme dans sa phase de réveil, ce qu’elle ne manqua pas de remarquer. Désormais, ils allaient devoir marcher pour rejoindre le groupe. D’après Nath, ils seraient attendus au niveau d’un pont, qui se trouvait d’ailleurs non loin d’ici. Ouf, tant mieux ! Nana ne se voyait pas marcher des heures dans les bois à une heure si tardive. Même si sa sieste l’avait un peu requinqué, elle était toujours fatiguée. Son coéquipier aussi devait être à bout…

Le jeune homme finit par sauter à terre et laissa Nana descendre de son dos. Encore à moitié endormie, la sirène ne comprit rien de ce qu’il se passait… Nathaniel était en train de l’enlacer ? Elle fit les yeux ronds, raide comme un piquet et ne sachant quoi faire de ses bras pendants. L’étreinte était maladroite mais sans la moindre brusquerie, elle avait tout de l’honnêteté. Et c’est sans doute ce qui faisait fondre le cœur de Nana… ils restèrent ainsi pendant quelques instants avant que le bouffon vert ne se recule et l’observe avec des yeux pétillants. Ce qu’elle pouvait aimer son regard à celui-là ! Elle fut presque déçue de le voir lui tapoter l’épaule et de se détourner d’elle, mais les mots qui suivirent lui ramenèrent le sourire. Nath s’était vraiment inquiété pour elle !


- J’aurai mieux fait de me baigner avec toi finalement… répondit-elle amusée.

Nathaniel souhaitait désormais se remettre en marche, mais au bout de quelques pas à peine, sa hanche fit un claquement dès plus sonore. Même si Nana savait que c’était en partit de sa faute, elle ne put retenir un rire cristallin tant la scène était drôle.


- Et bah alors, on se fait vieux ? le taquina-t-elle.

Elle le regarda boiter pendant quelques secondes, se tenant les cotes tant son charisme venait d’en prendre un coup. Et puis, au bout d’une dizaine de mètres environ, son boitement disparu et elle cessa de rire pour finalement le suivre.

Ils croisèrent sur le bord de la route un homme qui se révéla être un membre de leur groupe. Celui-ci semblait heureux de les voir de retour, et en profita pour demander comment allait Nana. La sirène déglutit, avant de laisser s’échapper un petit « ça va » peu convaincant. Fort heureusement, Nath comprit tout de suite qu’elle ne voulait pas forcément discuter et le fit comprendre à Marco.
Le reste du groupe était juste à côté, ce qui était un soulagement pour les deux mages. Ils allaient enfin pouvoir se reposer… dans le carrosse. Ils comptaient reprendre la route d’ici une ou deux heures maximum, ce qui semblait tout à fait correct.

Nathaniel mangea un morceau avant de s’endormir comme un bébé dans la diligence. Nana n’était pas très étonnée de le trouver endormi, car un peu plus tôt de cela, il répondait à peine aux autres, pris de fatigue. La sirène préféra ne pas s’allonger à ses côtés, sachant pertinemment qu’elle ne se réveillerait pas avant plusieurs heures. Elle se contenta de regarder le paysage par la fenêtre du carrosse, se remémorant tous les moments passés depuis leur départ de Selesnya…


* *
*

Le reste de la nuit et toute la matinée se déroula sans encombre, ce qui était appréciable il faut le reconnaître. Mieux encore, ils avaient de l’avance et arrivèrent à l’auberge aux alentours de 15h. Ne voulant pas presser les choses, le comte avait décidé de faire étape ici, et de repartir le lendemain pour Crocus. Ce plan n’était peut-être pas le plus sage, mais il convenait parfaitement à la sirène qui n’avait qu’une hâte : se doucher et dormir dans un vrai lit.

A peine le carrosse arrêté, que Nana secoua son coéquipier et s’empressa de sortir. Elle inspira une grande bouffée d’air frais, le sourire aux lèvres. Ils n’étaient plus très loin de Crocus, ce qui signifiait que leur quête touchait à sa fin, ce qui détendait un peu plus l’atmosphère. Il y avait très peu de risque qu’il arrive quoi que ce soit à présent !

Une fois encore, Nana eu la chance d’avoir son propre petit nid : une chambre toute simple mais néanmoins pleine de charme, composée d’un grand lit, d’une salle de douche et de quoi ranger ses affaires ici et là… bref, le paradis pour une nuit ! Après avoir remercié le comte, elle prit la clé et monta les marches de l’escalier à toute vitesse, avant de refermer la porte derrière elle. Quelques minutes plus tard, elle s’était déjà débarrassée de ses vêtements et profitait de l’eau chaude.

Une fois habillée d’un jean délavé et de son fameux corset à ruban, Nana enfila ses bottes et descendit dans la salle commune aux alentours de 17h. Elle ne s’était pas attachée les cheveux et les avait brièvement séchés avec la serviette, sans trop de succès. La petite demoiselle à la chevelure bleue attira comme toujours les regards des clients de l’auberge, tandis qu’elle cherchait ses compagnons de voyage. Ils étaient peut-être en train de se reposer dans leurs chambres… sentant son ventre gargouiller, elle finit par demander à l’aubergiste s’il était possible de grignoter quelque chose. Il acquiesça avant de l’installer à une table au fond de la salle, lui apportant par la même occasion une bière au whisky qu’elle venait de commander.

Les minutes passèrent lentement jusqu’à ce qu’il revienne avec une assiette remplie de pâtisseries. Nana se servit à maintes reprises et ne manqua pas de demander une autre bière pour patienter.  Nathaniel ne pointait toujours pas le bout de son nez, seuls les soldats et le cocher étaient redescendus. Et la sirène se fit malencontreusement entraînée dans un jeu d’alcool… chose dont elle avait l’habitude, mais qui finissait souvent mal !

Il était presque 19h quand elle perdit aux cartes… et après plusieurs pintes, la sirène perdit patience et fit voler son verre en hurlant. Ses camarades tentèrent de la calmer mais hélas, c’était peine perdue.


- J’suis sure t’as triché ! Montre tes cartes ou je te grille ! dit-elle en pointant son Phaser sous le nez de son interlocuteur.

Et oui, une jeune femme alcoolisée ce n’est pas forcément beau à voir… et ça en fait un bruit ! Le pire, c’est que Nana devenait dangereuse à force de faire apparaître ses armes à tout bout de champ. Les soldats s’excusèrent auprès des clients avant d’emmener la sirène à l’étage pour qu’elle décuve un peu… C’est là qu’elle croisa Nathaniel, dans le couloir qui menait aux chambres.


- Bouh !! dit-elle en passant ses bras autour de son torse. T’étais où ? Je m’ennuyais de toi !

Voilà que Nana se mettait à faire l’enfant, toujours son Phaser en main. Les soldats firent un signe à Nathaniel, l’air de dire « bon courage » et filèrent en bas, bien trop contents de la lui laisser. La jeune femme venait de commettre une belle erreur en se laissant aller de la sorte… elle n’était plus apte à protéger le comte et pensait qu’il était hors de danger ici. Elle pensait qu’ils allaient tous profiter de cette dernière soirée à l’auberge, dans la joie et la bonne humeur, et que demain, tout prendrait fin. Malheureusement, les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaite…

Coller au mage comme une sangsue, Nana entortillait une mèche de ses cheveux verts entre ses petits doigts. Visiblement, il n’allait pas se débarrasser d’elle facilement…

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Ven 2 Déc 2016 - 19:08

Nath’ n’était, d’habitude, pas quelqu’un qui dormait énormément. C’était en réalité toute l’inverse : certains de ses compagnons de voyages s’étaient déjà demandé quand pouvait-il bien fermer l’œil …. Ou la bouche. Mais, en l’occurrence, et à l’issue d’une journée d’environ …. Pff, 26 heures ? Son organisme avait fini par lui signifier qu’il pouvait arrêter deux minutes, et se poser. Et ici, « deux minutes » s’étaient changées sans le moindre problème en une dizaines d’heures, durant lesquelles les seules périodes durant lesquelles il avait émergé avaient étés consacrées à trouver une meilleure position pour se reposer. Lorsque le carrosse freina – ce qui le réveilla – et qu’on le secoua légèrement pour … l’aider à émerger, le bouffon se contenta de bailler fortement, main devant la bouche, avant de souffler par le nez. Le compte, qui était assis juste en face de lui, lui fit un petit sourire. Le fait qu’il tente presque de se montrer aimable surprit le bouffon, mais ce dernier n’en montra rien, autant par politesse qu’intérêt.

Vous semblez avoir rudement bien dormi … C’était à tel point l’enfer, là-bas ?
Mhhhh … Pas certain que j’utiliserais ce terme … Mais il est certain que le voyage n’a pas été de tout repos, du moins pour sa première partie … Où sommes-nous ?
à une cinquantaine de kilomètres de Crocus … Je ne connais pas le nom exact de la ville, mais le cocher a dit qu’ils avaient une excellente auberge où nous pourrons nous reposer convenablement.
Je vois … Et … Que comptez-vous faire ?
J’ai quelques contrats et autres transactions que je comptais étudier durant le voyage … Mais le carrosse n’est pas un endroit bien pratique pour cela, et je préfère de loin le confort d’un bureau. Je vais probablement passer l’après-midi à l’auberge.
Bien … Notre itinéraire est connue ?
Nous l’avons légèrement modifié, nous sommes plus loin que l’étape où nous devions normalement nous arrêter ce soir. Il va falloir faire de la paperasse pour me faire rembourser partiellement les chambres …
Je vois ~ Dans ce cas, si ça ne vous dérange pas, je vadrouillerais un peu en ville, durant l’après-midi, avant de venir garder votre porte vers … Quelle heure est-il ?
15h et des poussières.
Parfait ! Disons … 15h45 alors ?
Très bien … de toute manière, les deux gardes et Nanako seront probablement à l’auberge également, je ne crains pas grand-chose.
Mieux vaut être sauf que désolé ~ a tout à l’heure, comte.

Descendant du véhicule sans trop se presser, le dément s’étira un peu les membres par quelques mouvements dans le vide, avant de faire un petit signe d’au-revoir au comte, et de laisser ses pas le guider là où ils le désiraient. Il n’avait pas réellement de projet en ville ou quoi que ce soit : il avait juste besoin de s’acheter quelque chose à manger, quelque chose à faire pour les quelques heures durant lesquelles il ferait le piquet devant la chambre du comte … Peut-être pouvait-il trouver un petit présent pour sa compagne de voyage, aussi, qui sait.

* *
*

La balade du bouffon ne dura, au final, que 25 minutes au lieu de 45. Achetant un pâté chez un boucher et un morceau de pain pour aller avec, il se contenta de manger quelques tartines faites à la va-vite en parcourant les rues, observant les magasins et se conduisant comme un parfait touriste innocent cherchant une breloque idiote à rapporter à un ami qu’il n’appréciait que moyennement. S’arrêtant devant presque tout et n’importe quoi, il ne restait cependant jamais bien longtemps … à part dans le cas d’une boutique de couture, où il rentra, et acheta, à la très grande surprise de la marchande, 54 aiguilles les plus fines possibles … Une ou deux rues plus loin à peine, dans une droguerie tout à fait commune, il prit un paquet de cartes classiques, qu’il rangea dans une poche de sa veste. Retournant à l’auberge, il se rendit dans sa chambre et y resta, sans le savoir, précisément durant la minute où Nanako sorti de sa propre pièce pour se rendre à la salle commune. Le temps de poser son sac de voyage et de changer de vêtements, il s’annonça ensuite au compte en toquant à sa porte et en lui indiquant qu’il resterait devant, et … Ne bougea plus de cette position. Adossé au mur, il jouait simplement avec le paquet et les aiguilles, insérant avec une minutie démentielles les fins tubes métalliques dans les morceaux de carton plat. Le but du « jeu », s’il y en avait un, était de ne pas bosseler les cartes pour faire comme si elles n’avaient subi absolument aucune altération … Et, presque miraculeusement, lorsque le dément termina d’enfoncer grâce à sa magie la dernière dans le 2nd Joker que comportait le jeu … Ce dernier semblait parfaitement normal. Tenant, dans une main, les cartes toujours parfaitement égales puisqu’elles étaient neuves, le bouffon se concentra légèrement … Et se mit à canaliser sa magie dans le paquet. Et un sourire illumina son visage enfantin.

* *
*

6 heures. Depuis que le dément s’était installé dans le couloir, il s’était écoulé 6 heures, voir peut-être un peu plus. Et l’endroit n’offrait pas énormément de distractions … De temps en temps, le loup vérifiait que le comte était toujours présent dans la pièce, mais ce dernier, répondant à chaque fois avec un ton légèrement agacé, lui confirmait bien qu’il n’avait pas bougé … Ce qui corroborait avec le fait que le jeune homme à la verte chevelure n’ai vu la porte s’ouvrir une seule fois. Fatigué de rester debout ou contre le mur, il avait fini par se saisir d’un tabouret, sur lequel il s’était installé en tailleurs pour continuer ses « jeux », si on pouvait les appeler ici. Et histoire de ne pas éveiller de soupçons sur la pièce où résidait son client, il s’était installé devant la sienne, tel un cerbère un peu maniaque et gloussant seul de temps à autres. Bien sûr, il avait croisé des clients (parfois même accompagnés de demoiselles qui n’étaient pas des clientes), mais ces derniers, lorsqu’ils lui adressaient la parole, se contentaient d’un bonjour avant de rentrer dans l’une ou l’autre des chambres à louer. En soit, ça ne « dérangeait » pas le magicien des aiguilles … c’était juste un poil triste, et un cheveu énervant. Rien qui n’influence réellement son comportement à vrai-dire : il était beaucoup trop loin au-dessus de ça pour vraiment être affecté. Cependant, la donnée changea lorsque, faisant un boucan du diable, une jeune demoiselle aux cheveux bleus et ses deux …Gardes du corps … se présentèrent à l’étage. Relevant la tête de ce qu’il était en train de faire, Nath’ eut un petit sourire amusé en la voyant de loin.

Ouuuuh, que j’ai peur ~ , répondit-il à son « bouh » enfantin.

Debout –et depuis un moment - lorsque le petit groupe était monté à l’étage, ce fut avec plaisir que le jeune homme croisa doucement ses bras dans le dos de la jeune femme pour l’étreindre, ne perdant pas son petit sourire joueur malgré l’expression qu’elle pouvait avoir. SI elle était probablement ivre ? Cela ne faisait aucun doute aux yeux d’or du loup : chaque seconde, l’information se confirmait un peu plus … Amusant. Faisant un clin d’œil aux gardes lorsque ces derniers l’abandonnèrent à cette jeune demoiselle un peu à côté de ses pompes, il haussa les épaules, peu dérangé par ce qu’elle faisait à une de ses mèches, et l’observa en penchant la tête sur le côté.

Et bien crois-le ou non, mais moi aussi je t’attendais ! A vrai dire, je me suis posté ici parce que comme ça, je serais absolument certain que je te verrais avant que tu ne partes te coucher … Au moins, cette fois tu n’auras pas à chercher bien loin pour me voir ~

Finissant par lui poser un doigt sur le nez, et par appuyer assez pour la faire reculer légèrement, il se saisit ensuite d’une de ses mains. Se retournant et observant les numéros des chambres, il conduit la jeune sirène à la sienne, l’invitant à entrer avant lui et gardant, une fois lui aussi dans la pièce, la porte très légèrement entre-ouverte. L’invitant à s’installer sur son lit avec le plus grand naturel du monde, il se saisit quant à lui de la chaise dans un coin de la pièce, la plaçant en face … mais du mauvais côté. Faisant légèrement jouer ses muscles, il déplaça également la petite table, l’installant entre lui et le matelas … Et posa son paquet de cartes dessus avec un petit sourire. Histoire de s’éclairer un peu, il se saisit de la lampe située sur la table de nuit, la posant non loin, et réduisant l’éclairage pour ne plus illuminer clairement que la table, et non la grande majorité de la pièce. S’installant ensuite jambes grandes écartées sur la chaise devant-derrière, et posant ses coudes sur le dossier, il haussa un sourcil en prenant un petit air joueur pour observer la jeune femme, amusé à la pensée qu’il avait amené une fille ivre dans ses bras sans la moindre mauvaise intention. Ni la moindre « bonne » intention qui aurait tout de même été réservée aux adultes, ceci dit.

Alors, pour tout te dire … J’ai un peu toujours eu envie d’avoir un public à qui montrer des tours. Le truc, c’est que comme je parle… Disons, un peu beaucoup, les gens s’ennuient très rapidement et ne sont pas forcément très très réceptifs … Mais comme j’ai cru comprendre que tu aimais les petits trucs avec les cartes, je me suis dit que ça pourrait probablement te faire plaisir d’avoir un petit show privé ~ Posant un doigt sur le paquet, il fit doucement tourner la carte qui se tenait sur le dessus … Avant de subitement lever la main, et faire voltiger l’ensemble, comme si ce dernier avait été propulsé en l’air par une explosion. Mais contre toute attente, plutôt que de s’éparpiller dans tous les coins de la pièce et de se répandre un peu partout, les cartes atterrirent en pile … Et dans la main ouverte du bouffon. Et puis bon … Pour être honnête, j’aurais très bien pu faire prestidigitateur. Je m’entraîne, de temps en temps … Mais je suis mage, aussi … Alors pourquoi ne pas rendre un spectacle de magie vraiment magique ? Mais avant que tu ne poses la question, non ! Je ne vais pas me contenter de m’arranger pour avoir les as de cœur … Là où j’utiliserais mes « talents » ou non, c’est à toi de deviner ~

N’attendant pas réellement qu’elle lui donne son approbation ou autres, le jeune homme aux cheveux teintés souleva le paquet, le déposant sur un des côtés de la table ..Avant de l’étaler en un arc de cercle devant lui, avec une régularité presque parfaite. Souriant en penchant la tête, il observa un instant le dos de toutes les cartes … Puis, glissa ses doigts sous la première, et la retourna. Son mouvement entraîna la suivante qui, située sur le dessus, fut obligée de faire la même chose, et de même pour la suivante, etc … Jusqu’à ce que, comme une vague, le jeu entier ne pivote, révélant les 4 familles à la jeune femme. Posant cette fois une main sous la dernière carte, il la souleva légèrement, et lui fit parcourir l’arc de cercle en sens inverse, ramassant cette fois l’entièreté du jeu dans sa paume, avant de le retourner une nouvelle fois et de le poser sur le plateau de bois. La soirée ne faisait que commencer, pour lui …

Et pour ce qui était du spectacle, il ne chercha pas à faire dans la demi-mesure. Que ce soit en battant simplement les cartes de manière presque surnaturelle entre deux tours, en faisant presque de la « voltige » qui s’apparentait aussi à un genre de jonglage avec les morceaux de carton, qu’il se contente d’un tour de magicien « tout bête » consistant à faire choisir une carte à sa partenaire avant de la faire sortir d’une de ses mèches de cheveux ou juste en modelant, devant elle et en quelques secondes, un impressionnant château de cartes … le loup puisa dans les ressources de son imagination fertile pour toujours lui servir de nouveaux tours, et force était de constater qu’il s’amusait peut-être presque autant que la jeune femme. Un ou deux curieux, se demandant peut-être à qui pouvaient appartenir les rires, se rendirent visibles dans l’entrebâillement de la porte : ce qu’ils surprirent ne ressemblait pas à grand-chose d’autre que deux adultes jouant aux enfants. La série de numéros en tout genre se poursuivit durant un certain nombre d’heures, jusqu’à peut-être un peu tard pour la jeune femme … Lorsqu’il nota, entre deux blagues, qu’elle commençait un peu à piquer du nez, il rangea son paquet à la fin de son tour, et se releva pour faire le tour du lit. Se posant à côté d’elle dans les draps, il prit quelques secondes pour soupirer … Avant de doucement lui saisir le menton, et de déposer un doux baiser sur son front. Lui touchant ensuite le bout du nez de l’index en lâchant un petit « Boop ~ », il l’incita gentiment à se coucher dans les draps, lui tirant les couvertures sur le corps pour la recouvrir.

Eh … N’empêche, quand on y pense … Si j’avais sût, je serais descendu plus tôt, c’est dommage … qui sait. Si tu avais été sobre, peut-être que le bisou aurait été un peu plus bas. Bonne nuit Nanako … Et à demain.



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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Mar 20 Déc 2016 - 22:41

Lorsque Nana retrouva finalement son coéquipier, elle était trop ivre pour voir son état... Elle ne se doutait pas qu’il était resté plusieurs heures à veiller devant la porte de la chambre du Comte de la Fère. Sans compter que le couloir était pour ainsi dire, un endroit peu distrayant pour patienter. Mais fort heureusement pour Nathaniel, la sirène avait fait irruption et semblait bien décidée à rester avec lui. Le mage comprit bien vite qu’elle avait bu, mais bizarrement ne lui fit aucune remarque. Au contraire, il entra dans son jeu et semblait même être content de sa présence.

La jeune femme sentit les bras de Nathaniel se croiser doucement dans son dos tandis qu’un sourire étirait ses lèvres. Elle lâcha un petit gémissement en s’accrochant à son cou, signe qu’elle appréciait son étreinte. Ses doigts n’avaient toujours pas cessés de se faufiler dans les cheveux de Nathaniel quand il lui expliqua que justement, lui aussi il l’attendait.

Nana recula à contrecœur du mage solitaire quand il posa un doigt sur son nez, mais retrouva bien vite le sourire lorsqu’il lui prit la main pour la ramener à sa chambre. Ils entrèrent tous les deux et Nana partit s’installer sur son lit. Nath préféra prendre une chaise et s’installer en face d’elle. Pour finir, il déplaça la petite table pour la mettre entre lui et le lit. Nana ne parvint pas à suivre tout ce qu’il lui dit, mais elle comprit néanmoins qu’il voulait lui faire quelques tours de magie, chose qu’elle adorait.  Surtout si elle avait le droit à un show privé !

Durant plusieurs heures, Nathaniel lui offrit un spectacle pour le moins époustouflant. Il faisait attention à toujours lui montrer de nouveaux tours, et n’hésitait pas à la faire participer pour rendre les jeux plus vivants. Les mages prenaient tous les deux du plaisir au cours de cette soirée, mais la demoiselle aux cheveux bleus commençait hélas à s’endormir et Nathaniel dû ranger ses cartes. Il vint s’assoir à côté d’elle dans les draps et profita de ces quelques secondes pour se détendre. Et puis, contre toute attente, il vint saisir le menton de Nana et déposa un doux baiser sur son front. Cette dernière luttait contre Morphée, mais le fait que Nathaniel l’incite à se coucher ne la fit pas résister bien longtemps. Elle soupira d’aise quand il la recouvra avec la couverture et leva ses yeux mauves vers lui à ses dernières paroles... Elle marmonna un « je suis sobre » en tendant les lèvres vers son partenaire, juste avant de tomber de fatigue.


*
**

Le lendemain matin, le réveil sonna de bonne heure et Nana eut du mal à sortir de la couette. Elle constata qu’elle s’était endormie toute habillée et se redressa lentement sur le matelas tout en se massant les tempes en grommelant. Elle n’aurait vraiment pas dû boire la veille ! Elle se rappelait vaguement de sa soirée passée avec Nathaniel, mais leur rapprochement restait encore assez flou… en tout cas, elle avait passé une bonne soirée, c’était certain. Par contre, elle se sentait vraiment bête de s’être laissée aller ainsi alors que la mission n’était pas terminée. C’était un réel manque de professionnalisme et donc difficile à admettre…

La jeune femme décida de prendre une douche et de rejoindre le groupe. Ils se retrouvèrent dans la salle commune pour un petit déjeuner express avant de reprendre la route. La plupart était encore dans un état vaseux et les ballottements de la diligence sur les pavés n’arrangeaient rien... Nanako s’efforçait de regarder par la fenêtre pour éviter les hauts le cœur tandis que Nathaniel se moquait gentiment d’elle.


- Dans très peu de temps nous serons à Crocus mes amis ! Courage, c’est la dernière ligne droite ! dit le Comte en souriant.

- Ah… je vais enfin pouvoir faire examiner ma jambe à une infirmière ! répondit Nana, soulagée. La fin du calvaire est proche ! reprit-elle en adressant un clin d’œil à Nathaniel.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Jeu 5 Jan 2017 - 1:55

A d’autres, moui …

Le bouffon avait susurré cette phrase entre ses lèvres, sur un ton si bas qu’il ne réveilla pas le moins du monde la jeune sirène … Encore que. Aurait-il parlé un peu plus fort qu’il n’était pas certain qu’elle se serait réveillée par sa faute : elle semblait si exténuée que, ivre ou pas, elle aurait eu peu de chances de faire changer d’avis au bouffon avant qu’il ne s’en aille … Se relevant, il rangea quelque peu la pièce en veillant à ne pas faire de bruit, avant de refermer doucement la porte de la jeune femme, la laissant ainsi au pays des songes. Suite à cela, lui-même bailla légèrement … Descendant à la grande salle de l’auberge, il trouva le tavernier, en train de ranger un peu la salle avant de fermer pour la nuit. S’entretenant quelques instants avec l’homme, il réussit à obtenir qu’il lui fasse chauffer un peu d’eau, dans laquelle il fit infuser des herbes séchées... Le bouffon put ainsi boire tranquillement l’infusion alors qu’il revenait monter la garde dans le couloir. Il obtint également une tranche de pain et un peu de viande séchée, qu’il dévora en guise de dîner. Sa surveillance dura environ jusqu’à 3h du matin, heure à laquelle un des deux gardes vint prendre sa relève, ce que le vert accepta avec une certaine joie : libéré de ce fardeau, il put donc rejoindre son propre lit et profiter des quelques heures restant avant l’aube pour se reposer.

Il se leva cependant aux aurores, fit un brin de toilette, et prépara durant quelques temps son équipement : là où beaucoup, dans la salle commune, se contentaient de manger quelques tartines et boire un peu de café pour se réveiller, le loup lui aiguisait paisiblement un certain nombre de ses lames dans sa chambre, presque plus par habitude que réel besoin. Une fois cette activité terminée, il redescendit, entièrement préparé, à la grande salle, et avala en un temps record une quantité assez impressionnante de nourriture, qu’il peina presque à terminer avant le départ : il avait à vrai dire encore une tartine en bouche lorsqu’il monta à bord du carrosse, qu’il termina un peu plus lentement, et sans –heureusement- essuyer de correction de la part de son client. Au bout de quelques minutes de trajet cependant, il ne put s’empêcher de noter l’état légèrement … « défraichi » dans lequel se trouvait sa camarade, qu’il observa avec un sourire. Et même s’il ne disait rien, son expression seule pouvait sembler très légèrement moqueuse, ce que la demoiselle à la chevelure bleue sembla tenter d’ignorer … Grand bien lui en fasse, après tout.

Calvaire ? Moi j’ai trouvé ce voyage plutôt agréable … Si on excepte bien sûr les deux attaques qu’on a subies, le changement d’itinéraire, le goût de la viande de la taverne et  le prix des paquets de cartes à notre étape.
Vous n’êtes pas très positif, Nathaniel … Certes, j’ai effectué nombre de trajets bien plus paisibles, mais nous n’avons pas croisé le pire. En fait de bandits, nous aurions pu croiser un animal particulièrement puissant et bien plus impitoyable, ou même faire face à un mage noir … Bien sûr, la mort d’un de nos gardes est à déplorer, mais si je puis le formuler ainsi, ce sont les risques du métier.
Hmmm … Comme vous dites.

Relevant doucement une jambe, le bouffon posa un pied contre sa fesse, sur la banquette. Appuyant son coude contre son genoux, il posa sa joue contre son poing fermé, et retint un soupire alors qu’il observait par la fenêtre … Au moins, le ciel était clair aujourd’hui, et la température bien plus clémente que les jours précédents.

*     *
*

Il devait être environ 10 heures et demi du matin lorsqu’un évènement notable se produisit. Si on lui avait posé la question, le bouffon aurait répondu que non, il n’avait pas été particulièrement surpris. Pourtant, lorsque le carrosse tout entier sembla basculer vers l’arrière et qu’il chuta / fut projeté sur la banquette du compte, Nath’ poussa tout de même une exclamation marquant sa non-anticipation d’un tel évènement, et il ne se réceptionna clairement pas aussi bien que s’il s’était attendu à tout cela. Mais à vrai dire, le seul fait que le carrosse bascule de la sorte devint, très rapidement, la moindre de ses priorités : le bruit qui était survenu juste avant était bien plus inquiétant, et de lui. Une sorte de grondement sec et brusque, comme si la terre se fendait, le tout couplé à de brefs cris … Puis, plus rien. Le mage resta quelques instants dans la position dans laquelle sa chute l’avait laissé, avant de très légèrement se redresser, parlant à voix basse et faisant signe aux deux autres occupants de faire de même.

Est-ce que vous allez bien ?
COMTE DE LA FERE ! Sors de ta cachette, et immédiatement !
Ne faites pas ça.
Mais il a dit …
Attendez. Je passe en premier. Nanako, reste proche du comte et sois prête à agir le plus rapidement possible pour le protéger, si tu peux.
Un instant.

Soupirant un peu, le dément regarda autour de lui, et se rapprocha de la porte. Il ne pouvait rien voir de particulièrement intéressant à l’extérieur, à part le flanc de la montagne qu’ils étaient en train de longer … Où étaient les gardes ? Le cocher ? Maintenant qu’il écoutait plus ou moins clairement ce qui se trouvait à l’extérieur, il arrivait à entendre le piaffement des chevaux … Les animaux semblaient nerveux. Au moins, eux étaient toujours en vie. Finissant par se décider à bouger avant que la personne à l’extérieur ne s’énerve définitivement, le loup ouvrit la porte du carrosse, et sauta à terre.

Ce qu’il avait cru percevoir de l’extérieur se révélait des plus juste : le véhicule avait bel et bien été soulevé, et de manière inégale, par … Des protubérances rocheuses qui sortaient du sol … étrange. Ou pas. Le lien entre la voiture et les deux animaux qui la tiraient avait été rompu par un pic rocheux également, et … Ah. Les deux gardes étaient morts, de même que le cocher : chacun avait reçu, dans la tempe, un pic de pierre qui semblait s’être enfoncé profondément dans le crâne : si les deux gardes avaient chu de leurs montures, le cocher était quant à lui resté assit à sa place, et s’était ramassé sur lui-même. Les deux chevaux, probablement entraînés aux bruits de combats et autres, n’avaient pas particulièrement réagi en sentant leurs cavaliers chuter : seuls ceux du carrosse avaient étés rendus nerveux par ce qui s’était produit derrière eux … ce qui pouvait se comprendre. Quant au – probable – responsable de tout ceci, il se tenait tranquillement assit, sur le flanc de la montagne, les bras croisés. Il était jeune, portait de longs cheveux noirs, une écharpe qui voilait la moitié de son visage, et une tenue légère, mais un brin usée … Soit il voyageait beaucoup, soit il se battait régulièrement : aucune des deux options n’était réellement satisfaisante aux yeux du bouffons. Finalement, le mage se releva en plissant les yeux, observant le bouffon qui venait de se montrer … il ne semblait pas satisfait.

J’ai demandé le comte de la fère, et il n’a pas ta tête.
Il est un peu occupé à l’instant, je peux transmettre un message ?
Qui que tu sois, tu ferais mieux de ne pas t’interposer. J’ai déjà tué ces trois personnes : une de plus ou de moins ne me fera ni chaud ni froid …
Que c’est terrifiant, tiens …
On va faire simple. SI A TROIS … le comte de la fère n’est pas devant moi … Je broie le carrosse tout entier.
A-ATTENDEZ !

Le bouffon retint un soupire. Il aurait, s’il en avait eu le temps, pu tenter de bluffer en disant que le convoi ne transportait plus le compte, et que ce dernier était resté à leur étape précédente … il aurait ainsi pu gagner du temps, en apprendre plus sur cet ennemi, quelque chose de ce genre, mais maintenant l’idée était compromise. Faisant quelques pas de côté, le bouffon ne décolla pas ses yeux du mage de terre, alors qu’il entendait le comte assurer qu’il allait sortir, ce qu’il fit quelques instants plus tard. Dans la mesure où le véhicule était surélevé d’un bon demi-mètre par rapport à sa position de départ, le jeune dément tendit les bras vers la porte pour aider Nanako à sortir également, lorsque son tour vint. Cependant, même s’il aida la jeune femme, il garda la tête tournée dans la même direction, vers ce jeune arrogant qui se moqua légèrement de la scène. Voyant qu’il se centrait ensuite sur sa cible, le mage posa doucement sa main sur l’épaule de la jeune femme, lui disant – sans émettre un son – de ne pas intervenir.

Que c’est mignon … Bien. Comte, éloignez-vous de vos deux … quoi qu’ils puissent être pour vous. Oui, par-là par exemple.
Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Si c’est une rançon qu’il vous faut, je suis sûr que -
Non. C’est amusant : si je vous déteste autant, c’est justement à cause de cette tendance que vous avez de croire que l’argent permet de tout régler …
Pardon ? Vous me connaissez ?
De réputation … Et aussi parce que vous êtes à l’origine d’une partie du financement de l’organisation responsable de la mort de mes parents.
Je ne vois pas de quoi vous parlez …
Non ? Pourtant, vous financez bien le conseil de la magie : vous pensez que toutes leurs actions sont juste, honnêtes, et font du bien à tous les concitoyens ?
L-le conseil s’efforce de maintenir la paix sur Fiore, et ce de la manière la plus
Foutaises. Le système tel qu’il est fait actuellement ne permet que d’enrichir une poignée, et se fiche bien des conséquences.
De quelles conséquences voulez-vous parler ?
Des victimes, « dégâts collatéraux », des affrontements entre les mages légaux et les autres … Ou parfois, de la simple manière que les guildes ont d’enfreindre la loi, et de ne recevoir, en guise d’avertissement, que de simples tapes sur le dos de la main. La vérité, c’est que ceux qui décident sont incapable de faire une réforme profonde qui permettrait une gestion des choses plus juste, parce qu’ils en profitent … Et je ne parlerais même pas des mages noirs.
Ha … le problème était donc là. Vous défendez ces mécréants …
Tsss. Je connais l’histoire de votre famille, comte, n’allez pas croire qu’elle vous permette de parler comme vous le faites. Certes, certains mages utilisent leurs pouvoirs pour satisfaire leurs pulsions sadiques, tuer, ou voler, sans être inquiétés … Mais le système en place ne donne pas vraiment le choix à ceux qui ne sont pas dans une guilde officielle puissante, et qui souhaitent simplement agir librement. Et puis, vous savez ce que l’on dit … Lorsqu’il existe des rebelles dans un système, ce ne sont pas eux, le problème … C’est le système en lui-même. Maintenant …

En l’espace de trois secondes à peines, plusieurs évènements distincts s’enchaînèrent. Le premier était le fait que le mage noir, visiblement arrivé au terme de son discours, leva la main en même temps qu’il terminait sa phrase. Presque en même temps, Nathaniel fit de même, à une vitesse bien supérieure : un éclair argenté plus tard, il avait lancé un couteau vers le mage « illégal ». Ce dernier, agissant à la dernière seconde, fit passer le bras devant lui sur le côté : de ses pieds, une colonne de roche s’éleva, interceptant la lame en plein milieu de son vol. Le tueur aux cheveux verts ne laissa pas transparaître le léger ennui qu’il ressentait … Ses capacités semblaient ennuyeuses à combattre. Rien d’insurmontable cependant, et visiblement, sa magie était liée à ses gestes.

Quelque chose à redire ?
Mhhh … c’est relativement impoli de faire la conversation comme si nous n’étions pas là. Et ce que je viens de te jeter était ton premier et dernier avertissement … à partir de maintenant, interdiction de décoller tes yeux de moi.
Bah voyons. Tu penses que tu vas me vaincre en me balançant des couteaux ?
Le bouffon eut un petit rire, avant de répondre simplement : Non, non … Pour te « vaincre », il faudrait qu’on combatte, voyons ~ Or, un combat ne se déroule jamais à sens unique. Pour toi je dirais plutôt un « passage à tabac ».
Très … très fin … Le mage noir plissa les yeux, comme s’il venait de remarquer quelque chose … avant de finalement reprendre. On ne se serait pas vu quelque part ?
Il ne me semble pas non.
… Lors d’un évènement important … comme … un … Une réunion …

Ces simples mots suffirent à faire comprendre au bouffon de quoi parlait son antagoniste : le regroupement qu’avait opéré Silver Fang, peu avant le combat qui s’était opéré contre la brigade fantôme. Lors de ce dernier, l’insupportable comédien avait pris la parole devant toute l’assemblée … L’idée qu’un de ses collègues, qui ait pu le voir à ce moment-là, ait également pris la prime sur la tête du comte n’était pas si improbable que cela. Tout ce qu’il fallait … C’était qu’il ne vende pas la mèche trop tôt … Et l’idée de le mettre hors combat pour qu’il ne tue pas le comte lui-même traversa également l’esprit du bouffon, qui la nota soigneusement.

Ah … Ou alors, tu fais partie de ces types irritants et imbus d’eux-mêmes qui pensent tout savoir, et à qui j’ai fini par passer un savon, dans un bar ou une taverne quelconque …
Pardon ?
Excuses-moi, mais vu la manière que tu avais d’aborder la situation socio-politique du pays, on a presque l’impression que tu as tout appris en lisant un magasine publié par une guilde clandestine quelconque et que tu as tout gobé aussi facilement que si ça avait été un simple bonbon.
Je ne te permet pas de me parler comme ça …
Comme c’est dommage : je me le permet tout seul. Se mettant à avancer, et gravissant légèrement la pente qui le séparait de son vis-à-vis, qui était peut-être à 5 mètres, le bouffon poursuivit avec un rictus. Sans parler du fait que franchement, tu te donnes des grands airs parce qu’avec ta magie, tu as pu tuer par surprise deux gardes et un cocher … Whoaw, quel exploit ! Tu vas faire quoi ensuite, tabasser une petite vieille pour montrer à quel point tu es viril ?

Cette « plaisanterie » vint visiblement à bout des nerfs du mage noir, qui plissa les yeux à l’extrême, avant de claquer ses mains ensemble. Presque aussitôt, un dard de roche, propulsé de manière particulièrement rapide, fonça vers le visage du bouffon … qui le saisit et l’arrêta au vol, à main nue. Bien sûr, si son pouvoir ne lui avait pas permis de détecter la formation de cette pointe avant même qu’elle ne soit projetée, ou s’il n’avait pas eu des réflexes hors du commun, il aurait été parfaitement incapable de cette prouesse … Et pourtant, il fit comme si elle était à la portée du premier venu, lâchant simplement l’objet de pierre avec un sourire.

Touché ~

Presque aussitôt, le mage de terre tourna ses deux mains vers le sol, et fit un geste brusque, comme s’il cherchait à appuyer sur quelque chose pour l’enfoncer… Presque aussitôt, le sol sous les pieds du tueur s’affaissa … Une « dalle », de peut-être 1 mètre sur 2, s’enfonça dans le sol, si profondément que pour un peu, le vert aurait pu chuter … Mais il sembla, au contraire, flotter dans les airs. Prestement cependant, il glissa les mains sous son manteau, et saisit les manches des deux larges poignards qui le maintenaient dans cette position. Dégainant ces derniers, et s’en servant comme d’anneaux de gymnastique, le dément souleva son corps entier, dégageant ses jambes du trou. Juste à temps : face à lui, le mage de terre pivotait de nouveau ses mains, et les claquait : la roche referma brusquement le « trou » qui venait de se former, et il n’y avait pas de doutes sur le fait que si le bouffon s’était laissé tomber, il aurait fini broyé. Prenant au contraire appuie sur ses lames flottant magiquement en l’air, il se propulsa vers l’avant, se jetant sur son adversaire. Ce dernier, reculant un peu, sembla un peu paniquer à se faire ainsi aborder au corps-à-corps, mais réagit rapidement : de la terre, devenant brusquement aussi fluide que de l’eau, se « jeta » sur ses avant-bras, les recouvrant d’une couche protectrice en un instant. Cette information fit sourire le bouffon : il n’aurait pas trop à se retenir.

Nathaniel portait à sa ceinture – et depuis de nombreuses années – une paire de couteaux bien particuliers. Larges au niveau de la lame et légèrement ondulés, ils étaient d’une résistance à toute épreuve, et surtout, disposaient tous les deux d’une garde renforcée spécifiquement pour pouvoir donner des coups de poings particulièrement violents avec sans s’écorcher le moins du monde les mains. Ces deux pièces, quasi-uniques, étaient assez souvent laissées dans leurs fourreaux, leur propriétaire leur préférant d’autres accessoires de combat … Mais pourtant, elles l’accompagnaient pratiquement partout. Et, alors qu’il cognait contre les protections de pierre de son adversaire en faisant jaillir des gerbes d’étincelles, le loup aux cheveux verts se souvenait pourquoi, et pourquoi il les appréciait tant. Le combat en lui-même ne dura pas très très longtemps : comme il s’y était attendu, Nathaniel rencontra bien moins de résistance au corps-à-corps que s’il avait continué à distance, et il poussa cet avantage jusqu’à réussir à envoyer un direct dans le visage du mage, qui chuta en arrière : atterrissant sur le dos, il roula quelque peu, descendant sous le niveau du bouffon, avant de s’aider de sa magie pour s’empêcher de continuer et se relever. Mais alors qu’il avait un genou à terre, un projectile percuta à haute vitesse son crâne … et l’assoma. Le couteau qu’avait lancé l’assassin, plus tôt. Ne se sentant pas d’humeur particulièrement fratricide cependant, il avait fait en sorte que ce soit le manche de l’arme qui percute un endroit du crâne où l’os serait assez épais pour encaisser le choc : même si un peu de sang coulait du front du jeune mage noir, il s’en sortirait.

Et bien … Je crois que je vous dois une fière chandelle, mon cher Nathaniel …
Mhhh …
Bon … Achevez-le, et … Et nous terminons ce voyage … Le plus vite sera le mieux, vraiment … Je ne supporterais pas une attaque de plus.

Soufflant doucement par le nez, le mage noir sous couvert s’approcha de son rival inconscient … et, tendant la main vers lui, récupéra en le faisant léviter magiquement le couteau dont il s’était servi pour l’assommer. Il joua avec quelques instants, l’observant … Avant de le ranger à sa place, ainsi que les deux autres qu’il tenait toujours dans ses mains. Se tournant vers le comte avec un regard particulièrement froid, il croisa les mains dans le dos, passant par-dessus le corps à ses pieds pour s’approcher.

« Vous ne … Supportez pas une attaque de plus », vraiment ? C’est tout ce que vous avez à dire ?
De quoi parlez-vous ? Je veux dire … Oui, non .. C’est …
Si vous êtes vraiment en train de chercher les mots pour dire à quel point la mort de votre cocher, qui sert également de cuistot dans votre palace, et des trois gardes qui sont mors pour vous protéger vous bouleverse, c’est que clairement, vous n’en avez rien à faire de leurs existences.
Bien sûr que si ! Et cet intolérable manque de sécurité sur les terres de Fiore doit être réglé au plus vite … C’est justement pour le combattre que je me rends à Crocus, et
Tt-tt-tt. On arrête les discours prémâchés et appris par cœur deux minutes.

Le bouffon venait de s’arrêter, et se trouvait juste face au comte, désormais. Le toisant en penchant légèrement la tête sur le côté, il eut l’impression de mesurer deux mètres de plus que le petit gros auquel il faisait face … il savait bien que ce n’était pas vrai, mais que ce soit sa pose, son expression, ou la manière qu’il avait de se recroqueviller sur lui-même en étant terrifié … Pitoyable.

Vous allez signer votre contrat uniquement pour qu’il serve de couverture aux petites magouilles de dessous de table que vous faites avec nombre des finances que vous envoyez au conseil : à peu près n’importe qui d’aussi malhonnête que vous en est au courant. Quant aux morts de notre trajet, vous ne les voyez que comme des moyens d’empêcher que vous-mêmes, vous preniez un mauvais coup en étant la cible des attaques que nous avons essuyé. A vrai dire, Nanako serait moitié moins mignonne que ce qu’elle est, je ne suis même pas sûr que vous auriez accepté qu’elle prenne cette quête, et ce n’est pas le fait que je vous ai vu l’attendre dans sa tente l’autre soir qui va me faire mentir …
… Je ne vous permets pas de
Non …. Non, vous ne permettez pas, comme si vous aviez le moindre droit de me dire de la fermer. Sauf que la vérité, comte, c’est que je ne vous appartiens pas, que je ne suis pas un chien que vous pouvez museler comme bon vous semble, et que votre permission, je m’en servirais volontiers pour me nettoyer l’oreille avant de la balancer.
… Et bien vous êtes viré. Voilà.
Oh, vraiment ? Bon. Tant pis, je ne toucherais qu’une prime sur deux.
Pardon ?
Je suis un petit comique, et j’adore l’ironie. Votre tête est mise à prix, chez Silver Fang. Du coup, je me suis dit « oh, tiens : pourquoi je ne fais pas le garde pendant quelques jours, avant d’éliminer ma cible » ? C’aurait été cocasse. Manque de pot : vous me débectez tellement que je suis contraint d’abandonner ma mission, en fin de compte ... Ha. Fin de comte. Vous avez compris ~ ?
… Quoi ? Le mot ressemblait plus à un coassement qu’à une véritable question, et le noble avait déjà commencé à reculer d’un pas.

Mais avant-même qu’il ne puisse prendre la fuite, le bouffon tira – magiquement – la rapière de son client de son fourreau, et lui planta proprement entre les deux yeux, avant de lui retirer avec une certaine vivacité. L’homme resta fixe, quelques instants, titubant … avant de s’écrouler comme une masse. Nath’ l’observa un instant, une expression dégoûtée sur le visage … Puis, il releva ses yeux d’or, et les posa sur la seule personne ayant assisté à la scène.

Nanako.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Ven 6 Jan 2017 - 17:24

Nanako laissa s’échapper un petit rire cristallin de ses lèvres à la réponse de Nathaniel et du Comte. C’est vrai, le voyage aurait pu être bien pire malgré les deux attaques qu’ils avaient subies et la mort d’un des gardes. Et puis, même si la jeune femme ne l’avouerait jamais, ce voyage lui avait également permis de rencontrer le mage solitaire et c’est probablement une rencontre qu’elle n’oubliera pas de si tôt. Qui sait, peut-être pourraient-ils se revoir par la suite… c’est en réfléchissant à cette possibilité que la sirène regarda le paysage tout en souriant.


*
**

Aux alentours de 10 heures, un nouvel évènement vint troubler la fin de leur voyage… en effet, le carrosse se mit soudainement à basculer vers l’arrière avant de chuter. Les passagers furent alors projetés sur la banquette et Nanako ne pu retenir un juron. Que pouvait-il bien se passer cette fois ? Elle qui se réjouissait d’arriver à Crocus, allait sans aucun doute remettre tout cela à plus tard. Un grondement, qui ne présageait rien de bon, fit tout à coup changer l’expression de la demoiselle. Elle était clairement inquiète, et le fait de ne rien voir n’arrangeait rien. Elle entendit des cris et puis un silence de mort, lui procurant cette fois ci un frisson tout le long du corps.

Très vite, leur attaquant s’adressa au Comte, mais Nathaniel lui intima de rester à l’intérieur de la diligence et en profita pour demander à Nana de rester pour le protéger. La sirène hocha la tête et regarda Nathaniel sortir de leur véhicule avec un pincement au cœur. Elle entendit un homme s’adresser au bouffon vert, et s’approcha de la porte pour mieux visualiser la scène. C’est à ce moment qu’elle se rendit compte qu’ils avaient été soulevé du sol par de la roche. Ce type était donc un mage… ce qui n’allait sans doute pas faciliter la chose. Les liens des chevaux étaient coupés, et le reste de leur groupe n’était plus…

Nana avala difficilement sa salive, avant de lever ses yeux mauves vers le mage de terre, qui se tenait tranquillement assit sur le flanc de la montagne. Son attitude était si irrespectueuse que la sirène eut envie de dégainer son sniper et de le descendre sur le champ. Elle n’en fit rien pour autant, et continua d’observer son coéquipier qui entamait une discussion avec l’ennemi.

Nanako n’eut malheureusement pas le temps de faire taire le Comte lorsqu’une menace fut prononcée. Elle lâcha un long soupir en secouant la tête. Ils n’avaient plus le choix désormais, ils devaient sortir du carrosse. La sirène hésita à faire apparaître un cercle magique, puis finit par se raviser : au vu de l’ennemi, si ça tournait mal, elle invoquerait directement le Giant Canon. Mais elle devait puiser énormément dans ses ressources pour invoquer cette arme, aussi il était préférable de retarder la dite invocation.

Nathaniel revint près du carrosse pour les aider à sortir, gardant les yeux rivés sur le mage de terre. Celui-ci ne manqua pas de se moquer d’eux, faisant encore plus bouillonner de rage la demoiselle aux cheveux bleus. Nath posa alors sa main sur son épaule, lui faisant comprendre de ne pas intervenir. Elle plongea son regard dans le sien et comprit qu’il ne plaisantait pas, mais Nana ne supportait pas de rester en retrait pendant qu’il allait combattre. Pourquoi est-ce qu’il voulait absolument y aller seul ? Ils avaient tous les deux été engagés pour cette mission, c’était son devoir de lui venir en aide ! Elle n’aimait pas être un poids pour les autres.

Le mage de terre s’adressa cette fois au Comte de la Fère, lui expliquant grossièrement pourquoi il en avait après lui. Il ne semblait pas d’accord avec les actions du conseil et des conséquences. Nana avait elle aussi sa  propre idée de tout ça, mais elle restait persuadée que le conseil aidait à maintenir la paix sur Fiore, même si toutes leurs actions n’étaient pas  « toutes blanches ». Nanako essayait tant bien que mal de suivre leur discussion et de comprendre qui était cet homme, mais ce qui était certain, c’est qu’il était dangereux.  


Le mage de terre et le bouffon vert levèrent leur main en même temps, lançant chacun une attaque. Nanako eut pour réflexe de pousser le Comte pour lui éviter d’être blessé. Les deux hommes commençaient à s’échauffer et l’annonce du combat se faisait grandissante.


**
*

Le combat en lui-même fut assez court, et Nanako savait que son coéquipier prendrait le dessus au corps à corps car les attaques du mage étaient faites pour le combat à distance, comme ses propres armes.

L’ennemi assommé, Nana pu reprendre son souffle et se détendre. Le Comte de la Fère demanda à Nathaniel d’achevez l’ennemi en expliquant qu’il ne supporterait pas une nouvelle attaque. La sirène toussa légèrement, gênée. Elle comprit que le bouffon était en colère et qu’ils allaient s’entretenir sur tout ceci… elle préféra donc s’éloigner un peu et observer les dégâts qu’avaient faits le mage de terre. Les gardes, le cocher… c’était vraiment triste pour eux, et le Comte semblait totalement indifférent : seul sa survie l’intéressait. Alors certes, ils avaient été engagés pour le protéger lui et lui seul, mais tout de même… il pourrait se montrer plus humain.

Ne pipant mot, la sirène partit rejoindre les chevaux avant qu’ils ne s’éloignent davantage. Elle attrapa les rênes et leur caressa doucement l’encolure pour les rassurer, même s’ils semblaient assez calmes malgré les derniers évènements. Nanako rebroussa chemin tout en tirant les chevaux derrière elle, bien décidée à ne pas s’attarder ici et à reprendre la route. C’est là qu’elle surprit la conversation du Comte et de Nathaniel…


- Je suis un petit comique, et j’adore l’ironie. Votre tête est mise à prix, chez Silver Fang. Du coup, je me suis dit « oh, tiens : pourquoi je ne fais pas le garde pendant quelques jours, avant d’éliminer ma cible » ? C’aurait été cocasse. Manque de pot : vous me débectez tellement que je suis contraint d’abandonner ma mission, en fin de compte ... Ha. Fin de comte. Vous avez compris ~ ?

Avant même que la sirène ne réalise quoi que ce soit, la rapière sortie de son fourreau et se planta entre les deux yeux de son propriétaire. Aucun cri ne franchit les lèvres de la jeune femme, elle regarda le Comte s’écrouler au sol puis l’expression de dégoût du bouffon vert. Ce dernier releva ses yeux d’or vers elle, et elle sentit une violente douleur au niveau de la poitrine accompagné d’un vertige.

C’était un cauchemar, tout ceci n’était donc qu’un vulgaire complot depuis le début ? Elle avait faillit à sa mission en laissant le Comte mourir, mais aujourd’hui elle perdait bien plus…

Les larmes aux yeux et le corps prit de tremblements, notre sirène fit apparaître un cercle magique de couleur rose, et se saisit de sa mitrailleuse : Heartbreaker.


- Alors on en est là… ? Tu m’as menée en bateau depuis le début… Tu es un mage noir de Silver Fang Nath ? J’arrive pas à y croire ! Tous les deux je croyais… Mais merde POURQUOI TU M’AS PAS LAISSE CREVER ?!!

C’était trop à encaisser, Nanako avait le cœur brisé, et se sentait plus ridicule que jamais. Il s’était bien moqué d’elle, lui faisant croire qu’il tenait à elle, jouant les héros à venir la sauver au camp des brigands ! Ce qu’elle pouvait le détester en cet instant… Il fallait qu’elle s’attache au cours de ce voyage, il fallait qu’elle souffre à l’arrivée…

- Silver Fang p*tain… ça ne pouvait pas être pire. Dit-elle en riant.Je vous hais, tous autant que vous êtes ! C’est quoi maintenant le plan Nath ? reprit-elle avec un peu plus de sérieux. On va se battre corps et âmes ?

Resserrant son étreinte sur son arme, Nanako fronça les sourcils, ne lâchant pas une seule seconde le regard de son « coéquipier ». Heartbreaker était sa seule arme qui pouvait offrir une puissance de feu maximale et une capacité de tir en rafales. Le seul hic étant son poids… il était difficile voire impossible de bouger avec.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Dim 8 Jan 2017 - 0:26

Le bouffon dû se faire violence pour ne pas laisser ses réflexes agir à sa place. Car oui, au point où il en était, les réactions qu’il adoptait lorsqu’il voyait tout potentiel signe d’agression tenaient presque purement du réflexe … Mais pourtant, lorsqu’il vit la jeune femme créer un cercle d’invocation à côté d’elle, il ne moufta pas, et lorsqu’elle en sortit une arme lourde … Et bien, il ne bougea pas particulièrement non plus, se contentant de poser ses mains sur ses hanches. L’observant d’un air particulièrement neutre pour quelqu’un qui venait de commettre un homicide de sang-froid, le bouffon garda le silence pendant un instant à sa question … Avant de soupirer de lassitude, et de se masser légèrement la nuque, d’une main. Ne décrochant pas ses yeux de ceux de sa vis-à-vis, il pencha un peu la tête sur le côté … Puis hocha la tête, la secouant un peu sur les côtés.

Tu en as envie, toi ? Parce que très franchement, moi non. Et « pourquoi je ne t’ai pas laissé crever » …

Tournant un peu la tête, le dément observa le corps du comte, à terre … Et se baissa un peu. Passant la main au-dessus de sa ceinture, il la défit sans même la toucher, avant de retirer la boucle de certaines des encoches du pantalon dans lesquelles elle était passée. Ceci fait, il prit le fourreau, et le souleva doucement, le détachant de son support initial pour le tenir en l’air … Et rengainer la rapière à l’intérieur. Puis, tournant de nouveau son visage vers la jeune femme, il eut une ébauche de petit rire sec, aux intonations peinées.

Parce que je tiens à toi ? Je … J’aurais cru que tu t’en étais rendu compte. Se tournant de nouveau totalement vers elle, il leva les bras en les écartant. A cette distance et avec ce style d’arme, il n’avait aucun doute sur le fait qu’il constituait une cible parfaite. « mage noir » ne rime pas avec « créature maléfique dépourvue de sentiments », tu sais … Regardes. D’un doigt, il désigna son collègue, toujours étendu à terre, quelques mètres plus loin. Même lui, quand bien même il a tué de sang-froid les deux gardes et le cocher, il restait avant tout motivé par ses émotions … Bien sûr, la vengeance n’est pas une bonne conseillère, et encore moins une maîtresse dont il faut s’éprendre … Elle laisse hommes et femmes dénués des désirs qui ne la concernent pas, et lorsqu’elle est assouvie … Elle ne laisse derrière elle qu’un immense vide, qui demande à être comblé de plus de sang encore. Je te parie que s’il tenait face à lui les responsables de la mort de ses proches, et qu’il les exécutait … Non seulement il ne s’en sentirait pas mieux, mais en plus, il demanderait d’autres responsables, même beaucoup moins directement impliqués, à qui il ferait aussi payer sa souffrance … Et encore, et encore … Sans jamais calmer sa colère. D’où sa rancœur envers le comte, alors qu’il ne le connaissait pas avant aujourd’hui.

Laissant ses bras retomber avec un « clap » retentissant, le bouffon eut un nouveau soupire de lassitude … Se tournant, il observa un instant les environs. Voyant le cheval du garde qui se tenait à l’arrière du convoi en train de s’éloigner, il s’approcha de ce dernier, lui flattant doucement l’encolure et l’arrêtant. Il se contenta ensuite de prendre les rênes de l’animal, et le tirer doucement derrière lui. Revenant là où il se trouvait un peu plus tôt, il fit un petit sourire en coin … Puis, releva les mains, mettant ses avant-bras à la verticale cette fois. Naturellement, les manches de sa veste glissèrent vers le bas, révélant ses mains … et ses poignets, tous deux cerclés d’une cicatrice disgracieuse.

Je ne vais pas prétendre que je vaux beaucoup mieux : moi aussi, j’ai un peu connu les … Revers du système tel qu’il existe actuellement. Baissant les mains, il croisa les bras sur son torse. Pour faire simple, moi et mon père, on a étés accusés à tort pour une série de meurtres … J’en ai réchappé, de juste. Pas lui. Depuis, j’ai survécu grâce à un ami à lui … Qui m’a formé pour que je devienne ce que je suis. Ça n’excuse rien. Ça n’excuse pas ça. Il eut un mouvement de tête vers le compte, sans lui adresser un regard cependant. ça ne légitimera jamais aucun de mes actes, j’en suis parfaitement conscient … Mais je ne supporte juste plus les choses telles qu’elles sont, et moi aussi, je pense qu’il faut que cela bouge.

Ceci étant, mes convictions politiques ne signifient pas que je désire mettre à mort tous ceux qui ne les partagent pas. Au contraire … J’aurais … Sincèrement aimé qu’ils s’en sortent. Et je ne t’ai jamais voulu de mal, à toi non plus … Loin de là. Tu l’as bien vu lorsque je suis venu te chercher, l’autre soir. Si cette dernière attaque n’avait pas eu lieu … Je me serais contenté d’arriver à Crocus, de me faire payer … Puis de saisir une opportunité ultérieure de tuer le comte discrètement. Tu aurais reçu ta prime, les gardes aussi … Et nous ne serions pas en train d’avoir cette discussion. Mais j’ai du mal à encaisser l’idée que je dois « protéger » quelqu’un qui accorde aussi peu de crédit à la vie de ceux qui le protègent … Et encore plus lorsque je sais que je dois éliminer la personne en question.


Du carrosse, dont les portes étaient encore ouvertes, sortit soudainement le sac du dément, qui se rendit comme de son propre chef jusqu’à la main tendue de son propriétaire. Ce dernier, attrapant la lanière de cuir et la passant sur son épaule, fouilla pendant quelques instants dans l’un des rabats … Puis en sortit un petit objet rectangulaire, tenant dans la paume de la main. Le paquet de cartes, encore dans son emballage. Sans brusquerie, il l’ouvrit, le tapotant doucement pour vider les cartes dans sa paume … Avant de les jeter vers Nanako. Mais son « jet » n’était clairement pas naturel : avançant presque au ralenti, les cartes, qui n’étaient pourtant contraintes par rien en apparence, ne se désolidarisaient pas le moins du monde. Au contraire, c’est un paquet parfaitement entier qui s’approcha de la jeune fille, bien assez lentement pour qu’elle puisse le saisir … Et si elle ne le faisait pas, le bouffon l’arrêterait simplement face à elle, en l’air.

Tu permets juste un dernier petit tour ? Je te promet : celui-là est rapide.

S’approchant à pas lents, en laissant ses mains bien en vue, le bouffon s’arrêta à quelques pas à peine du paquet, sans vraiment s’écarter du canon rotatif. Inspirant longuement, il posa doucement ses doigts sur le dessus du paquet … Puis, sur les côtés, s’en saisissant. Regardant toujours les cartes, il en souleva doucement une moitié, avant de glisser un doigt de l’autre main sur celle qui restait en-dessous.

Tu sais … Je … Ne suis pas honnête très souvent. C’est logique … Je n’ai pas envie que tous et toutes sachent qui je suis vraiment. Mais là … tu me vois à peu près sans artifice, sans masque … Et sans mensonge. Je t’ai dit ce qui me motivait, pourquoi j’ai fait ce que j’ai fait … Tu sais ce que je suis. Un mage noir, appartenant à Silver Fang … J’aimerais juste … He. Dévoiler ma dernière carte.

Tirant doucement la carte sur laquelle il avait le doigt posé, le bouffon la retira du paquet, avant de laisser la première moitié retomber sur la seconde. N’observant même pas le rectangle de carton, il le releva doucement, le dévoilant à la jeune sirène … Un as de cœur. Penchant la tête sur le côté, il lui montra quelques instants la carte, avant de la reposer sur le paquet.

Ce que je pense de toi. Tu peux garder le paquet, si ça te fais envie … Bien. Je suppose que j’ai à peu près tout dit … Maintenant … Si toi aussi, ton avis s’arrête à me détester, à l’égal de tous mes collègues … Ma foi. Un mage noir mort, un autre dans les vapes, ça te fera un beau palmarès, même pour une mission échouée … Avec le cheval, tu devrais pouvoir atteindre Crocus sans problème, même avec une telle cargaison. Alors … Vas-y. Tires. Sinon … Tu n’as qu’à tirer une carte, toi aussi.

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MessageSujet: Re: Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake] Dim 8 Jan 2017 - 19:55

Lorsque Nanako créa un cercle d'invocation, le jeune homme ne bougea pas pour autant, se contentant de poser ses mains sur ses hanches. Il la regardait d'un air neutre avant de soupirer et de se masser la nuque. Il semblait embêté par cette situation, mais pas plus alarmé que ça...

Lorsqu'il lui demanda si elle avait envie de se battre, la sirène ne répondit pas. Bien sur que non, elle n'en avait pas envie... mais quel choix avaient-ils désormais ? Ils ne pouvaient plus se comporter comme de bons amis maintenant que son appartenance à Silver Fang était confirmée. La réponse de Nathaniel en fut que plus inattendue, car même s'ils s'étaient bien entendus pendant le voyage, il restait un mage noir. Sans oublier le fait qu'il venait de tuer le Comte de sang-froid. Mais comme lui dit le bouffon vert, être mage noir ne faisait pas forcément de lui une personne dépourvue de sentiments... Elle avait pourtant quelques doutes à ce sujet. Nathaniel prit alors pour exemple son "collègue" qui était toujours étendu à terre. Son jugement était juste mais il était sans doute encore trop tôt pour que Nana accepte tout ceci.

La sirène ne le quitta pas des yeux lorsqu'il partit chercher le cheval un peu plus loin. Les deux mains serrer sur sa mitrailleuse, elle se sentait plus faible que jamais. Elle détailla ses cicatrices et ce qu'il avait à dire, le regard dur. Elle comprit qu'il n'avait pas eut une vie facile jusqu'à présent, mais hélas c'était plutôt courant chez les mages...


- Tu dis que tes actes sont inexcusables, que tu veux voir les choses bouger... mais je ne suis pas convaincue que faire partit d'une guilde comme Silver Fang soit la solution. Tu as choisi la facilité voilà tout. Tes actes ne seront pas jugés là-bas, et tant que tu resteras fort, tu te sais inarrêtable. Tu m'as sauvé la mise la dernière fois, et je t'en suis reconnaissante, mais j'ai eu tord d'achever un homme ce jour-là... faire partie d'une guilde légale me canalise beaucoup... et nous devons assumer constamment nos actes.

Nanako avait du mal à croire Nathaniel : ce serait-il vraiment contenté d'escorter le Comte de la Fère si le carrosse n'avait pas été attaqué une fois de plus ? Il répondit lui même à cette interrogation... et malheureusement ce n'était pas la réponse qu'elle attendait. Le tuer discrètement sans qu'elle ne le sache n'aurait pas forcément été mieux... Et puis, Nana se fichait royalement de la prime.

Nathaniel fit sortir son sac du carrosse et l'amena jusqu'à lui. La demoiselle aux cheveux bleus restait sur ses gardes, prête à se servir de son arme au moindre mouvements suspects. Il fouilla à l'intérieur du sac pendant quelques secondes et finit par en sortir son jeu de cartes. Il jeta le tout vers Nanako, mais le jet étant ralenti, elle ne prit pas peur et attendit calmement de voir ce qu'il voulait faire. Elle attrapa le paquet de carte lorsqu'il fut à porter de main et haussa un sourcil, ne comprenant pas bien ce qu'il voulait qu'elle en fasse. Un petit tour de cartes rapide... hm, si ça pouvait lui faire plaisir ! La sirène laissa le mage noir s'approcher doucement et le regarda faire en silence. Il avoua être quelqu'un de plutôt malhonnête, chose évidente après tout ce qu'ils avaient vécu... il voulait néanmoins lui dévoiler sa dernière carte... il tira alors une carte et la montra à Nana : un as de cœur.

"Ce que je pense de toi"... Son explication n'était pas dès plus claire, surtout pour Nanako qui était à cette heure-ci, complètement déboussolée. Mais elle comprit plus ou moins le message qu'il voulait faire passer...


- Tu peux garder le paquet, si ça te fais envie … Bien. Je suppose que j’ai à peu près tout dit … Maintenant … Si toi aussi, ton avis s’arrête à me détester, à l’égal de tous mes collègues … Ma foi. Un mage noir mort, un autre dans les vapes, ça te fera un beau palmarès, même pour une mission échouée … Avec le cheval, tu devrais pouvoir atteindre Crocus sans problème, même avec une telle cargaison. Alors … Vas-y. Tires. Sinon … Tu n’as qu’à tirer une carte, toi aussi.

Nanako baissa les yeux, et sans rien dire, fit disparaître sa mitrailleuse. Peut-être avait-elle tord de rester désarmé face à un mage noir, mais elle aimait croire que ce n'était pas n'importe qui et qu'il ne lui voulait pas de mal. Plongeant son regard mauve dans celui de Nathaniel, la sirène serra son poing, enfonçant petit à petit ses ongles dans sa chair.

- Ne te fais pas passer pour le vilain petit canard, ça ne marchera pas avec moi. Je me contre-fou de rentrer au château avec un beau palmarès, j'ai échoué un point c'est tout. Je n'aime pas mettre tout le monde dans le même sac, mais à mes yeux, les mages noirs sont de la vermine. Vous répandez la terreur et la mort partout où vous allez, et on devrait vous considérez comme des êtres sensibles ? Je me souviens du massacre lors des Grands Jeux Magiques... j'étais dans les gradins ce jour-là. Silver Fang a semé le chaos dans la ville et de nombreux morts ont été a déplorer, notamment mon amie. Une sirène douce et gentille avec tout ceux qu'elle rencontrait, je n'ai pas pu la sauver de vos griffes. J'ai éliminé le mage noir qui lui a porté le coup fatal, et c'est sans doute le seul acte que je ne regretterai jamais. Alors dit-moi Nath, qu'as-tu de différent de lui ? Qui sait, peut-être faisais-tu partit des attaquants... peut-être que tu m'aurais ôté la vie à moi aussi. Je n'aurai été qu'une gamine de plus sur ton chemin. dit-elle en soupirant.

Nana s'approcha du bouffon vert et ne s'arrêta qu'à quelques centimètres de lui. Leur différence de taille la força à lever les yeux, et elle se sentie insignifiante tout à coup. Il était plus âgé, plus grand, plus fort... et avait probablement vu plus de batailles qu'elle. Mais durant ce voyage elle avait vraiment sentit qu'ils se passaient quelque chose entre eux. Un lien s'était créé de manière inattendue...


- Tu sais, j'ai lutté chaque jour pour réapprendre à vivre depuis ce sombre évènement. Je veux devenir forte et protéger chaque sirène qui compose ma nouvelle famille. Mais je ne peux nier le fait que je n'ai pas beaucoup d'amis. J'ai peur de tisser des liens et de les voir s'effondrer un jour ou l'autre. Je préfère prendre la vie comme une bonne blague et ne gratter que la surface... mais je dois l'admettre, te rencontrer à changer certaines choses, et je te déteste aussi pour cela. Je me suis attachée, et aujourd'hui je ne peux pas franchir le fossé qui nous sépare... On va repartir chacun de notre côté, tu finira par reprendre ta vie de mage noir et puis tu m'oubliera. Moi pas. Est-ce vraiment utile que je tire une carte ? Arrêtons de jouer Nath...

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Escorte/Assassinat du Comte de la Fère [Quête : PV Nathaniel Mandrake]

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